Slack existe depuis 2013 et a durant cette période collecté 85.000 clients payants avec ce qui est en substance un service de clavardage (chat) bureautique. Dix millions de personnes utilisent la plate-forme chaque jour, dont la moitié aux Etats-Unis. Starbucks, Panasonic et SAP notamment font communiquer leurs équipes avec ce service de messagerie. Durant sa brève histoire, Slack a jusqu'à présent recueilli 1,2 milliard de dollars dans le cadre de plusieurs phases de capitalisation. Selon les analystes, l'entreprise a à présent une valeur marchande de quelque 7 milliards de dollars.

Pour son entrée en bourse, elle a du reste choisi un trajet non traditionnel. Au lieu de proposer à l'avance des actions à prix fixe à des investisseurs, elle entend permettre aux investisseurs existants de vendre directement leurs actions à la bourse. Ce faisant, les investisseurs précoces et les collaborateurs de l'entreprise auront la possibilité de se voir rétribuer.

Spotify avait utilisé une méthode similaire l'année dernière. Cette méthode consiste à contourner les banques d'investissement traditionnelles (et leurs coûteux honoraires) et permet d'aller plus vite en besogne. Slack a déjà déposé un dossier auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), alias le contrôleur boursier américain. La SEC doit à présent contrôler les finances de l'entreprise, avant de rendre publique cette entrée à la bourse.

L'on s'attend à ce que Slack représente l'une des plus importantes entrées à la bourse de l'année, mais elle ne sera, et de loin, pas la seule. Airbnb, Pinterest, la firme de traitement massif de données Palantir, Uber et Lyft entre autres souhaiteraient en effet faire de même en 2019.