'Cela peut paraître fou par les temps qui courent, mais en réalité, le Parkinson est en train de devenir une pandémie', explique Benoit Tas, CEO et cofondateur de NeuroPath. 'A l'échelle mondiale, dix millions de personnes déjà sont atteintes de cette maladie, et tout semble indiquer que ce nombre doublera au cours des dix à quinze prochaines années. Plus on pourra soigner de patients, mieux ce sera, même s'il n'existe provisoirement pas de guérison possible.'

Trajet sanitaire individuel

Le traitement clinique du Parkinson est limité, selon Tas: 'Deux fois par an, le patient passe une visite chez le neurologue, qui le soumet à quelques tests moteurs. C'est non seulement assez peu, mais cela génère aussi deux problèmes. Il s'agit tout d'abord d'un instantané qui n'est pas représentatif en soi de l'état quotidien du patient. Ensuite, cela n'offre pas non plus une vision du non-moteur, à savoir la qualité de vie ou le cognitif.'

La technologie de NeuroPath représente à cet égard une aide. L'entreprise a développé une plate-forme web permettant de collecter nombre de données d'un patient individuel, afin que le personnel soignant puisse se constituer une meilleure image de ce dernier. 'Et c'est nécessaire dans la mesure où le Parkinson peut se manifester dans pas moins de soixante symptômes différents', selon Tas. 'Cela nécessite un trajet sanitaire individuel et c'est précisément ce que nous voulons offrir. Non seulement via un carnet de médication avec notifications, mais aussi en suivant à intervalles réguliers au moyen d'un smartphone l'état du patient. Par le biais des capteurs du smartphone, nous effectuons aussi de mini-tests moteurs en vue par exemple de détecter des trémulations.'

Ces données, NeuroPath les met ensuite à la disposition d'un neurologue, d'un kinésiste et éventuellement d'un logopédiste ou d'un psychologue. De cette façon, ces spécialistes peuvent - si nécessaire - adapter nettement plus rapidement le trajet sanitaire, en actualisant par exemple la médication, le modèle alimentaire ou la thérapie. 'Il doit d'agir d'un outil de support décisionnel, un instrument qui aide au diagnostic', comme le résume Benoit Tas.

Plus longtemps au travail

L'amélioration de la qualité de vie est prioritaire. 'Mais grâce à cela, on garantit aussi une réduction des coûts pour la société', affirme le CEO. 'Un suivi plus fréquent des symptômes et une intervention plus rapide au niveau du trajet sanitaire peuvent en effet faire en sorte que les gens puissent rester plus longtemps au travail ou qu'un risque de chute soit détecté plus tôt. C'est très important. D'une étude que nous avons commanditée aux Etats-Unis, il est apparu que sur les 300.000 personnes souffrant du Parkinson hospitalisées, pas moins de septante pour cent l'avaient été via les urgences.'

NeuroPath a été fondée avec les moyens propres des fondateurs et de quelques amis. 'En outre, nous avons reçu assez vite un soutien des pouvoirs publics wallons et du Brabant Flamand. Nous avons eu ainsi un million d'euros en tout à notre disposition', précise Tas. Pour poursuivre le développement du produit, un consortium a été constitué: NeuroInsights. Dans ce but, l'entreprise a obtenu 3,4 millions d'euros du gouvernement wallon via BioWin.

Lors de la prochaine phase, NeuroPath souhaite collaborer avec des partenaires tels Multitel, ULiège/CHU, Artevelde Hogeschool et Eonix en vue de développer de nouvelles caractéristiques. 'Nous aimerions ainsi intégrer les données de 'wearables' dans notre plate-forme, comme le pouls et la pression artérielle du patient, ainsi que les données du compteur de pas. Grâce à l'apprentissage profond ('deep learning'), nous souhaitons aussi nous lancer dans l'analyse vocale, car cela peut être une bonne indication de l'évolution de la maladie.'

Rien n'est encore finalisé à propos de la manière dont Tas entend gagner de l'argent: 'Un modèle B2C est possible, par lequel nous demanderions un petit montant d'abonnement aux patients, au personnel soignant et aux hôpitaux. Mais nous envisageons tout aussi bien des solutions B2B, où des entreprises pharmaceutiques pourraient utiliser les données rendues anonymes ou où des assurances soins de santé prendraient les coûts à leur charge.'

Entre-temps, Tas s'est déjà ancré aux Etats-Unis avec un partenaire à Chicago repris dans les incubateurs Matter Health et Polsky. 'Nos ambitions sont bien mondiales', conclut Tas.

NeuroPath

Siège social: Enghien

Nombre d'associés: 2

A la recherche de capital supplémentaire

Site web: neuropath.life

'Cela peut paraître fou par les temps qui courent, mais en réalité, le Parkinson est en train de devenir une pandémie', explique Benoit Tas, CEO et cofondateur de NeuroPath. 'A l'échelle mondiale, dix millions de personnes déjà sont atteintes de cette maladie, et tout semble indiquer que ce nombre doublera au cours des dix à quinze prochaines années. Plus on pourra soigner de patients, mieux ce sera, même s'il n'existe provisoirement pas de guérison possible.'Le traitement clinique du Parkinson est limité, selon Tas: 'Deux fois par an, le patient passe une visite chez le neurologue, qui le soumet à quelques tests moteurs. C'est non seulement assez peu, mais cela génère aussi deux problèmes. Il s'agit tout d'abord d'un instantané qui n'est pas représentatif en soi de l'état quotidien du patient. Ensuite, cela n'offre pas non plus une vision du non-moteur, à savoir la qualité de vie ou le cognitif.'La technologie de NeuroPath représente à cet égard une aide. L'entreprise a développé une plate-forme web permettant de collecter nombre de données d'un patient individuel, afin que le personnel soignant puisse se constituer une meilleure image de ce dernier. 'Et c'est nécessaire dans la mesure où le Parkinson peut se manifester dans pas moins de soixante symptômes différents', selon Tas. 'Cela nécessite un trajet sanitaire individuel et c'est précisément ce que nous voulons offrir. Non seulement via un carnet de médication avec notifications, mais aussi en suivant à intervalles réguliers au moyen d'un smartphone l'état du patient. Par le biais des capteurs du smartphone, nous effectuons aussi de mini-tests moteurs en vue par exemple de détecter des trémulations.'Ces données, NeuroPath les met ensuite à la disposition d'un neurologue, d'un kinésiste et éventuellement d'un logopédiste ou d'un psychologue. De cette façon, ces spécialistes peuvent - si nécessaire - adapter nettement plus rapidement le trajet sanitaire, en actualisant par exemple la médication, le modèle alimentaire ou la thérapie. 'Il doit d'agir d'un outil de support décisionnel, un instrument qui aide au diagnostic', comme le résume Benoit Tas.L'amélioration de la qualité de vie est prioritaire. 'Mais grâce à cela, on garantit aussi une réduction des coûts pour la société', affirme le CEO. 'Un suivi plus fréquent des symptômes et une intervention plus rapide au niveau du trajet sanitaire peuvent en effet faire en sorte que les gens puissent rester plus longtemps au travail ou qu'un risque de chute soit détecté plus tôt. C'est très important. D'une étude que nous avons commanditée aux Etats-Unis, il est apparu que sur les 300.000 personnes souffrant du Parkinson hospitalisées, pas moins de septante pour cent l'avaient été via les urgences.'NeuroPath a été fondée avec les moyens propres des fondateurs et de quelques amis. 'En outre, nous avons reçu assez vite un soutien des pouvoirs publics wallons et du Brabant Flamand. Nous avons eu ainsi un million d'euros en tout à notre disposition', précise Tas. Pour poursuivre le développement du produit, un consortium a été constitué: NeuroInsights. Dans ce but, l'entreprise a obtenu 3,4 millions d'euros du gouvernement wallon via BioWin.Lors de la prochaine phase, NeuroPath souhaite collaborer avec des partenaires tels Multitel, ULiège/CHU, Artevelde Hogeschool et Eonix en vue de développer de nouvelles caractéristiques. 'Nous aimerions ainsi intégrer les données de 'wearables' dans notre plate-forme, comme le pouls et la pression artérielle du patient, ainsi que les données du compteur de pas. Grâce à l'apprentissage profond ('deep learning'), nous souhaitons aussi nous lancer dans l'analyse vocale, car cela peut être une bonne indication de l'évolution de la maladie.'Rien n'est encore finalisé à propos de la manière dont Tas entend gagner de l'argent: 'Un modèle B2C est possible, par lequel nous demanderions un petit montant d'abonnement aux patients, au personnel soignant et aux hôpitaux. Mais nous envisageons tout aussi bien des solutions B2B, où des entreprises pharmaceutiques pourraient utiliser les données rendues anonymes ou où des assurances soins de santé prendraient les coûts à leur charge.'Entre-temps, Tas s'est déjà ancré aux Etats-Unis avec un partenaire à Chicago repris dans les incubateurs Matter Health et Polsky. 'Nos ambitions sont bien mondiales', conclut Tas.