Il s'agit de la proposition H.R 4747, qui se qualifie elle-même de 'Defending US Government Communications Act'. Elle stipule que l'armée chinoise entretient des liens étroits avec quelques entreprises technologiques locales qui fournissent entre-temps des produits et des services dans le monde entier.

Concrètement, la loi, qui doit encore être votée, prévoit que les services publics américains ne peuvent acheter du matériel télécom ou des services d'Huawei Technologies Company, ZTE Corporation ou de leurs filiales.

On ne sait pas si et quand la loi sera soumise au vote, mais il s'agit en tout cas là d'un nouvel élément à apporter au dossier du boycott que les Etats-Unis tentent d'imposer depuis quelques années déjà. En réalité, le pays craint que le matériel et les services de ces entreprises ne soient utilisés à des fins d'espionnage par la Chine.

Cette crainte n'est pas nouvelle. C'est ainsi qu'en 2012 déjà est sorti un rapport du comité House Intelligence abordant des questions relatives à de possibles actes d'espionnage. Dans un premier temps, les Etats-Unis voulaient décourager les entreprises américaines d'acquérir des produits de deux fabricants chinois. Un détail pas du tout anodin dans le débat, c'est que la croissance des fabricants télécoms chinois l'a été nettement aux dépens de l'américaine Cisco.

Assez ironiquement, cela s'est passé quelques mois, avant qu'on apprenne que le service de sécurité américain NSA collectait lui-même massivement des informations via Microsoft, Yahoo, Google, Facebook, Skype, Apple et YouTube notamment avec le programme Prism.

Suite aux documents diffusés par l'ex-collaborateur de la NSA, Edward Snowden, il apparut en effet clairement à l'époque que plusieurs services américains, avec ou sans la collaboration de firmes technologiques des Etats-Unis, étaient prêts à tout pour procéder à des actions d'espionnage au moyen de la technologie d'entreprises américaines.