Le général en retraite Keith Alexander siège depuis ce mois-ci au sein du conseil d'administration d'Amazon, le principal fournisseur 'cloud' au monde. Voilà ce qu'a annoncé Amazon même sur son site web.

Alexander est actuellement co-CEO et président de la firme IronNet Cybersecurity qu'il a lui-même créée et qui est spécialisée dans la sécurisation des réseaux. Mais il est surtout une personnalité en vue en raison de sa carrière au sein des pouvoirs publics américains.

Il fut ainsi le chef de l'US Cyber Command de 2010 à mars 2014 et directeur de la NSA et du Central Security Service entre 2005 et mars 2014, après quoi il prit sa retraite.

Durant cette période, en 2013 plus précisément, le lanceur d'alertes Edward Snowden avait révélé que la NSA avait accès auprès de diverses entreprises technologiques à des données d'utilisateurs via ce qu'on appelle le programme Prism. C'est ainsi que tant aux Etats-Unis qu'en dehors de ceux-ci, des personnes furent massivement espionnées. Après la révélation de Snowden, Alexander souhaita s'en aller et ce, pas à cause de cette pratique, mais bien parce qu'elle avait fuité sous sa direction. Il demeura finalement à son poste jusqu'à la date de sa mise à la retraite légale.

The Verge fait observer que l'ex-général n'était pas du tout ravi de la révélation du programme d'espionnage. Dans une interview qu'il avait accordée à l'époque, il avait déclaré que même les journalistes s'étaient vu interdire d'écrire des articles sur les documents dévoilés.

Snowden réagit

Snowden en personne, qui depuis sa révélation est hébergé en Russie, réagit de manière très sèche au choix de l'ex-directeur de la NSA par Amazon: "Manifestement, 'hey Alexa' est l'abréviation de 'hey Keith Alexander'. C'est bien ce Keith Alexander qui fut personnellement responsable de l'espionnage massif illégal. Un véritable scandale sur le plan mondial."

Le lanceur d'alertes met aussi en garde contre la 'section 702', un article de la législation américaine qui autorise la NSA et le FBI, sans mandat de la part d'un juge, de solliciter des données sur des non-Américains auprès d'entreprises américaines. Il se réfère ici au fait qu'Amazon même héberge quelque six pour cent de l'ensemble des sites web.

La nomination d'Alexander survient le même mois où la Justice américaine a jugé que la collecte massive de données téléphoniques par la NSA est illégale.

Pentagone

Il est probable que le nouvel administrateur controversé ait été aussi recruté en raison de ses liens avec le gouvernement américain. Amazon conteste actuellement une décision du Pentagone d'attribuer un contrat 'cloud' d'un montant de quelques milliards de dollars à Microsoft. En même temps, les relations entre le directeur d'Amazon, Jeff Bezos, et le président Donald Trump sont particulièrement houleuses.

Mais cela veut également dire qu'Amazon, le principal fournisseur 'cloud' au monde, où plusieurs entreprises belges font tourner leur infrastructure IT, possède désormais un administrateur qui n'a rien contre le non-respect massif de la vie privée et contre la collecte de données.

Le général en retraite Keith Alexander siège depuis ce mois-ci au sein du conseil d'administration d'Amazon, le principal fournisseur 'cloud' au monde. Voilà ce qu'a annoncé Amazon même sur son site web.Alexander est actuellement co-CEO et président de la firme IronNet Cybersecurity qu'il a lui-même créée et qui est spécialisée dans la sécurisation des réseaux. Mais il est surtout une personnalité en vue en raison de sa carrière au sein des pouvoirs publics américains.Il fut ainsi le chef de l'US Cyber Command de 2010 à mars 2014 et directeur de la NSA et du Central Security Service entre 2005 et mars 2014, après quoi il prit sa retraite.Durant cette période, en 2013 plus précisément, le lanceur d'alertes Edward Snowden avait révélé que la NSA avait accès auprès de diverses entreprises technologiques à des données d'utilisateurs via ce qu'on appelle le programme Prism. C'est ainsi que tant aux Etats-Unis qu'en dehors de ceux-ci, des personnes furent massivement espionnées. Après la révélation de Snowden, Alexander souhaita s'en aller et ce, pas à cause de cette pratique, mais bien parce qu'elle avait fuité sous sa direction. Il demeura finalement à son poste jusqu'à la date de sa mise à la retraite légale.The Verge fait observer que l'ex-général n'était pas du tout ravi de la révélation du programme d'espionnage. Dans une interview qu'il avait accordée à l'époque, il avait déclaré que même les journalistes s'étaient vu interdire d'écrire des articles sur les documents dévoilés.Snowden en personne, qui depuis sa révélation est hébergé en Russie, réagit de manière très sèche au choix de l'ex-directeur de la NSA par Amazon: "Manifestement, 'hey Alexa' est l'abréviation de 'hey Keith Alexander'. C'est bien ce Keith Alexander qui fut personnellement responsable de l'espionnage massif illégal. Un véritable scandale sur le plan mondial."Le lanceur d'alertes met aussi en garde contre la 'section 702', un article de la législation américaine qui autorise la NSA et le FBI, sans mandat de la part d'un juge, de solliciter des données sur des non-Américains auprès d'entreprises américaines. Il se réfère ici au fait qu'Amazon même héberge quelque six pour cent de l'ensemble des sites web.La nomination d'Alexander survient le même mois où la Justice américaine a jugé que la collecte massive de données téléphoniques par la NSA est illégale.Il est probable que le nouvel administrateur controversé ait été aussi recruté en raison de ses liens avec le gouvernement américain. Amazon conteste actuellement une décision du Pentagone d'attribuer un contrat 'cloud' d'un montant de quelques milliards de dollars à Microsoft. En même temps, les relations entre le directeur d'Amazon, Jeff Bezos, et le président Donald Trump sont particulièrement houleuses.Mais cela veut également dire qu'Amazon, le principal fournisseur 'cloud' au monde, où plusieurs entreprises belges font tourner leur infrastructure IT, possède désormais un administrateur qui n'a rien contre le non-respect massif de la vie privée et contre la collecte de données.