Les services d'urgence, composés essentiellement de la police, des pompiers et des ambulances, utilisent Astrid pour leurs appels vocaux. Mais les temps et les besoins changent. La demande en davantage de données et de vidéo croît et à l'avenir, l'input viendra non seulement de personnes, mais aussi de détecteurs ou de médias sociaux. eCall, l'appel d'urgence dans la voiture, est un exemple d'input IoT. "Mais il y aura aussi des captages, des commandes ou des contacts proactifs entre les incidents et le développement de l'intelligence en temps réel", explique Marc De Buyser, CEO d'Astrid, à Data News.
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Les services d'urgence, composés essentiellement de la police, des pompiers et des ambulances, utilisent Astrid pour leurs appels vocaux. Mais les temps et les besoins changent. La demande en davantage de données et de vidéo croît et à l'avenir, l'input viendra non seulement de personnes, mais aussi de détecteurs ou de médias sociaux. eCall, l'appel d'urgence dans la voiture, est un exemple d'input IoT. "Mais il y aura aussi des captages, des commandes ou des contacts proactifs entre les incidents et le développement de l'intelligence en temps réel", explique Marc De Buyser, CEO d'Astrid, à Data News.Mais commençons par le commencement: le ministre de l'intérieur Jan Jambon a annoncé cette semaine lors des Astrid User Days que le réseau d'Astrid sera remplacé par un autre s'appuyant sur les réseaux 4G et 5G des opérateurs télécoms traditionnels. Il s'agit cependant là d'un projet à long terme.Astrid va renoncer à TETRA, mais quand?Christophe Grégoire (COO et directeur Technique & Opérations): "Nous investissons à présent encore pleinement dans le renouvellement du réseau actuel. Il en résulte que TETRA continuera certainement d'être utilisé jusqu'en 2030 et conviendra encore et toujours pour ce qu'on appelle la 'mission critical voice'. Mais il dispose de trop peu de bande passante pour les données. Voilà pourquoi nous disposons aujourd'hui de Blue Light Mobile (un opérateur 3G virtuel d'Astrid, via le réseau Proximus, ndlr) comme solution intermédiaire. Il continuera également d'exister temporairement. Mais d'ici quelques années, il y aura une phase de transition qui durera probablement cinq ans.Grégoire: "Cette alternative était sur le table, mais n'a pas été retenue. Nous avons opté pour un modèle full MVNO, par lequel nous utiliserons le réseau d'accès des opérateurs mobiles, mais en créant un réseau-coeur propre pour la gestion de la communication. Nous gérerons nos abonnés ou permettrons même des appels groupés."Marc De Buyser (CEO): "Ces douze derniers mois, il y a eu une concertation entre le gouvernement et le secteur privé pour voir comment aborder l'avenir conjointement. Il a été conclu que chaque opérateur mobile commercial intégrera des normes dans son software, autorisant les fonctionnalités importantes pour nous. Il s'agit en l'occurrence de communications de groupe, mais aussi de la possibilité de bénéficier d'une priorité sur le réseau. Le gouvernement a ancré le rôle d'Astrid en tant qu'opérateur. Nous, nous allons gagner en importance dans le futur, mais en collaboration avec les acteurs privés pour le réseau."Grégoire: "Les fréquences. Aujourd'hui, Astrid possède ses propres fréquences pour TETRA, mais avec l'arrivée de la 5G, nous allons passer à une nouvelle génération de bandes de fréquences (700 MHz), où normalement, une partie sera réservée à nos services. En concertation avec le gouvernement, les opérateurs et l'IBPT, il a été décidé que nous ne disposerions pas d'un spectre séparé, mais que nous aurions en échange une place sur leur réseau, avec support des appels groupés et du trafic prioritaire."De Buyser: "On passera en revue la couverture - pensons à ce qu'on appelle les zones blanches ('white spots') - et la robustesse. Donc s'il faut prévoir une capacité supplémentaire sous la forme de batteries d'urgence pour les pylônes d'antennes, voire des pylônes en plus pour assurer une couverture partout, c'est le gouvernement qui paiera. Les opérateurs ne peuvent dès lors pas refuser cette offre. S'il se présente une situation du genre forte tempête ou chute de neige et que le courant se coupe, certains pylônes d'antennes ne disposent que d'un backup d'un quart d'heure. Chez nous actuellement, c'est 24 heures."De Buyser: "Il n'existe encore aucune simulation en la matière."Grégoire: "On peut soit déployer un réseau, soit opter pour une synergie avec les opérateurs mobiles. C'est cette dernière option que nous avons choisie. Mais nous partons du principe que cela s'avérera plus économique à terme que d'exploiter nous-mêmes un réseau complet."De Buyser: "Seul, on ne pourrait jamais fournir la même qualité. Nous disposons de plusieurs 'mission critical applications' qu'un acteur commercial ne promotionnerait jamais lui-même. Mais en tant que MVNO, nous pourrons les proposer sur leur réseau."Grégoire: "La transition est prévue au cours des dix prochaines années. Pour l'instant, nous investissons même encore dans notre réseau existant. On abordera le sujet durant cette période ou après. Mais ils pourraient servir pour résoudre les zones blanches dans la couverture mobile. Nous procédons du reste à du partage de sites depuis des années déjà. Notre équipement se trouve sur les pylônes des opérateurs commerciaux et vice versa."Grégoire: "Les services rendus ne vont pas à coup sûr disparaître du jour au lendemain. Les deux systèmes fonctionneront pendant un certain temps côte à côte, jusqu'à ce que TETRA soit progressivement démantelé. Il est probable que nous devrons aussi prévoir des passerelles entre les deux systèmes."De Buyser: "Chaque pays européen effectue actuellement pareil exercice. J'ose même dire qu'en Belgique, on est assez avancé. Il existe à présent déjà une proposition d'arrêté royal à propos de la mission d'Astrid, sur la manière d'aborder les fréquences. Le texte est sur la table, et le débat a déjà eu lieu avec le gouvernement. Le tout s'inscrit dans le cadre européen, et les opérateurs sont d'accord."De Buyser: "Nous ciblons 2030 pour son démantèlement par phases, mais cette date n'est pas fixe en soi. Entre-temps, nous devrons encore investir dans notre actuel réseau de base pour veiller à ce que nous puissions tenir le coup jusqu'à cette date. Nous avons aussi des garanties de nos fournisseurs qu'ils continueront de nous soutenir jusque là."Grégoire: "Il s'agit d'une stratégie 'fill-the-gap'. Notre technologie actuelle a 15 ans d'âge et doit être rénovée. En même temps, la 4G et la 5G doivent encore être standardisées pour les fonctions des services d'urgence. Or ces normes ne voient le jour qu'à présent. Un chevauchement s'avère donc nécessaire, avant que nous puissions compter entièrement sur le réseau mobile des opérateurs. L'investissement que nous consentons à présent, doit préparer notre réseau pour les 15 prochaines années."