Robo Wunderkind est une jeune entreprise autrichienne que nous avions rencontrée lors du salon IFA. C'est en 2014 que sa cofondatrice Anna Larotska a avec son équipe commencé à plancher sur son kit de construction. "Les trois premières années, nous nous sommes concentrés sur son développement et voilà que nous sommes présents sur le marché depuis trois ans déjà", explique-t-elle à Data News.

"Nous avions observé que la technologie et la robotique pouvaient paraître très intimidantes pour les jeunes enfants. Chez nombre d'entre eux, on trouve aussi le préjugé que programmer, c'est par définition très complexe. Et c'est à cela que nous voulions réagir. Plus tôt on commence dans ce domaine et mieux cela se passe. Peu importe que l'on ait des prédispositions ou pas."

Anna Larotska © Robo Wunderkind

"Nous ciblons le groupe d'enfants âgés de 5 à 10 ans car c'est à cet âge que les enfants apprennent à tenir leur place dans la société et découvrent leurs possibilités. Cela nous a donc paru la meilleure façon de les mettre en contact avec les robots, afin qu'ils s'y familiarisent de manière ludique."

Larotska insiste sur le fait que le kit de construction de son entreprise ne contient pas de mode d'emploi permettant de fabriquer un seul robot. "L'idée a toujours été qu'il fallait quelque chose qui permette de créer à l'envi. Donc pas un robot préconstruit ou pré-planifié. Nous suivons la philosophie de Lego en utilisant des blocs de couleur. Il y a aussi une logique là derrière: chaque catégorie de blocs a sa propre couleur. Pour faire simple, il n'y a pas trop de blocs, mais ils peuvent tous se combiner. Nous disposons même d'éléments compatibles avec les blocs Lego. Il est donc possible de construire un robot ou un appareil avec nos blocs, puis de le combiner à une création Lego."

L'agencement de base du kit existe depuis quelque temps déjà, mais des extensions viennent s'ajouter régulièrement. "C'est ainsi que depuis l'année dernière, il y a un détecteur de lumière, un détecteur de mouvements et une matrice de LED. Et cette année, nous introduirons un capteur capable de suivre les lignes au sol, ainsi qu'un accéléromètre."

De la commande à la programmation

Les blocs de Robo Wunderkind représentent un volet du produit, l'autre étant les applis. C'est ainsi qu'il existe une appli assez simple permettant avec l'aide de lignes et d'instructions faciles à suivre de faire avancer un robot ou une voiture durant quatre secondes, puis de le/la faire pivoter d'un quart de tour, avant de le/la faire de nouveau progresser ou de faire clignoter ses feux. Une autre appli permet de commander votre création en live, à l'instar d'un véhicule téléguidé.

"Depuis cette année, nous proposons aussi une appli supplémentaire permettant de programmer de manière quelque peu 'primaire'", précise encore Larotska. "Il s'agit d'un environnement Scratch, où les codes de couleur de nos blocs ont été adaptés. Nous espérons pouvoir ainsi inciter les enfants à se familiariser simplement avec l'appli de télécommande, après quoi ils pourront aller de l'avant dans l'environnement visuel, afin de piloter leur robot et, à terme, progresser encore dans un environnement de programmation. Pour le robot en tant que tel, nous voulons à l'avenir ajouter davantage de fonctions IoT, par exemple pour les faire réagir aux objets basés sur internet."

Robo Wunderkind © Robo Wunderkind

Larotska insiste sur le fait que Robo Wunderkind n'est pas sciemment un jouet ou du matériel éducatif: "Dans les pays à l'enseignement numérique plus poussé, nous observons davantage d'intérêt de la part des écoles. Dans les autres pays, nous sommes plutôt actifs sur le marché à la consommation. Mais peu importe finalement, puisque notre kit peut aussi bien être utilisé à l'école qu'à la maison."

En Belgique, Robo Wunderkind peut être acheté chez Amazon et Conrad notamment. L'a.s.b.l. flamande Digitale Wolven utilise le kit dans des ateliers scolaires, mais aussi en dehors, afin de familiariser ludiquement les enfants avec la technologie.

Enfin, l'entreprise souhaite également que les créations soient partagées autant que possible pour servir de source d'inspiration. Larotska: "Aujourd'hui, nous disposons de septante heures de programme éducatif sur notre canal YouTube, surtout en allemand pour l'instant. Nous y expliquons par exemple comment réaliser un lapin en combinaison avec des composants Lego et comment le programmer pour qu'il tourne sur lui-même et qu'il réagisse aux obstacles. Aujourd'hui, il y a une école écossaise qui fabrique des animaux robotisés permettant aux élèves de se familiariser avec les bêtes et leur ressenti."

"Nous lançons aussi mensuellement des défis créatifs sur Instagram et mettons à cette occasion les meilleures créations en exergue. Il y a des enfants qui construisent des appareils de cuisine avec nos blocs et capteurs. Ou une machine d'alimentation automatique pour chats. Nous sommes nous-mêmes souvent surpris de leur degré d'inventivité."