Les produits des deux entreprises technologiques chinoises ne pourront plus être utilisés par les pouvoirs publics américains ou leurs sous-traitants. Cela ne concerne pas l'ensemble du matériel, des logiciels et des services, mais bien des composantes qui s'avèrent essentielles ou critiques dans les systèmes où elles sont utilisées. Si des données transitent par ces éléments ou peuvent être visionnées, cela ne sera plus permis.

Ce bannissement a pour cadre le Defense Authorization Act américain et sera actif dans les deux années à venir. Cette mesure n'est pas vraiment une surprise. Certains politiciens américains préviennent en effet depuis 2012 déjà que les entreprises télécoms chinoises peuvent abuser de leur présence sur le sol américain pour se livrer à des actes d'espionnage pour le compte des autorités chinoises. Ces avertissements ne font que s'amplifier depuis que Trump est devenu président des Etats-Unis.

Un détail important dans cette affaire, c'est que les Etats-Unis n'ont pas encore pu démontrer noir sur blanc qu'Huawei ou ZTE sont utilisées à des fins d'espionnage par les autorités chinoises. Par contre, il est bien connu depuis des années déjà que les Etats-Unis, via la NSA, espionnent des entreprises telles Microsoft/Skype, Yahoo, Google/YouTube, Facebook et Apple. C'est du moins ce qu'a dévoilé le lanceur d'alertes, Eward Snowden, il y a quelques années. Autrement dit, on craint des Chinois qu'ils se livrent à de l'espionnage par le biais de leurs entreprises technologiques, mais des Américains, on le sait à coup sûr.

Le bannissement intervient à peine un mois après que ZTE a pu de nouveau opérer aux Etats-Unis. Il y a quelques mois, cette firme s'était pourtant vu infliger un bannissement commercial complet du territoire américain, ce qui fait qu'elle ne pouvait plus avoir accès aux produits et aux services d'entreprises américaines. Trump en personne a activement collaboré à lever l'embargo, ce qui fait que l'entreprise est de nouveau opérationnelle aux Etats-Unis depuis le mois dernier. Mais même si les choses ne changent pas, l'entreprise ne pourra de toute façon plus travailler pour les pouvoirs publics.