Selon l'entreprise technologique, il y aurait aujourd'hui dans notre pays plus de cinq mille places vacantes pour des personnes ayant une formation SAP. Trouver des candidats pour ces cinq mille postes à pourvoir, c'était un peu trop ambitieux, a-t-on dû estimer chez SAP. L'entreprise lance donc à présent le '1.000 jobs project' dans le but d'occuper mille postes de travail d'ici fin 2021.

On sait depuis des décennies déjà qu'il y a une carence de profils technologiques. Mais SAP croit pouvoir trouver la parade au prix de quelques efforts supplémentaires. La promesse: trouver rapidement un travail bien rémunéré. "Nous-mêmes, nous observons que des personnes de soixante ans, ou moins, ayant un profil technologique trouvent un emploi une semaine après leur certification", déclare Alain Georgy, managing director de SAP Belgique et Luxembourg.

Selon l'entreprise, 98 pour cent des candidats porteurs d'un certificat SAP trouvent dans le mois un emploi avec, en général, un salaire de 50.000 euros par an, plus des avantages extra-légaux. "Ce sont des emplois de qualité qui sont en outre à durée indéterminée. Ces gens ne seront plus jamais sans travail", affirme Georgy, dont la société-mère annonçait la semaine dernière encore une vaste vague de licenciements.

Mais soyons clairs, il ne s'agit pas d'emplois chez SAP même, mais bien chez plus de mille entreprises belges qui nécessitent des consultants, 'enterprise architects' et spécialistes en transformation numérique.

Formation

La clé pour trouver les mille nouveaux collaborateurs tient en un mot: formation. SAP entend former les personnes intéressées, conjointement avec plusieurs partenaires (les organisations de formations et d'offres d'emploi Forem, Actiris Bruxelles, VDAB et autres comme Accenture, Capgemini, Delaware, Deloitte, Flexso et SOA People).

"La plupart des formations durent une cinquantaine de jours ouvrables. Elles abordent les processus business que nous implémentons dans les entreprises, elles apprennent à configurer des logiciels ou à mettre en oeuvre un processus financier." Tous les partenaires participants investissent dans la formation.

Pas des profils IT

Le projet recherche explicitement en dehors des profils IT classiques d'ingénierie civile ou d'informatique appliquée. Quiconque a étudié la psychologie ou l'histoire de l'art et ne trouve pas d'emploi dans cette branche, doit savoir qu'il y a un avenir (bien payé) chez SAP.

"Beaucoup de gens ignorent l'existence d'une telle opportunité. Quelqu'un qui a décroché un diplôme en histoire de l'art, ne sait souvent pas qu'il y a chez nous des emplois à pourvoir. Il doit tenter sa chance", prétend Georgy.

Les formations sont annoncées par les organisations d'offres d'emploi aux sans emploi, mais il existe aussi une collaboration avec l'enseignement supérieur. PXL, l'Université de Liège et l'Artevelde Hogeschool notamment y prennent part. Il nous faut cependant apporter ici la nuance, selon laquelle ce genre de formation est gratuite pour les sans emploi, mais quelqu'un qui a un travail et qui souhaite améliorer son rendement avec des compétences SAP, doit verser 850 euros, voire plus.

On ne sait cependant pas quel pourcentage de chômeurs sans connaissance technique ou d'étudiants n'ayant pas suivi une filière technologique s'intéressent à un tel changement de carrière.

Rotation

Tant SAP que les partenaires participants insistent sur la nécessite d'une main d'oeuvre supplémentaire pour l'économie et sur la facilité avec laquelle un emploi peut être trouvé. Mais au fait, quel pourcentage de collaborateurs SAP continue-t-il à travailler pour l'entreprise au bout de quelques années? On se souvient récemment encore du témoignage d'un ex-consultant à propos de la 'cage SAP dorée' avec ses bons salaires, mais aussi ses horaires de travail chargés et ses distances à parcourir.

Les chiffres à propos de la rotation du personnel ne sont pas communiqués. On sait cependant que pour un trajet de formation chez Bruxelles Formation, quelque 80-85 pour cent restent chez SAP à long terme. Une forte rotation du personnel est démentie avec force: "Il y a toujours des incompatibilités, mais nous ne constatons nous-mêmes que peu de décrochages", affirme Raf Alexander, managing partner chez Flexso. "La personne qui y atteint dix années d'ancienneté, ne s'en va plus. Au cours des deux premières années, il y a bien entendu la découverte, mais nous aspirons à assurer des emplois à longue durée."

"Ceux qui partent, rejoignent souvent un client qu'ils ont appris à connaître lors d'une mission de consultance", ajoute encore Alain Georgy (SAP). "Mais ils continuent à faire du SAP."