1,003 milliard d'euros ont été investis en 2020. Il s'agit là non seulement d'une forte hausse par rapport aux 701 millions d'euros de 2019, mais c'est aussi dix fois plus qu'il y a à peine huit ans d'ici (97 millions d'euros en 2013).

Les principales phases de capitalisation ont concerné UnifiedPost, Collibra et Nyxoah. La plus ancienne entreprise à avoir récolté de l'argent cette année fut Televic. Et la plus jeune fut OVVI Diagnostics qui a été créée cette année encore et a déjà recueilli 18 millions d'euros.

Ces données proviennent d'Omar Mohout, Entrepreneurship Fellow chez Sirris, qui suit depuis des années déjà les investissements consentis dans plus de trois mille entreprises belges. La définition de la startup (jeune pousse) est la suivante: une entreprise de produits numériques (pas de services) évolutive. La biotechnologie et l'innovation hardware n'y sont pas reprises. Quant à la scaleup, c'est une entreprise occupant au moins dix personnes, ayant une filiale à l'étranger et étant passée par une phase de capitalisation de série A d'un montant d'un million d'euros ou plus.

PMV, LRM et Volta Ventures ont été les investisseurs nationaux les plus actifs. Index Ventures, B-to-v Partners et Peak Capital furent les investisseurs étrangers les plus dynamiques. 48 pour cent des investissements étaient de type série B ou ultérieur. 33 pour cent sont à mettre au compte d'une entrée à la bourse (IPO). Les investissements de série A ont représenté 11 pour cent, et les phases de capitalisation d'amorçage 4 pour cent du montant total.

Mohout y voit une impulsion toute particulière. 'La technologie change le monde. Il est possible de développer des applications AI ou de mettre en oeuvre une entreprise mondiale au départ de sa chambre à coucher. La disponibilité de l'informatique dans le nuage ('cloud computing') et de SaaS a conjointement permis d'abaisser le seuil de l'innovation et de l'entreprenariat.' Cela, en combinaison avec des moyens financiers, génère, selon Mohout, une 'forte poussée' vers l'établissement d'un nouveau record.

Corona

L'année record 2020 contraste singulièrement avec la façon confinée dont nous avons vécu cette année. Mais les startups et les scaleups ont elles aussi été impactées. 'Sans le corona, cela aurait été probablement meilleur, non pas au niveau des montants, mais bien à celui du nombre d'entreprises. Le virus touche surtout les investissements précoces, comme les jeunes pousses qui veulent devenir des scaleups. Le nombre d'entreprises ayant fait l'objet d'une phase de capitalisation de série A est cette année de vingt pour cent inférieur. Ces entreprises ont été impactées.'

Mohout établit un parallèle avec les grandes firmes technologiques: 'Facebook, Amazon et Apple en sont sorties plus fortes, alors que les acteurs modestes ont davantage souffert.'

Wallonie

Autre tendance étonnante: les entreprises en Wallonie ont attiré 46 pour cent des investissements contre 33 pour cent pour les flamandes. C'est la première fois que les entreprises wallonnes obtiennent un score supérieur. Mohout apporte ici la nuance que cela est surtout dû à Nyxoah et à UnifiedPost, qui sont toutes deux entrées à la bourse et ont ainsi engrangé pas mal de capital.

'Le Brabant Wallon est très performant. Si on considère l'ancien Brabant, y compris Bruxelles et le Brabant Flamand, on peut dire que c'est une top-région.' La Flandre orientale se défend bien elle aussi. La Hulpe, Bruxelles et Gand sont les villes ayant recueilli le plus de capital.

Un autre facteur qui joue aussi un rôle, c'est le parcours accompli ces dix dernières années. 'Il faut 7 à 10 ans pour qu'une entreprise atteigne une certaine taille. Collibra remonte à 2008, Showpad à 2011: ce sont là des entreprises qui avaient recueilli de l'argent à l'époque et qui sont florissantes aujourd'hui.'

Projets d'entrée à la bourse

A l'époque, une entrée à la bourse n'était pas vraiment la solution pour récolter de l'argent, selon Mohout, alors qu'il en va autrement à présent. 'Si on ne prend pas en compte les entreprises 'biotech' et étrangères cotées à la bourse en Belgique, la dernière véritable entrée à la bourse date de 2010. A présent, on constate que ce phénomène est de nouveau une possibilité. Le climat boursier est bon. Il en résulte que cette option qui avait été ignorée des années durant, donne à présent un 'boost' supplémentaire, lorsque deux entreprises y ont recours.'

Risque

Mais même si notre pays connaît quelques histoires à succès, il n'en reste pas moins vrai qu'il faut surtout viser haut pour pouvoir réussir. Récolter beaucoup d'argent, c'est important, mais cela n'en reste pas moins du capital risque pour des entreprises qui doivent avant tout être dominantes, avant de devenir vraiment rentables.

'Le risque reste élevé. Il y a des entreprises qui ont recueilli 10-20 millions d'euros, qui ont déménagé aux Etats-Unis et s'y sont plantées. Une firme comme Collibra est certes une histoire à succès, mais il y en a d'autres qui ont gaspillé des fortunes à cause d'une expansion ratée.'

'Dans le paysage numérique, c'est souvent le gagnant qui rafle (quasiment) tout (winner takes (almost) all)', affirme-t-il. L'environnement dans lequel une entreprise telle UnifiedPost est active, n'offre pas de l'espace pour cinquante acteurs, mais tout au plus pour trois. Tout comme il n'y a qu'une poignée d'entreprises à fournir des menus à emporter. Pour ce genre d'entreprise, il est extrêmement important d'occuper une position dominante. Il est tout d'abord question de s'étendre, pour ensuite seulement devenir rentable au départ de cette position.'

1,003 milliard d'euros ont été investis en 2020. Il s'agit là non seulement d'une forte hausse par rapport aux 701 millions d'euros de 2019, mais c'est aussi dix fois plus qu'il y a à peine huit ans d'ici (97 millions d'euros en 2013).Les principales phases de capitalisation ont concerné UnifiedPost, Collibra et Nyxoah. La plus ancienne entreprise à avoir récolté de l'argent cette année fut Televic. Et la plus jeune fut OVVI Diagnostics qui a été créée cette année encore et a déjà recueilli 18 millions d'euros.Ces données proviennent d'Omar Mohout, Entrepreneurship Fellow chez Sirris, qui suit depuis des années déjà les investissements consentis dans plus de trois mille entreprises belges. La définition de la startup (jeune pousse) est la suivante: une entreprise de produits numériques (pas de services) évolutive. La biotechnologie et l'innovation hardware n'y sont pas reprises. Quant à la scaleup, c'est une entreprise occupant au moins dix personnes, ayant une filiale à l'étranger et étant passée par une phase de capitalisation de série A d'un montant d'un million d'euros ou plus.PMV, LRM et Volta Ventures ont été les investisseurs nationaux les plus actifs. Index Ventures, B-to-v Partners et Peak Capital furent les investisseurs étrangers les plus dynamiques. 48 pour cent des investissements étaient de type série B ou ultérieur. 33 pour cent sont à mettre au compte d'une entrée à la bourse (IPO). Les investissements de série A ont représenté 11 pour cent, et les phases de capitalisation d'amorçage 4 pour cent du montant total.Mohout y voit une impulsion toute particulière. 'La technologie change le monde. Il est possible de développer des applications AI ou de mettre en oeuvre une entreprise mondiale au départ de sa chambre à coucher. La disponibilité de l'informatique dans le nuage ('cloud computing') et de SaaS a conjointement permis d'abaisser le seuil de l'innovation et de l'entreprenariat.' Cela, en combinaison avec des moyens financiers, génère, selon Mohout, une 'forte poussée' vers l'établissement d'un nouveau record.L'année record 2020 contraste singulièrement avec la façon confinée dont nous avons vécu cette année. Mais les startups et les scaleups ont elles aussi été impactées. 'Sans le corona, cela aurait été probablement meilleur, non pas au niveau des montants, mais bien à celui du nombre d'entreprises. Le virus touche surtout les investissements précoces, comme les jeunes pousses qui veulent devenir des scaleups. Le nombre d'entreprises ayant fait l'objet d'une phase de capitalisation de série A est cette année de vingt pour cent inférieur. Ces entreprises ont été impactées.'Mohout établit un parallèle avec les grandes firmes technologiques: 'Facebook, Amazon et Apple en sont sorties plus fortes, alors que les acteurs modestes ont davantage souffert.'Autre tendance étonnante: les entreprises en Wallonie ont attiré 46 pour cent des investissements contre 33 pour cent pour les flamandes. C'est la première fois que les entreprises wallonnes obtiennent un score supérieur. Mohout apporte ici la nuance que cela est surtout dû à Nyxoah et à UnifiedPost, qui sont toutes deux entrées à la bourse et ont ainsi engrangé pas mal de capital.'Le Brabant Wallon est très performant. Si on considère l'ancien Brabant, y compris Bruxelles et le Brabant Flamand, on peut dire que c'est une top-région.' La Flandre orientale se défend bien elle aussi. La Hulpe, Bruxelles et Gand sont les villes ayant recueilli le plus de capital.Un autre facteur qui joue aussi un rôle, c'est le parcours accompli ces dix dernières années. 'Il faut 7 à 10 ans pour qu'une entreprise atteigne une certaine taille. Collibra remonte à 2008, Showpad à 2011: ce sont là des entreprises qui avaient recueilli de l'argent à l'époque et qui sont florissantes aujourd'hui.'A l'époque, une entrée à la bourse n'était pas vraiment la solution pour récolter de l'argent, selon Mohout, alors qu'il en va autrement à présent. 'Si on ne prend pas en compte les entreprises 'biotech' et étrangères cotées à la bourse en Belgique, la dernière véritable entrée à la bourse date de 2010. A présent, on constate que ce phénomène est de nouveau une possibilité. Le climat boursier est bon. Il en résulte que cette option qui avait été ignorée des années durant, donne à présent un 'boost' supplémentaire, lorsque deux entreprises y ont recours.'Mais même si notre pays connaît quelques histoires à succès, il n'en reste pas moins vrai qu'il faut surtout viser haut pour pouvoir réussir. Récolter beaucoup d'argent, c'est important, mais cela n'en reste pas moins du capital risque pour des entreprises qui doivent avant tout être dominantes, avant de devenir vraiment rentables.'Le risque reste élevé. Il y a des entreprises qui ont recueilli 10-20 millions d'euros, qui ont déménagé aux Etats-Unis et s'y sont plantées. Une firme comme Collibra est certes une histoire à succès, mais il y en a d'autres qui ont gaspillé des fortunes à cause d'une expansion ratée.''Dans le paysage numérique, c'est souvent le gagnant qui rafle (quasiment) tout (winner takes (almost) all)', affirme-t-il. L'environnement dans lequel une entreprise telle UnifiedPost est active, n'offre pas de l'espace pour cinquante acteurs, mais tout au plus pour trois. Tout comme il n'y a qu'une poignée d'entreprises à fournir des menus à emporter. Pour ce genre d'entreprise, il est extrêmement important d'occuper une position dominante. Il est tout d'abord question de s'étendre, pour ensuite seulement devenir rentable au départ de cette position.'