Les sciences participatives ou citoyennes ('citizen science') consistent en une recherche scientifique effectuée avec l'aide de bénévoles, qui collectent des données par exemple. Pensons ici aux recensements annuels des oiseaux ou des papillons, ou encore au projet consistant pour les citoyens à mesurer les concentrations de dioxyde d'azote dans leur quartier.

Ces sciences citoyennes ont le vent en poupe. Grâce au smartphone avec GPS incorporé et offrant d'autres possibilités technologiques, toujours plus de données peuvent être collectées et traitées. Mais les outils ICT, qui supportent le traitement de ces données, ce qu'on appelle 'les observatoires citoyens', doivent en général être mis au point à partir de rien. C'est là quelque chose qui, jusqu'à présent, ne pouvait être confié à des citoyens-chercheurs, parce qu'ils manquaient souvent de la connaissance ICT.

"Nous avons par exemple mis au point une appli qui donnait aux citoyens l'opportunité de mesurer le niveau sonore de leur environnement par le truchement du micro de leur GSM. Facile et économique certes, mais il convient évidemment toujours d'adapter ce genre d'appli aux différents besoins, comme par exemple le moment et le lieu, où les mesures doivent être effectuées, où le traitement des données doit être exécuté à des fins d'analyse, etc. Dans ce but, il faut toujours intégrer de nouvelles variantes au même logiciel informatique", déclare Jesse Zaman, façon de cerner le problème.

Voilà pourquoi Zaman prit la décision de développer un langage de programmation accessible, avec lequel des citoyens peuvent eux-mêmes élaborer une appli pour un projet 'citizen-science'. DISCOPAR (Distributed Components for Participatory campaigning) est ce langage visuel simple, qui permet non seulement de créer une appli de collecte de données, mais aussi de mettre en oeuvre le traitement de celles-ci. Sur le site web flamenco.vlaanderen, tout un chacun devrait ainsi bientôt pouvoir réaliser son propre observatoire citoyen.

Bocs lego

"C'est comme si vous jouiez avec des blocs lego. Vous pourrez les relier les uns à l'autres à l'écran, et les connexions représenteront le flux de données. Ce faisant, vous pourrez créer une appli de manière archi-simple, sans que vous deviez programmer quoi que ce soit", explique Zaman. Le public-cible, ce sont les chercheurs ou les bénévoles qui connaissent bien le domaine, sans avoir d'expérience en programmation.

Avec ces différents blocs lego, vous pourrez réaliser un grand nombre de combinaisons. Les blocs proprement dits ont été développées par Zaman dans le cadre de son travail de doctorat au Software Languages Lab de la VUB, sous le contrôle de son promoteur, Wolfgang De Meuter.

Le projet DISCOPAR fait partie de la plate-forme Flamenco plus vaste, qui est une collaboration entre la VUB, UGent, VITO et une quinzaine d'organisations sociales telles que le Fietserbond et TrainTramBus. Il devrait déboucher dans le courant de 2019 sur un certain nombre de réalisations concrètes. Pour démontrer les possibilités de la plate-forme, Zaman a lui-même déjà élaboré trois applis différentes: une pour mesurer le bruit, une autre pour cartographier les expériences d'utilisateurs de routes lentes et une troisième pour déterminer des facteurs atmosphériques.