Cette affaire concerne Celeste Burgess (17 ans) et sa mère Jessica Burgess. Avec l'aide de cette dernière, l'adolescente aurait pratiqué un avortement sur elle-même en dehors du délai légal de 20 semaines.

Aux Etats-Unis, le droit à l'avortement a été aboli par la Haute Cour de Justice il y a quelques semaines. Il en résulte que différents états ont (ré)introduit très rapidement des lois très strictes en matière d'avortement. Mais il y a aussi de nombreux débats relatifs aux lois interdisant aux femmes de se faire avorter dans un autre état, et à la collecte de données pouvant révéler de tels actes.

Dans le cas qui nous occupe, la police a été informée que la mineure d'âge avait peut-être fait une fausse couche et a examiné l'affaire. Voilà pourquoi elle a fait parvenir à Facebook un mandat de perquisition de son compte, ce qui lui a permis de visionner les messages de chat échangés entre la mère et sa fille. Toutes deux sont actuellement accusées 'd'avoir enlevé, dissimulé ou abandonné un cadavre, et d'avoir caché le décès de quelqu'un', en référence au foetus à naître.

Facebook ignorait la raison

Cette affaire fait grand bruit pour plusieurs raisons. C'est ainsi que la mineure d'âge y est considérée comme une adulte, mais de nombreuses questions se posent également sur les circonstances dans lesquelles Facebook partage avec d'autres des conversations privées.

La société-mère de Facebook, Meta, s'est entre-temps déjà défendue. Le magazine Forbes nuance le fait que dans le mandat de police, rien n'indiquait qu'il s'agissait d'une enquête sur un avortement illégal. Meta affirme avoir été informée qu'il était question d'une enquête criminelle à propos d'un possible enfant mort-né qui aurait été incinéré et enterré. La police aurait en outre interdit à Meta de communiquer sur son rôle dans cette affaire. Il nous faut nous aussi apporter ici la nuance, selon laquelle l'incitation à accuser les femmes d'avoir pratiqué un avortement ne provenait pas de Facebook. Selon Jezebel, c'est généralement du ressort du personnel médical, qui risque également l'emprisonnement s'il ne le fait pas.

L'attitude adoptée par Meta vis-à-vis de l'avortement est en même temps très ambiguë. D'une part, elle a déjà fait savoir en interne qu'elle rembourserait par exemple ses salariées si elles devaient se rendre dans un autre état pour un avortement. Par ailleurs, des utilisateurs ont observé depuis l'abolition de Roe V. Wade (l'affaire qui garantissait le droit à l'avortement) que des messages postés ou des annonces relatives aux pilules abortives par exemple étaient systématiquement supprimés. D'autre part, des publicités - intégrant des informations erronées - de groupes anti-avortement continuaient d'apparaître sur les plates-formes de l'entreprise.

Qui plus est, Themarkup a récemment découvert que des renseignements à propos de quiconque effectue des recherches sur l'avortement, étaient indirectement transmis à des organisations anti-avortement envoyant des publicités ciblées à des patientes potentielles.

Messenger non crypté par défaut

L'affaire en question fait également réfléchir à propos du type d'information que des plates-formes telles Meta collectent et de la possibilité qu'elles ont de les transmettre. Depuis des années déjà, c'est un problème pour de nombreuses organisations de défense du respect de la vie privée, et pour pas mal d'utilisateurs de constater que Facebook collecte autant de données sur les personnes et soit régulièrement aux prises avec un scandale en la matière. Si Facebook ne met pas elle-même un frein à cette collecte, il suffit alors souvent aux services d'ordre de lui envoyer un mandat pour obtenir les données voulues.

Le cryptage bout-à-bout (E2EE) est important dans le cas présent. Les entretiens de chat cryptés E2EE ne sont en principe lisibles par personne, à l'exception de l'expéditeur et du destinataire. Tel est entre-temps déjà le cas par défaut sur WhatsApp, alors que sur Messenger, il convient de choisir sciemment.

C'est possible en cliquant dans une conversation de chat sur la photo de profil de quelqu'un, puis en optant pour 'ouvrir conversation secrète'. La conversation sera alors cryptée de bout-en-bout. Il existe cependant aussi de meilleures alternatives, telles Signal, qui fonctionnent plus ou moins de la même manière que Messenger ou WhatsApp, mais qui ne conservent pratiquement aucune donnée sur leurs utilisateurs.

Cette affaire concerne Celeste Burgess (17 ans) et sa mère Jessica Burgess. Avec l'aide de cette dernière, l'adolescente aurait pratiqué un avortement sur elle-même en dehors du délai légal de 20 semaines.Aux Etats-Unis, le droit à l'avortement a été aboli par la Haute Cour de Justice il y a quelques semaines. Il en résulte que différents états ont (ré)introduit très rapidement des lois très strictes en matière d'avortement. Mais il y a aussi de nombreux débats relatifs aux lois interdisant aux femmes de se faire avorter dans un autre état, et à la collecte de données pouvant révéler de tels actes.Dans le cas qui nous occupe, la police a été informée que la mineure d'âge avait peut-être fait une fausse couche et a examiné l'affaire. Voilà pourquoi elle a fait parvenir à Facebook un mandat de perquisition de son compte, ce qui lui a permis de visionner les messages de chat échangés entre la mère et sa fille. Toutes deux sont actuellement accusées 'd'avoir enlevé, dissimulé ou abandonné un cadavre, et d'avoir caché le décès de quelqu'un', en référence au foetus à naître.Cette affaire fait grand bruit pour plusieurs raisons. C'est ainsi que la mineure d'âge y est considérée comme une adulte, mais de nombreuses questions se posent également sur les circonstances dans lesquelles Facebook partage avec d'autres des conversations privées.La société-mère de Facebook, Meta, s'est entre-temps déjà défendue. Le magazine Forbes nuance le fait que dans le mandat de police, rien n'indiquait qu'il s'agissait d'une enquête sur un avortement illégal. Meta affirme avoir été informée qu'il était question d'une enquête criminelle à propos d'un possible enfant mort-né qui aurait été incinéré et enterré. La police aurait en outre interdit à Meta de communiquer sur son rôle dans cette affaire. Il nous faut nous aussi apporter ici la nuance, selon laquelle l'incitation à accuser les femmes d'avoir pratiqué un avortement ne provenait pas de Facebook. Selon Jezebel, c'est généralement du ressort du personnel médical, qui risque également l'emprisonnement s'il ne le fait pas.L'attitude adoptée par Meta vis-à-vis de l'avortement est en même temps très ambiguë. D'une part, elle a déjà fait savoir en interne qu'elle rembourserait par exemple ses salariées si elles devaient se rendre dans un autre état pour un avortement. Par ailleurs, des utilisateurs ont observé depuis l'abolition de Roe V. Wade (l'affaire qui garantissait le droit à l'avortement) que des messages postés ou des annonces relatives aux pilules abortives par exemple étaient systématiquement supprimés. D'autre part, des publicités - intégrant des informations erronées - de groupes anti-avortement continuaient d'apparaître sur les plates-formes de l'entreprise.Qui plus est, Themarkup a récemment découvert que des renseignements à propos de quiconque effectue des recherches sur l'avortement, étaient indirectement transmis à des organisations anti-avortement envoyant des publicités ciblées à des patientes potentielles.L'affaire en question fait également réfléchir à propos du type d'information que des plates-formes telles Meta collectent et de la possibilité qu'elles ont de les transmettre. Depuis des années déjà, c'est un problème pour de nombreuses organisations de défense du respect de la vie privée, et pour pas mal d'utilisateurs de constater que Facebook collecte autant de données sur les personnes et soit régulièrement aux prises avec un scandale en la matière. Si Facebook ne met pas elle-même un frein à cette collecte, il suffit alors souvent aux services d'ordre de lui envoyer un mandat pour obtenir les données voulues.Le cryptage bout-à-bout (E2EE) est important dans le cas présent. Les entretiens de chat cryptés E2EE ne sont en principe lisibles par personne, à l'exception de l'expéditeur et du destinataire. Tel est entre-temps déjà le cas par défaut sur WhatsApp, alors que sur Messenger, il convient de choisir sciemment.C'est possible en cliquant dans une conversation de chat sur la photo de profil de quelqu'un, puis en optant pour 'ouvrir conversation secrète'. La conversation sera alors cryptée de bout-en-bout. Il existe cependant aussi de meilleures alternatives, telles Signal, qui fonctionnent plus ou moins de la même manière que Messenger ou WhatsApp, mais qui ne conservent pratiquement aucune donnée sur leurs utilisateurs.