Backpage est un site de petites annonces entre-temps disparu, qui avait la sinistre réputation de proposer des enfants notamment. Ses fondateurs ont été arrêtés l'année dernière pour avoir facilité la prostitution et le blanchiment d'argent. Le lien avec Salesforce est à mettre sur le compte du logiciel que l'entreprise avait fourni au site pour lui assurer un fonctionnement fluide.

Une cinquantaine de femmes, qui se présentent comme des victimes d'abus et de traite d'êtres humains, ont introduit contre l'entreprise une plainte, dans laquelle elles indiquent que Salesforce.com n'a pas effectué les contrôles circonstanciés qui s'imposaient, lorsqu'elle accepta Backpage comme client. Des consultants de Salesforce auraient collaboré avec Backpage à la base de données du site de petites annonces et auraient aidé celui-ci à trouver de nouveaux clients. Comme stipulé dans la plainte, des gangs voulaient exploiter des femmes. La collaboration entre Salesforce et Backpage aurait duré jusqu'après 2013, l'année où Backpage fut pour la première fois accusée de faciliter la traite d'êtres humains.

Salesforce.com indique dans un communiqué ne vouloir faire aucun commentaire sur une affaire en cours, mais prendre au sérieux les accusations. "Nous faisons grand cas de l'utilisation éthique et humaine de nos produits", peut-on lire dans le communiqué.

Backpage passe pour être un cas type pour la législation sur les plates-formes. Le site a été notamment utilisé à des fins de prostitution enfantine déguisée et aurait été un important moyen de traite d'êtres humains. Aux Etats-Unis, l'affaire en question a déjà engendré un renforcement de la loi, qui rend les exploitants de plates-formes responsables des messages postés faisant la promotion de la prostitution.