Sharp, l'un des principaux producteurs électroniques au monde, mise ces derniers temps nettement sur les écrans interactifs et le bureau intelligent. Pensons par exemple à l'affichage dynamique (digital signage) et aux écrans pour salles de réunion. Le Windows Collaboration Display s'inscrit parfaitement dans cette stratégie, même s'il s'agit ici d'un produit haut de gamme.

Pour démontrer les capacités de son nouvel écran et de sa caméra incorporée, Sharp a organisé une conférence reliant des salles dans toute l'Europe. Tout cela avait un air très festival 'Eurovision de la chanson' ("Italy, can you hear me?"), mais le message était clair: il s'agit d'un appareil conçu pour faciliter les réunions, en ce compris les télétravailleurs et les bureaux satellites. L'entreprise espère ainsi s'emparer d'une part du gâteau que représente la tendance vers davantage de travailleurs à domicile.

'Plug-and-play'

L'écran tactile se caractérise par une résolution 4K de 3.840 x 2.160 pixels et par une diagonale d'écran de 70 pouces. Un tableau blanc est prévu, sur lequel il est possible de dessiner au moyen d'un stylet spécial. L'appareil reconnaît aussi votre doigt, afin que vous puissiez par exemple aller de l'avant dans une présentation en balayant le côté de l'écran. Une caméra 4K et 4 micros incorporées doivent permettre les réunions à distance.

Comme le nom l'indique, l'écran supporte Windows et plusieurs services dans le nuage, tels Microsoft Teams. L'objectif ici est de limiter la pause technique caractérisant nombre de réunions. Avec un connecteur USB de type C, vous devriez pouvoir y brancher facilement votre ordinateur portable ou tablette, afin d'obtenir directement un écran partagé et d'ouvrir rapidement vos logiciels les plus utilisés sur l'écran interactif. La connexion sans fil est également possible avec un ordinateur portable, voire avec un smartphone (à condition de disposer de l'appli ad hoc). Des fonctions Windows 10, comme l'établissement d'une connexion à un écran sans fil, doivent aussi permettre à l'un ou l'une de vos collègues d'effectuer aisément sa présentation sur grand écran, sans quitter sa chaise.

L'objection numéro un à faire à ces fonctions 'plug-and-play', c'est qu'elles sont faites pour Windows 10. "L'écran est certes compatible avec la norme Thunderbolt 3 utilisée par les Mac, mais il a bel et bien été conçu en pensant à Windows 10", déclare Ronald Huijbregts de Sharp Electronics Benelux à ce propos. "Tous les pilotes pour Windows y sont donc intégrés. Pour les Mac, la connexion fonctionne certes, mais il vous faudra peut-être encore adapter quelques paramètres."

Meilleure qualité de l'air ambiant

L'une des fonctions les plus étonnantes de cet appareil, c'est le capteur IoT situé tout en haut de l'écran. Il enregistre notamment l'humidité de l'air, la température, le nombre de personnes présentes, les éléments lumineux et la qualité de l'air. Voilà qui devrait rendre les réunions plus productives. L'idée sous-jacente, c'est qu'un manque d'oxygène ou qu'une salle trop chaude font en sorte que les personnes présentes ne font plus attention. Le capteur pourrait donc être utilisé pour conseiller d'ouvrir une fenêtre en temps voulu.

Dans le plus pur style 'smart office' (bureau connecté), le Windows Collaboration Display transfère également les données de son capteur IoT vers l'Azure Cloud, où elles sont introduites dans un programme d'analytique de Sharp même. Ce dernier peut ensuite être utilisé pour, disons, mesurer le degré d'occupation des salles de réunion, ou il peut être éventuellement relié à d'autres services connectés, comme le conditionnement d'air, le chauffage ou l'éclairage. De cette manière, il serait possible de calculer en combien de temps une salle de réunion avec 10 personnes devient un véritable sauna, et de paramétrer ensuite l'airco pour qu'il entre automatiquement en action au moment opportun.

Prix

Le Windows Collaboration Display revient à 7.750 € sans le pied, mais avec la caméra et les capteurs IoT. Lors de l'achat d'un tel écran, Sharp fournit une licence pour la plate-forme Azure, où les données des capteurs IoT peuvent être transférées. Cette licence sera gratuite pendant les 90 premiers jours, puis deviendra payante. Les prix pour l'Europe ne sont pas encore finalisés, mais comptez une quinzaine d'euros par mois et par appareil.