Nous aurions pu nous contenter d'un 'Moins de salon, plus d'Oktoberfest', mais ce serait trahir la vérité. Certes, le volet divertissement était omniprésent. Podiums avec des orchestres, roue géante de SAP, surf sur l'eau avec Intel et nous en passons. Pas vraiment de lien avec un salon technologique allemand.
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Nous aurions pu nous contenter d'un 'Moins de salon, plus d'Oktoberfest', mais ce serait trahir la vérité. Certes, le volet divertissement était omniprésent. Podiums avec des orchestres, roue géante de SAP, surf sur l'eau avec Intel et nous en passons. Pas vraiment de lien avec un salon technologique allemand. Le CeBIT est-il dès lors toujours pertinent ? Ce qui fut le plus grand salon technologique d'Europe, avec en 2004 à peine moins d'un demi-million de visiteurs, a dû se contenter l'an dernier de 200.000 personnes. En son temps, les chambres d'hôtel de Hannove étaient les plus chères du pays durant le salon, alors qu'il était encore possible de trouver des chambres cette année. Ces éléments ne disent évidemment rien sur la qualité de l'événement. Sur le plan de la 'gründlichkeit' allemande, rien à redire. Les halles d'exposition étaient scindées par thème, les trams en direction du salon étaient nombreux et, alors que nous devions voici 6 ans encore nous glisser parmi la foule, il est désormais possible de visiter l'ensemble du CeBIT. A condition certes de disposer de bonnes chaussures. Il n'empêche que la grande majorité des acteurs sont présents. Huawei, l'un des principaux sponsors et par ailleurs partenaire de l'événement, disposait d'un stand où un plan de rues spécifique était nécessaire pour s'y retrouver. Et un peu plus loin, différents prestataires de services IT allemands, roumains et chinois. De même, plusieurs sociétés belges avaient posé leurs valises à Hannovre. Ainsi, la gantoise WayLay est présente depuis 2015 déjà sur le CeBIT et est présente sur 2 à 3 salons par an. " On constate certes une baisse ces dernières années. Pour notre part, nous considérons qu'il s'agit surtout d'un salon régional pour la zone DACH [Deutschland, Austria, Confédération helvétique, NDLR], outre quelques sociétés néerlandaises et danoises. " Mais Piet Vandaele, CEO de WayLay n'entend certainement pas faire l'impasse. " Evidemment, le salon attire encore de très nombreuses personnes et cette région reste un acteur extrêmement important dans l'IoT. Ces dernières années, nous avons noué ici quelques premiers contacts importants et signé quelques beaux contrats. Dès lors, notre présence reste justifiée. En fait, cela dépend surtout de la qualité des visiteurs. Le nombre de visiteurs de passage reste faible, ce que nous entendons d'autres exposants également, tandis que nous rencontrons certains profils de haut niveau que nous n'aurons autrement pas pu contacter, tandis que certains visiteurs se rendent au préalable sur notre site Web. Du coup, il s'agit pour nous d'un salon intéressant. " La louvaniste N-Auth de création relativement récente fait ici ses premiers pas à l'international pour présenter sa technologie d'authentification, mais n'évoque pas un raz-de-marée. " Nous ne sommes pas vraiment submergés de visites, confie-t-on. Le nombre de visiteurs est clairement à la baisse et, en dépit de l'heure d'ouverture tardive [le salon est désormais accessible 1 h de plus, soit jusqu'à 19 h, tandis que programme nocturne s'étend plus tard dans la soirée, NDLR], la plupart des visiteurs quittent en fin d'après-midi déjà. " Smappee, qui avait pour la première fois un stand au CeBIT, a une vision différente. " Pour nous, le CeBIT est le CES européen. Nous étions présents en janvier à Vegas et avons constaté que les décideurs étaient présents pour s'informer des tendances. Après quoi ils s'intéressent au pendant du CES en Europe et visitent donc le CeBIT. Pour nous, il s'agit d'une première expérience, mais les salons allemands ont une bonne réputation et la région DACH représente même pour nous un débouché important. L'Allemagne et la Suisse sont d'ailleurs très dynamiques. Nous pouvons donc avoir une vue globale sur l'Europe, mais également sur la région ", explique Stefan Grosjean, CEO. Et de nuancer la baisse de fréquentation. " Ce n'est pas la quantité, mais la qualité. Un seul gros client peut faire la différence. Supposez que Deutsche Telekom nous contacte demain pour intégrer notre offre dans une solution de maison intelligente, notre présence aura été un succès. " Vers la fin du salon pourtant, Smappee nous a confié avoir vu moins de personnes que prévu. Mais la qualité était au rendez-vous. " Selon nous, l'organisation est parvenue à attirer des visiteurs professionnels et moins de badauds. De même, le rapport entre Allemands et internationaux est assez satisfaisant. Même si l'on estime qu'il s'agit environ de 50/50, nous avons eu environ 1/3 de visiteurs allemands sur notre stand, contre 2/3 provenant de l'international, notamment des Etats-Unis et de l'Asie. " Globalement donc, force est de reconnaître que la nouvelle formule du CeBIT n'est pas un immense succès, même si le concept reste séduisant. Cela peut apparaître comme un détail, mais le choix de juin a permis un temps meilleur et une moins grande concurrence avec le MWC de Barcelone. Le salon permet de prendre le pouls de la technologie européenne, tandis que l'organisation d'événements périphériques à l'extérieur des halls constitue une agréable surprise. Ceux-ci n'attirent-ils pas des visiteurs qui ne viennent pas faire des affaires ? Pas vraiment, semble-t-il. C'est ainsi que ces groupes sont partiellement filtrés et se voient proposer des tickets à prix avantageux en fin de salon. Devez-vous visiter l'an prochain le CeBIT de Hannovre ? En tant que visiteur, le salon est un peu plus synoptique et agréable qu'il y a quelques années. Et en tant qu'entreprise, la réponse est plus nuancée. Ciblez-vous des clients allemands ou de pays limitrophes ? Peut-être devrez-vous être présent. Mais ne vous attendez pas à être spontanément submergés de visiteurs.