Une plainte de groupe déposée à l'encontre d'Oracle affirme que l'entreprise verse en moyenne 13.000 dollars par an en moins à ses employées qu'à ses employés et ce, pour le même travail. D'une analyse des salaires dans l'entreprise, il ressort que le salaire de base des femmes est en moyenne 3,8 pour cent inférieur à celui des hommes dans la même catégorie professionnelle. La principale différence réside toutefois dans les primes et les options sur actions: les femmes reçoivent en moyenne 13,2 pour cent de primes en moins et 33,1 pour cent d'actions en moins.

"Le seul facteur pouvant expliquer cet écart, c'est le fait d'être une femme", explique Jim Finberg, l'avocat en charge de la plainte, qui avait précédemment déjà intenté un procès similaire à l'encontre de Google. Avec cette plainte de groupe, il entend cette fois réunir plus de 4.200 femmes, dont certaines occupent depuis 2013 des fonctions en développement de produits, IT et maintenance chez Oracle. Il initia cette affaire, après que le ministère américain du travail ait précédemment déjà examiné des plaintes identiques visant Oracle.

La plainte est étayée par une analyse réalisée par David Neumark, professeur à l'UC Irvine. Ce dernier est arrivé à la conclusion que les femmes sont moins payées et ce, même si elles travaillent au même endroit, effectuent le même travail, possèdent autant d'expérience et obtiennent des scores de rendement aussi élevés que leurs collègues masculins. Selon Neumark, la chance que cela soit le fruit du hasard, est inférieure à une sur un milliard. Oracle enfreindrait ainsi l'Equal Pay Act, une loi antidiscriminatoire en vigueur dans l'état de Californie, où l'entreprise a son siège central.

Même si la majeure partie de la différence de rétribution réside dans les primes et les options sur actions, il apparaît quand même que les salaires de base affichent un écart de 3,8 pour cent en moyenne. Selon Neumark, cela est en grande partie dû à la procédure de recrutement chez Oracle, laquelle a entre-temps vraiment changé. Jusqu'en octobre 2017, l'entreprise se basait sur le salaire que le travailleur recevait chez son employeur précédent. Cette pratique fut cependant légalement interdite en janvier 2017 en Californie, précisément parce qu'elle était souvent utilisée pour minimiser les écarts entre les salaires des hommes (blancs) et des femmes ou des minorités.