Any app, on any device, from any cloud: telle est la promesse tenue par VMware depuis quelques années déjà. Si la formule peut paraître simple, sa réalisation n'en est pas moins toujours plus compliquée. La complexité ne fait en effet que s'amplifier. VMware cherche depuis peu la solution dans Tanzu: un nouvelle famille de produits et de services destinée à transformer complètement la manière dont les entreprises créent, font tourner et gèrent leurs applications. Kubernetes en est le fil rouge.

Norme industrielle de fait

Lors de la conférence VMworld, le CEO de VMware, Pat Gelsinger, a annoncé de très nombreuses nouvelles initiatives destinées notamment à accélérer le développement de Tanzu. Avec Kubernetes donc, cette technologie basée sur les containers, à savoir "la couche magique entre les développeurs et les activités IT", comme la décrit Gelsinger. "Nous misons fortement sur Kubernetes, parce qu'elle est devenue, selon nous, la norme industrielle de fait. Depuis Java et les 'virtual machines', nous n'avons jamais vu un tel changement critique", a ajouté un Gelsinger pas du tout avare de superlatifs.

Joe Beda, principal engineer VMware et l'un des pères fondateurs de Kubernetes, ne tourne pas autour du pot: "Avec VMware, nous voulons offrir à nos clients tous les avantages de Kubernetes, sans qu'ils doivent être pour autant des connaisseurs en la matière." "Proposer Kubernetes de manière industrialisée, c'est ce que nous faisons. Mais en l'ouvrant sur le monde. Tout en respectant l'open source: nous sommes donc un puissant contributor à Kubernetes", déclare à son tour Bart Coole, Country Manager de VMware BeLux. "Pour les clients, ce sont les applications qui priment. C'est pourquoi nous nous occupons à présent de tout jusqu'au niveau de l'application. Nous continuons aussi de virtualiser plus en profondeur, car c'est encore et toujours là notre coeur de métier, mais nous observons néanmoins que le mode de conception moderne - sur base de containers et de Kubernetes - se manifeste également dans notre pays", poursuit Coole.

Stratégie d'acquisitions

Les mises à jour dans Tanzu comprennent entre autres un programme bêta tant pour Project Pacific (dans le but de regrouper vSphere et Kubernetes) que pour Tanzu Mission Control (la gestion de Kubernetes). De plus, le CEO souligne aussi clairement combien les acquisitions des dernières années se sont inscrites dans cette stratégie. "Il y a quatre ans, on nous avait reproché le fait que VMware ne savait pas ce qu'elle faisait. Il est évident aujourd'hui que ces rachats renforcent bien notre stratégie", affirme encore Bart Coole.

Containers et nuage

Ces rachats ont pour cadre les containers de Kubernetes, mais aussi la vision multi-nuage de VMware. Pivotal par exemple semble être à présent devenu un chaînon assez essentiel. C'est ainsi que la technologie de l'entreprise rachetée CloudHealth Technologies est utilisée également pour le 'multi-cloud'. Quant à Uhana, aussi reprise, elle fournit du software pour le réseau d'accès radio de la 5G. "Le moment est venu de porter le réseau d'accès radio dans le nuage", avons-nous entendu dire durant le discours thématique. Telstra est déjà un premier partenaire. Autre rachat du genre: celui de Carbon Black récemment finalisé. Pour ce qui est de cette technologie, VMware a déjà exhibé une sorte de feuille de route. La sécurité des charges de travail doit ainsi par exemple se faire 'agentless'. "Ce qu'aucun fournisseur n'est capable de faire", précise Sanjay Poonen, Chief Operating Officer.

Acteur de la sécurité

"Pour les années à venir, on peut s'attende à encore pas mal d'innovations de notre part au niveau sécurité", ajoute Poonen, qui tente clairement de démontrer que VMware est un acteur de la sécurité avec qui il faut compter: "Mais nous, nous sommes bien décidés à adopter une approche différente et à faire grand cas de la sécurité embarquée intrinsèque. Nous ne voulons pas de solutions ponctuelles, comme il en existe tant."

"Combien y a-t-il encore de fournisseurs de produits de stockage, 5 ou 6? Combien de fournisseurs d'infrastructures? Et combien de fournisseurs de réseaux? Mais en sécurité, il existe des milliers de fournisseurs. Cela en dit long sur la complexité que nous voulons combattre", conclut Bart Coole.