La nouvelle loi, qui entrera en vigueur le 1er janvier prochain, établira une distinction entre la cryptographie 'collective', 'core' et 'commerciale'. Les deux premières sous-entendent le cryptage des communications gouvernementales et des secrets d'Etat. "La loi stipule que les informations gouvernementales confidentielles, qui sont transférées sans fil ou via le câble, et que les systèmes qui stockent ce genre de renseignements confidentiels, doivent être cryptés", indique l'agence de presse d'Etat Xinhua.

Si les citoyens et organisations chinois cryptent par contre leurs messages, cela s'appelle alors de la 'cryptographie commerciale'. "Suivant les dispositions, le gouvernement encourage la recherche, les échanges académiques et l'application de la cryptographie commerciale, mais la recherche scientifique, la production, la vente, les services, ainsi que leur importation et exportation ne peuvent nuire à la sécurité d'Etat et aux intérêts publics", selon Xinhua.

Quiconque propose de la cryptographie commerciale, qui n'est pas agréée par le gouvernement chinois, sera "averti, mis à l'amende, ou ses gains illégaux seront confisqués", ajoute Xinhua. Quiconque recourt à la cryptographie pour "exercer des activités illégales, nuisibles pour la sécurité d'Etat ou les intérêts publics", pourra être rendu responsable sur base de la loi.

Contrôle

Il est possible qu'avec cette nouvelle loi, les autorités chinoises veuillent exercer un contrôle encore plus strict sur deux applications cryptographiques qu'elles avaient déjà sérieusement muselées, à savoir la communication cryptée via les applis de messagerie, et les crypto-monnaies.

Durant les protestations qui eurent lieu à Hong Kong, les manifestants utilisèrent Signal, Telegram et WhatsApp, des applis qui protègent la confidentialité au moyen d'un cryptage bout-à-bout. Sans connexion VPN, ces applis ne sont pas disponibles en Chine. Quasiment tout le monde y utilise donc WeChat, une plate-forme tout-en-un du géant technologique chinois Tencent.

Cette plate-forme entend à terme aussi utiliser sa propre monnaie numérique, comparable au libra que Facebook veut introduire. Le négoce des crypto-monnaies est interdit en Chine depuis 2017, mais une monnaie numérique dans WeChat - sur laquelle le gouvernement chinois peut exercer un contrôle - pourrait très bien se concevoir. Il y a cinq ans, la banque centrale de Chine avait déjà créé une équipe de recherche en vue d'examiner si le lancement d'une monnaie numérique propre pourrait réduire la circulation de l'argent papier et accroître le contrôle sur le circuit financier. La semaine dernière, le président chinois Xi Jinping s'était dans un discours montré particulièrement positif à l'égard de la technologie de la chaîne de blocs, qu'il considère comme "une importante percée pour l'innovation technologique".