Il s'agit là d'une nouvelle version de 'droneguide' permettant désormais aux pilotes de drone professionnels de planifier et de gérer leurs vols en ligne. Droneguide a été lancé en mars 2018 et consiste en un site web et en une appli mobile. Mais jusqu'à présent, les utilisateurs d'un drone - à des fins récréatives ou professionnelles - ne pouvaient que visionner des cartes pour savoir où les vols étaient ou non tolérés. Avec la nouvelle version appelée droneguide PRO, l'application devient interactive, selon le ministre de la mobilité François Bellot (MR), le contrôleur du trafic aérien Skeyes et le service public fédéral Mobilité et Transport, hier jeudi, chez Drone-Tower sur le site de Tour & Taxis à Bruxelles.

Demande d'approbation en ligne

Droneguide PRO est intéressant pour les utilisateurs professionnels, qui volent avec des drones de plus de 5 kilos ou à une altitude supérieure à 45 mètres (les vols de classe 1). Ils doivent toujours signaler leurs vols. Et s'ils veulent voler par exemple à une altitude supérieure à 90 mètres ou dans des zones, où cela leur est normalement interdit, comme à proximité d'un aéroport ou au-dessus d'une ville, ils doivent solliciter une autorisation pour obtenir une dérogation. Droneguide PRO leur permet précisément de la solliciter en ligne.

Le directeur de Skeyes, Johan Decuyper, a parlé d'une primeur mondiale: "Nulle part ailleurs dans le monde, des vols ou des dérogations peuvent être sollicités au moyen d'une telle application." La nouvelle version doit faciliter la vie de toutes les personnes concernées. C'en est fini de l'impression, du scannage, des échanges de documents par mail,... Cette simplification s'avère aussi nécessaire, parce que toujours plus d'entreprises veulent utiliser des drones. C'est ainsi que le premier vol expérimental de drone est prévu le 25 septembre dans le but de transporter notamment des échantillons sanguins entre des cliniques anversoises.

Assouplissement des règles européennes l'année prochaine

Ces derniers mois, on a recensé quelque mille vols commerciaux par mois.

Il y a 2.909 drones enregistrés à utilisation commerciale et 1.722 pilotes de drone disposant d'une licence. L'on s'attend à ce que ces nombres ne fassent que croître, lorsque les nouvelles règles européennes plus souples seront d'application au milieu de l'an prochain. Les vols de drones commerciaux approuvés, qui ont lieu dans l'espace aérien contrôlé par Skeyes, apparaîtront dorénavant aussi sur les écrans des aiguilleurs du ciel. "Un pas important pour pouvoir garantir la sécurité de l'espace aérien contrôlé", y a-t-on déclaré. Pour ce qui est des vols de drone non annoncés, un système est en préparation, afin de pouvoir les détecter.

Aucune conséquence pour les utilisateurs à fins récréatives

"Les pilotes de drone, le contrôle de l'espace aérien de Skeyes et le service public fédéral Mobilité et Transport économiseront quotidiennement pas mal de temps grâce à cette application et pourront ainsi encore mieux se concentrer sur la sécurité, la priorité absolue en aviation", a affirmé le ministre de la mobilité Bellot. La mise à niveau du droneguide n'aura pas d'impact sur les utilisateurs à des fins récréatives, qui font voler un drone basique dans leur jardin. Rien ne change pour eux. Ils ne devront donc pas signaler leurs vols jusqu'à une altitude de 10 mètres maximum. Mais sur droneguide, ils pourront voir où il leur est interdit de voler, car même un jardin peut se situer dans une zone où s'applique officiellement une interdiction de vol.