"Nous ne pouvons pas prendre ce risque. Nous avons bien entendu des projets pour la 5G, mais nous attendrons les enchères finales pour vraiment les déployer", déclare Pichon dans une interview accordée à Data News. "Nous avons besoin du spectre complet."

Maintenant qu'un gouvernement de plein exercice est en place, Orange s'attend à ce que ces enchères puissent avoir lieu après l'été de 2021. "En fonction des enchères, un lancement de la 5G pourrait avoir lieu avant la fin de l'année prochaine, et je pense qu'il n'en ira pas autrement chez les autres acteurs."

Proximus a lancé la 5G au printemps déjà, mais on est encore loin d'un réseau national. De plus, l'opérateur limite actuellement surtout son déploiement à la Flandre suite aux protestations en Wallonie.

Pichon, qui a succédé depuis début septembre à Michaël Trabbia au poste de directeur d'Orange Belgium, envisage des projets spécifiques, tels une preuve de concept (proof-of-concept) dans le port d'Anvers, ou des solutions B2B. Dans ce but, l'entreprise utilisera son spectre temporaire.

D'autres réseaux 5G professionnels autonomes sont actuellement une option. Sur le marché professionnel, Orange souhaite débarquer avec la 5G et cible une croissance organique après le rachat de l'intégrateur ICT BKM l'année dernière.

Normes de rayonnement

Mais les enchères ne représentent pas le seul obstacle. Le débat relatif aux normes de rayonnement en est un autre. C'est ainsi que l'entreprise veut attendre l'issue du procès intenté par Stop5g.be aux licences 5G provisoires.

Il faut également que les pouvoirs publics fassent la transparence sur ces normes. A Bruxelles, les normes de rayonnement sont trop strictes que pour déployer la 5G. La situation est délicate aussi en Wallonie. Data News avait parlé cet été avec le CTO de Proximus, Geert Standaert, qui signala que même en Flandre, les normes devaient changer. C'est ainsi qu'en raison de nouvelles techniques comme le filtrage spatial ('beamforming'), le rayonnement n'est pas une constante, mais peut parfois fluctuer vers le haut ou vers le bas. Rien n'est actuellement prévu à ce sujet dans la réglementation.

Le débat à propos du rayonnement doit d'abord être aplani et des enchères doivent être organisées. Ce n'est qu'ensuite que nous pourrons nous lancer pleinement. Nous avons besoin des deux

"Je suis d'accord avec lui", affirme Pichon. " Le débat à propos du rayonnement doit d'abord être aplani et des enchères doivent être organisées. Ce n'est qu'ensuite que nous pourrons nous lancer pleinement. Nous avons besoin des deux."

Quant à savoir si Orange accusera ainsi du retard, Pichon s'abstient de tout commentaire. "Nous sommes une partie du Groupe Orange, où la 5G a déjà été lancée, ce qui fait que nous ne manquons pas d'expérience en la matière." Il se fait fort en outre que les nouveaux services via la 5G seront intéressants dans un premier temps pour le marché professionnel. "Ce n'est que quand tout sera bien clair que les consommateurs montreront davantage d'intérêt", prétend-il.

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Broadband-only'

En tant que CEO frais émoulu, Pichon ne dévoile pas encore trop son jeu. Pour l'avenir d'Orange, il fait cependant observer que la marque n'est pas encore pleinement exploitée et qu'il s'agira d'envisager ce qu'il appelle des "bold and iconic moves", sans vouloir entrer dans les détails. Il accepte de révéler néanmoins que cela pourrait être des produits ou services qui sont à présent déjà déployés par Orange dans d'autres pays.

Xavier Pichon, Belga
Xavier Pichon © Belga

Un abonnement internet fixe sur base de la 5G fait partie des possibilités. "Au début surtout, le réseau aura pas mal de capacité qui pourra être utilisée dans ce but, une sorte de 5G à la maison. Mais il est trop tôt pour en parler concrètement." Aujourd'hui, Orange propose déjà son Flybox (150 Go/mois via la 4G), comme alternative à l'internet fixe.

Ce qui est prévu à coup sûr par contre, le mois prochain déjà, c'est un abonnement 'fixed-only' par le câble. Un souhait de son prédécesseur Michaël Trabbia ciblant les 'cordcutters' (coupeurs de cordon), à savoir les personnes ne voulant pas d'un abonnement TV.

Hausses de prix?

Trabbia avait avec Orange insisté à plusieurs reprises sur le fait qu'il n'y aurait pas de hausses de prix. C'était en quelque sorte une réaction à la tradition Telenet qui le fait régulièrement. Ici non plus, Pichon ne souhaite pas encore dévoiler ses cartes. Ce n'est pas à l'ordre du jour, même si cela dépendra en partie aussi des prix de gros qu'Orange paie pour le câble.

Nos prix n'ont pas augmenté depuis trois ans.

"Il a tenu sa promesse, et nos prix n'ont pas augmenté depuis trois ans. Mais cela va dépendre en grande partie des prix de gros au niveau du câble." Ces montants qu'Orange paie pour avoir accès au câble de Telenet, Voo ou Brutélé, ont récemment diminué, mais moins que ce qu'Orange avait demandé au régulateur. En 2023, ils pourraient être revus.

Le nouveau CEO est en tout cas enthousiaste à propos de la qualité du réseau fixe belge: "Nous ne sommes peut-être pas ravis des tarifs, mais le réseau câblé est excellent, ce qui n'est pas toujours le cas ailleurs dans le monde. Ce fut une surprise à mon arrivée en Belgique. Il en va de même du reste du réseau DSL."

"Nous ne pouvons pas prendre ce risque. Nous avons bien entendu des projets pour la 5G, mais nous attendrons les enchères finales pour vraiment les déployer", déclare Pichon dans une interview accordée à Data News. "Nous avons besoin du spectre complet."Maintenant qu'un gouvernement de plein exercice est en place, Orange s'attend à ce que ces enchères puissent avoir lieu après l'été de 2021. "En fonction des enchères, un lancement de la 5G pourrait avoir lieu avant la fin de l'année prochaine, et je pense qu'il n'en ira pas autrement chez les autres acteurs."Proximus a lancé la 5G au printemps déjà, mais on est encore loin d'un réseau national. De plus, l'opérateur limite actuellement surtout son déploiement à la Flandre suite aux protestations en Wallonie.Pichon, qui a succédé depuis début septembre à Michaël Trabbia au poste de directeur d'Orange Belgium, envisage des projets spécifiques, tels une preuve de concept (proof-of-concept) dans le port d'Anvers, ou des solutions B2B. Dans ce but, l'entreprise utilisera son spectre temporaire.D'autres réseaux 5G professionnels autonomes sont actuellement une option. Sur le marché professionnel, Orange souhaite débarquer avec la 5G et cible une croissance organique après le rachat de l'intégrateur ICT BKM l'année dernière.Mais les enchères ne représentent pas le seul obstacle. Le débat relatif aux normes de rayonnement en est un autre. C'est ainsi que l'entreprise veut attendre l'issue du procès intenté par Stop5g.be aux licences 5G provisoires.Il faut également que les pouvoirs publics fassent la transparence sur ces normes. A Bruxelles, les normes de rayonnement sont trop strictes que pour déployer la 5G. La situation est délicate aussi en Wallonie. Data News avait parlé cet été avec le CTO de Proximus, Geert Standaert, qui signala que même en Flandre, les normes devaient changer. C'est ainsi qu'en raison de nouvelles techniques comme le filtrage spatial ('beamforming'), le rayonnement n'est pas une constante, mais peut parfois fluctuer vers le haut ou vers le bas. Rien n'est actuellement prévu à ce sujet dans la réglementation."Je suis d'accord avec lui", affirme Pichon. " Le débat à propos du rayonnement doit d'abord être aplani et des enchères doivent être organisées. Ce n'est qu'ensuite que nous pourrons nous lancer pleinement. Nous avons besoin des deux."Quant à savoir si Orange accusera ainsi du retard, Pichon s'abstient de tout commentaire. "Nous sommes une partie du Groupe Orange, où la 5G a déjà été lancée, ce qui fait que nous ne manquons pas d'expérience en la matière." Il se fait fort en outre que les nouveaux services via la 5G seront intéressants dans un premier temps pour le marché professionnel. "Ce n'est que quand tout sera bien clair que les consommateurs montreront davantage d'intérêt", prétend-il.'En tant que CEO frais émoulu, Pichon ne dévoile pas encore trop son jeu. Pour l'avenir d'Orange, il fait cependant observer que la marque n'est pas encore pleinement exploitée et qu'il s'agira d'envisager ce qu'il appelle des "bold and iconic moves", sans vouloir entrer dans les détails. Il accepte de révéler néanmoins que cela pourrait être des produits ou services qui sont à présent déjà déployés par Orange dans d'autres pays.Un abonnement internet fixe sur base de la 5G fait partie des possibilités. "Au début surtout, le réseau aura pas mal de capacité qui pourra être utilisée dans ce but, une sorte de 5G à la maison. Mais il est trop tôt pour en parler concrètement." Aujourd'hui, Orange propose déjà son Flybox (150 Go/mois via la 4G), comme alternative à l'internet fixe.Ce qui est prévu à coup sûr par contre, le mois prochain déjà, c'est un abonnement 'fixed-only' par le câble. Un souhait de son prédécesseur Michaël Trabbia ciblant les 'cordcutters' (coupeurs de cordon), à savoir les personnes ne voulant pas d'un abonnement TV.Trabbia avait avec Orange insisté à plusieurs reprises sur le fait qu'il n'y aurait pas de hausses de prix. C'était en quelque sorte une réaction à la tradition Telenet qui le fait régulièrement. Ici non plus, Pichon ne souhaite pas encore dévoiler ses cartes. Ce n'est pas à l'ordre du jour, même si cela dépendra en partie aussi des prix de gros qu'Orange paie pour le câble."Il a tenu sa promesse, et nos prix n'ont pas augmenté depuis trois ans. Mais cela va dépendre en grande partie des prix de gros au niveau du câble." Ces montants qu'Orange paie pour avoir accès au câble de Telenet, Voo ou Brutélé, ont récemment diminué, mais moins que ce qu'Orange avait demandé au régulateur. En 2023, ils pourraient être revus.Le nouveau CEO est en tout cas enthousiaste à propos de la qualité du réseau fixe belge: "Nous ne sommes peut-être pas ravis des tarifs, mais le réseau câblé est excellent, ce qui n'est pas toujours le cas ailleurs dans le monde. Ce fut une surprise à mon arrivée en Belgique. Il en va de même du reste du réseau DSL."