L'histoire débuta en octobre 2019. Lors d'une réunion d'Europol à La Haye, deux enquêteurs de la police judiciaire fédérale se virent offrir la possibilité de tester ClearView AI, ce qu'ils ont fait sur place, mais entre-temps, il apparaît qu'ils ont également effectué quelque 78 recherches avec une licence d'essai courant jusqu'en février 2020.

ClearView est controversée dans la mesure où elle collecte des milliards de photos et les associe à des identités, mais sans l'autorisation des personnes concernées. L'entreprise a ainsi scanné les profils publics d'Instagram, Twitter, Facebook et YouTube notamment, ce qui lui a valu des amendes dans différents pays. Elle a été mise en accusation entre autres aux Etats-Unis, et l'Italie lui a hier encore infligé une amende de 20 millions d'euros.

Clientèle dévoilée

En février, un piratage révélait que le logiciel avait été utilisé en Belgique également. Buzzfeed mentionna plusieurs pays, et la Belgique, sans préciser quel service ou organisation, aurait obtenu un compte d'essai.

Plus d'un an plus tard, en août 2021, BuzzFeed évoqua de nouveau le sujet, cette fois en précisant qu'il s'agissait de la police fédérale qui avait utilisé le logiciel 'entre 101 et 500 fois'. Le site signala à l'époque aussi que cela se passa dans le cadre de la réunion d'Europol. Data News avait alors pris contact avec la police fédérale, mais personne n'y avait connaissance de cette affaire. Il n'était à l'époque pas question non plus d'un projet d'utilisation de ClearView AI.

Utilisé malgré tout

Le fait qu'on ne sache pas, ne signifie cependant pas que cela n'était pas arrivé. En octobre dernier, la ministre de l'intérieur, Annelies Verlinden, révéla au Parlement que le logiciel avait bien été utilisé, tout en ajoutant que c'était illégal. Il s'agissait en fait d'un test d'un nombre limité de recherches (78) qui ne donnèrent aucun résultat.

L'affaire reçoit à présent une suite. Un rapport de l'organe de contrôle des informations policières (COC) a présenté ses conclusions hier à la chambre, selon le journal De Standaard.

Le rapport se montre virulent à l'égard de l'utilisation de Clearview AI et de la manière dont elle a été passée sous silence. C'est ainsi que la direction de la police judiciaire aurait bien été au courant, mais que cela n'a pas été porté à la connaissance du commissaire général Marc De Mesmaeker. Le rapport confirme par ailleurs le déroulement des faits. Il n'y aurait cependant pas eu de dissimulation volontaire: cela n'aurait pas été révélé à cause surtout d'un concours de circonstances.

Le COC se montre non seulement sévère à l'égard de l'utilisation du logiciel de reconnaissance faciale, mais il fait aussi observer qu'en agissant ainsi, des photos de la police ont été envoyées à une entreprise commerciale non-européenne. Il exige que la police demande à Clearview AI d'effacer ces données belges. On ne sait cependant pas si cette entreprise, dont le modèle commercial est de collecter illégalement des photos d'autrui, y répondra favorablement.

L'histoire débuta en octobre 2019. Lors d'une réunion d'Europol à La Haye, deux enquêteurs de la police judiciaire fédérale se virent offrir la possibilité de tester ClearView AI, ce qu'ils ont fait sur place, mais entre-temps, il apparaît qu'ils ont également effectué quelque 78 recherches avec une licence d'essai courant jusqu'en février 2020.ClearView est controversée dans la mesure où elle collecte des milliards de photos et les associe à des identités, mais sans l'autorisation des personnes concernées. L'entreprise a ainsi scanné les profils publics d'Instagram, Twitter, Facebook et YouTube notamment, ce qui lui a valu des amendes dans différents pays. Elle a été mise en accusation entre autres aux Etats-Unis, et l'Italie lui a hier encore infligé une amende de 20 millions d'euros.En février, un piratage révélait que le logiciel avait été utilisé en Belgique également. Buzzfeed mentionna plusieurs pays, et la Belgique, sans préciser quel service ou organisation, aurait obtenu un compte d'essai.Plus d'un an plus tard, en août 2021, BuzzFeed évoqua de nouveau le sujet, cette fois en précisant qu'il s'agissait de la police fédérale qui avait utilisé le logiciel 'entre 101 et 500 fois'. Le site signala à l'époque aussi que cela se passa dans le cadre de la réunion d'Europol. Data News avait alors pris contact avec la police fédérale, mais personne n'y avait connaissance de cette affaire. Il n'était à l'époque pas question non plus d'un projet d'utilisation de ClearView AI.Le fait qu'on ne sache pas, ne signifie cependant pas que cela n'était pas arrivé. En octobre dernier, la ministre de l'intérieur, Annelies Verlinden, révéla au Parlement que le logiciel avait bien été utilisé, tout en ajoutant que c'était illégal. Il s'agissait en fait d'un test d'un nombre limité de recherches (78) qui ne donnèrent aucun résultat.L'affaire reçoit à présent une suite. Un rapport de l'organe de contrôle des informations policières (COC) a présenté ses conclusions hier à la chambre, selon le journal De Standaard.Le rapport se montre virulent à l'égard de l'utilisation de Clearview AI et de la manière dont elle a été passée sous silence. C'est ainsi que la direction de la police judiciaire aurait bien été au courant, mais que cela n'a pas été porté à la connaissance du commissaire général Marc De Mesmaeker. Le rapport confirme par ailleurs le déroulement des faits. Il n'y aurait cependant pas eu de dissimulation volontaire: cela n'aurait pas été révélé à cause surtout d'un concours de circonstances.Le COC se montre non seulement sévère à l'égard de l'utilisation du logiciel de reconnaissance faciale, mais il fait aussi observer qu'en agissant ainsi, des photos de la police ont été envoyées à une entreprise commerciale non-européenne. Il exige que la police demande à Clearview AI d'effacer ces données belges. On ne sait cependant pas si cette entreprise, dont le modèle commercial est de collecter illégalement des photos d'autrui, y répondra favorablement.