Filip Corveleyn exerça la profession d'avocat aux prises avec toutes sortes de problèmes juridiques professionnels. 'Un sacré boulot et souvent aussi pas mal de routine. Pas vraiment le travail pour lequel on choisit de devenir avocat', déclare-t-il. Lorsque Levi Strauss, l'un de ses clients, arriva également à la conclusion que le contrôle légal de toutes les structures de l'entreprise et de quarante subdivisions occupait quasiment trois quarts du temps d'un membre du personnel, il fut décidé de tenter d'automatiser le tout.'

Facteur humain

Ce n'était pas évident dans la mesure où le facteur humain est encore et toujours présent dans les différentes réglementations nationales. 'Voyez l'Allemagne', déclare Corveleyn en soupirant. 'Un nouvel administrateur doit se présenter personnellement chez un notaire pour être nommé. En Suède, on demande par contre qu'un document rédigé à l'encre noire soit imprimé et signé à l'encre bleue. Il n'empêche que pas mal de choses peuvent être préalablement automatisées.'

Avec Levi Strauss comme partie prenante, Corveleyn et ses deux partenaires mirent au point la plate-forme dans le nuage KLEA (Knowledgeable Legal Entity Automation). Son but est d'aider à rationaliser nombre de processus juridiques dans les entreprises en regroupant tous les ayants-droit et en centralisant les documents dans une seule et même base de données. 'Prenons l'exemple du licenciement d'un directeur et la nomination d'un nouveau', explique le CEO. 'Cela se passe en démarrant un processus, après quoi KLEA rédige tous les papiers requis et les fait parvenir aux personnes adéquates, qui passent ensuite à l'action. On épargne ainsi aux avocats un sérieux travail de routine, comme l'élaboration de documents identiques à chaque fois. Ils peuvent ainsi effectuer le même travail en trente à quarante pour cent du temps habituel.' Au niveau financier, cela change du tout au tout en recourant à KLEA: 'Les clients paient de cette manière jusqu'à quarante pour cent de moins.'

Business case à succès

Le 'basic MVP' qui développa Legal Studio, a été testé dans les divisions belge, néerlandaise et allemande de Levi Strauss, et s'avéra un business case à succès. 'Nous avons alors privatisé notre entreprise et avons commercialisé KLEA. Cela se passa de manière très organique, car chaque nouveau client se montra prêt à préparer le chemin pour un autre et était d'accord de servir de référence à des appels téléphoniques. Nous travaillons à présent ainsi pour United Technologies, Lotus Bakeries, mais aussi pour des entreprises pharmaceutiques et immobilières.'

Entre-temps, Legal Studio est active dans septante pays de par le monde. 'Par l'entremise d'une entreprise minière française, nous avons gagné l'Asie et à partir de là, tout s'est accéléré', affirme Corveleyn. 'L'Amérique du Sud a suivi et aujourd'hui, nous sommes occupés sur nos premiers projets en Afrique. Cela demande du reste toujours une solide phase d'études, car chaque pays possède sa propre réglementation et d'autres procédures pour les mêmes processus. Tout cela doit aussi être intégré à notre plate-forme.'

Le fait que les Etats-Unis soient explicitement absents de l'énumération faite par Corveleyns n'est pas une omission fortuite. Nous sommes actifs au Canada et au Mexique, mais aux Etats-Unis, nous ne répondons présent qu'à la demande formelle du client. Cela est avant tout dû au fait que beaucoup d'entreprises disposent déjà d'un siège dans ce pays et d'un vaste service juridique propre, mais aussi au fait que les processus professionnels y sont nettement plus simples, ce qui fait qu'il y a moins besoin de notre solution. C'est ainsi par exemple que dans l'état de Californie, il n'y a pas de registre de commerce. De plus, il existe sur ce marché deux grands acteurs data technologiques, à savoir Diligent Corporation et Computershare, qui occupent le terrain. Le face à face est impossible. Nous y misons donc davantage sur le service.'

Paris-Bruxelles-Amsterdam

Legal Studio est rentable depuis le premier jour. Elle a enregistré l'année dernière un chiffre d'affaires d'un million et demi d'euros et envisage à présent d'accomplir le pas suivant. 'Avec une version automatisée, KLEA Collaborate, nous voulons aussi rendre notre solution accessible aux plus petites entreprises', ajoute Corveleyn. 'Nous continuons d'utiliser comme base l'axe Paris-Bruxelles-Amsterdam, où sont établis plus qu'assez de sièges d'entreprises constituant pour nous un très bon vivier.'

Il n'empêche que Corveleyn sent que sur le marché LegalTech, une accélération se précise: 'Nous pourrions sereinement progresser grâce à nos propres forces. Nous n'avons pas encore eu besoin de plus d'une phase angel investors nous apportant moins de 250.000 euros, mais si nous voulons continuer de précéder les évolutions en cours, nous devrons miser sans cesse sur le développement, ce qui nécessite de l'argent supplémentaire. Il devrait alors s'agir plutôt de capital-risque ou de smart money, ce qui pourra par exemple aussi nous amener de l'expérience dans la vente.'

Legal Studio

Siège social: Bruxelles

Nombre d'associés: 3

Finances: ouvert au capital-risque ou au smart money.

Site web: KleaLegal.com

Filip Corveleyn exerça la profession d'avocat aux prises avec toutes sortes de problèmes juridiques professionnels. 'Un sacré boulot et souvent aussi pas mal de routine. Pas vraiment le travail pour lequel on choisit de devenir avocat', déclare-t-il. Lorsque Levi Strauss, l'un de ses clients, arriva également à la conclusion que le contrôle légal de toutes les structures de l'entreprise et de quarante subdivisions occupait quasiment trois quarts du temps d'un membre du personnel, il fut décidé de tenter d'automatiser le tout.'Ce n'était pas évident dans la mesure où le facteur humain est encore et toujours présent dans les différentes réglementations nationales. 'Voyez l'Allemagne', déclare Corveleyn en soupirant. 'Un nouvel administrateur doit se présenter personnellement chez un notaire pour être nommé. En Suède, on demande par contre qu'un document rédigé à l'encre noire soit imprimé et signé à l'encre bleue. Il n'empêche que pas mal de choses peuvent être préalablement automatisées.'Avec Levi Strauss comme partie prenante, Corveleyn et ses deux partenaires mirent au point la plate-forme dans le nuage KLEA (Knowledgeable Legal Entity Automation). Son but est d'aider à rationaliser nombre de processus juridiques dans les entreprises en regroupant tous les ayants-droit et en centralisant les documents dans une seule et même base de données. 'Prenons l'exemple du licenciement d'un directeur et la nomination d'un nouveau', explique le CEO. 'Cela se passe en démarrant un processus, après quoi KLEA rédige tous les papiers requis et les fait parvenir aux personnes adéquates, qui passent ensuite à l'action. On épargne ainsi aux avocats un sérieux travail de routine, comme l'élaboration de documents identiques à chaque fois. Ils peuvent ainsi effectuer le même travail en trente à quarante pour cent du temps habituel.' Au niveau financier, cela change du tout au tout en recourant à KLEA: 'Les clients paient de cette manière jusqu'à quarante pour cent de moins.'Le 'basic MVP' qui développa Legal Studio, a été testé dans les divisions belge, néerlandaise et allemande de Levi Strauss, et s'avéra un business case à succès. 'Nous avons alors privatisé notre entreprise et avons commercialisé KLEA. Cela se passa de manière très organique, car chaque nouveau client se montra prêt à préparer le chemin pour un autre et était d'accord de servir de référence à des appels téléphoniques. Nous travaillons à présent ainsi pour United Technologies, Lotus Bakeries, mais aussi pour des entreprises pharmaceutiques et immobilières.'Entre-temps, Legal Studio est active dans septante pays de par le monde. 'Par l'entremise d'une entreprise minière française, nous avons gagné l'Asie et à partir de là, tout s'est accéléré', affirme Corveleyn. 'L'Amérique du Sud a suivi et aujourd'hui, nous sommes occupés sur nos premiers projets en Afrique. Cela demande du reste toujours une solide phase d'études, car chaque pays possède sa propre réglementation et d'autres procédures pour les mêmes processus. Tout cela doit aussi être intégré à notre plate-forme.'Le fait que les Etats-Unis soient explicitement absents de l'énumération faite par Corveleyns n'est pas une omission fortuite. Nous sommes actifs au Canada et au Mexique, mais aux Etats-Unis, nous ne répondons présent qu'à la demande formelle du client. Cela est avant tout dû au fait que beaucoup d'entreprises disposent déjà d'un siège dans ce pays et d'un vaste service juridique propre, mais aussi au fait que les processus professionnels y sont nettement plus simples, ce qui fait qu'il y a moins besoin de notre solution. C'est ainsi par exemple que dans l'état de Californie, il n'y a pas de registre de commerce. De plus, il existe sur ce marché deux grands acteurs data technologiques, à savoir Diligent Corporation et Computershare, qui occupent le terrain. Le face à face est impossible. Nous y misons donc davantage sur le service.'Legal Studio est rentable depuis le premier jour. Elle a enregistré l'année dernière un chiffre d'affaires d'un million et demi d'euros et envisage à présent d'accomplir le pas suivant. 'Avec une version automatisée, KLEA Collaborate, nous voulons aussi rendre notre solution accessible aux plus petites entreprises', ajoute Corveleyn. 'Nous continuons d'utiliser comme base l'axe Paris-Bruxelles-Amsterdam, où sont établis plus qu'assez de sièges d'entreprises constituant pour nous un très bon vivier.'Il n'empêche que Corveleyn sent que sur le marché LegalTech, une accélération se précise: 'Nous pourrions sereinement progresser grâce à nos propres forces. Nous n'avons pas encore eu besoin de plus d'une phase angel investors nous apportant moins de 250.000 euros, mais si nous voulons continuer de précéder les évolutions en cours, nous devrons miser sans cesse sur le développement, ce qui nécessite de l'argent supplémentaire. Il devrait alors s'agir plutôt de capital-risque ou de smart money, ce qui pourra par exemple aussi nous amener de l'expérience dans la vente.'