Depuis 2015, les utilisateurs peuvent pour chaque message posté sur Facebook cocher qu'il s'agit d'une fausse information. Si d'autres mentions du genre apparaissent, des contrôleurs ('factcheckers') externes vérifient si la plainte est justifiée ou non.

Depuis que Facebook a fait l'objet de critiques à propos de la prolifération de messages factices sur sa plate-forme (ce qui peut impacter des élections par exemple), elle a recours à davantage de contrôleurs. Mais ceux-ci ont aussi toujours plus de travail. Nombre de mentions qu'ils reçoivent, semblent en effet provenir d'utilisateurs qui désignent des messages comme des 'fake news' (désinformation), parce qu'ils ne sont pas d'accord avec leur contenu.

Délester les 'factcheckers'

Voilà pourquoi Facebook attribue un score inférieur aux personnes qui qualifient injustement un grand nombre de messages comme étant de fausses nouvelles. Les 'factcheckers' peuvent dès lors s'intéresser d'abord aux mentions émanant de personnes ayant un score élevé, ce qui réduit leur charge de travail.

L'existence de ce système de score était inconnu jusqu'à tout récemment, puisqu'il a été mis au point l'année dernière, selon The Washington Post. Et le journal de citer Tessa Lyons, en charge chez Facebook de la lutte contre la désinformation. "Si les gens ne rapportaient que des choses qui sont véritablement fausses, notre travail s'en trouverait nettement facilité", explique-t-elle. "Mais les gens font souvent mention de contenus avec lesquels ils ne sont tout simplement pas d'accord."

"L'un des signaux que nous utilisons, c'est la façon dont les gens considèrent les articles qu'ils lisent", affirme Lyons. "Nous pouvons par exemple consacrer plus d'intérêt à une mention de quelqu'un qui a dans le passé déjà considéré une fois et à juste titre un article comme faux qu'à celle de quelqu'un qui désigne quasiment tout comme étant de la désinformation, en ce compris des articles tout à fait corrects."

Transparence?

Le score de fiabilité oscille entre 0 et 1, mais on ne sait pas très bien comment il est attribué exactement. On ne sait pas non plus précisément si tous les utilisateurs de Facebook se voient attribuer ce genre de score. Facebook ne souhaite pas entrer dans les détails, afin d'éviter que des gens maintiennent artificiellement élevé leur score, puis abusent encore du système. Lyons insiste sur le fait que le score n'est pas un indicateur absolu de la fiabilité de quelqu'un, mais ne veut pas révéler quelles autres méthodes l'entreprise utilise encore.

"Le fait qu'on ne sache pas comment on est jugé, n'est pas réjouissant", réagit Claire Wardle, qui a examiné l'impact de la désinformation, au journal The Washington Post. "Mais l'ironie veut que chez Facebook, on ne veuille pas nous préciser de quelle manière précise on nous évalue, afin que ses algorithmes ne puissent être contournés."