Le nouveau propriétaire d'Exact Software est à présent le fonds d'actions KKR. Quel en sera l'impact sur les collaborateurs et les clients

Phil Robinson: Pas très important en fin de compte. Précédemment déjà, nous appartenions à un fonds d'actions privé (Apax Partners, ndlr). Cela signifie que les grands changements ont déjà été effectués ces derniers mois. J'ai moi-même rejoint l'entreprise, il y a dix-huit mois, et j'ai entre-temps adapté notre stratégie.

Pour le personnel, l'impact sera plutôt limité. La principale restructuration a déjà eu lieu. KKR voulait investir dans notre entreprise, parce que tout y allait très bien ces douze derniers mois et qu'il y voyait un avenir tout tracé. KKR croit en l'équipe, en la direction et dans le projet.

Exact Software a toujours été un produit à succès au Benelux, et le projet était jusqu'il y a peu de l'étendre au niveau international, mais cela n'a pas marché. Nous avons donc changé notre fusil d'épaule il y a douze mois environ. Notre principal marché a toujours été le Benelux, et la nouvelle stratégie consiste à nous ancrer davantage encore aux Pays-Bas et en Belgique. Nous voulons être un 'national champion provider', le plus important fournisseur dans ces pays. Nous envisageons encore une forte croissance en Belgique par exemple. Nous y sommes connus certes, mais nous n'y occupons pas encore la même position qu'aux Pays-Bas.

Comment comptez-vous continuer de progresser dans un secteur où vous êtes déjà le numéro un du marché?

Robinson: 6.700 bureaux comptables utilisent notre produit 'cloud', pour gérer les finances de 400.000 entreprises en tout. Nous possédons certes une position de force, mais il y a encore 3,2 millions d'entreprises potentielles. De plus, nous voulons nous ancrer davantage encore dans ces pays.

Qu'est-ce que cela signifie?

Robinson: Nous avons observé que sur ces 400.000 entreprises, 390.000 sont gérées par le comptable, en interne, sans que le client n'y soit lié. Il y a donc encore des possibilités. Nous entendons offrir aux PME les outils leur permettant d'intervenir elles-mêmes auprès de leur comptable.

Le marché des logiciels comptables est plutôt lent sur le plan de la numérisation, mais au Benelux, la concurrence de startups telles Yuki par exemple ne manque pas. Comment comptez-vous procéder?

Robinson: Yuki et d'autres encore sont spécifiques dans la mesure où ils s'occupent de l'ensemble de la comptabilité. Pour les utiliser, il faut donc s'y connaître en grand livres, double comptabilité, etc. Mais certaines PME n'ont pas cette connaissance. Elles ne veulent pas s'en occuper car elles ont un comptable qui le fait pour elles. Mais elles souhaitent par contre avoir la possibilité d'envoyer une facture ou de retirer un accusé de réception à partir d'une appli.

Voilà pourquoi nous allons sortir du software plus intuitif, qui pourra également être utilisé par des entrepreneurs sans connaissance comptable. Il s'agit dans ce cas de clients qui possèdent un comptable pour leurs propres finances, mais qui veulent visualiser eux-mêmes des portions de cette comptabilité.

Voulez-vous fournir davantage de produits aux clients existants?

Robinson: Nous entendons fournir davantage de produits aux comptables, mais il y encore aussi pas mal de croissance au niveau des clients potentiels. Sur les 3,2 millions d'entreprises restantes, un million n'utilise aucun logiciel comptable. Elles recourent au papier ou à un tableur. Ce sont ce qu'on appelle des entreprises 'green field'. Si l'on numérise l'économie, on aura alors besoin de logiciels qui s'adapteront très facilement et qui pourront donner aux entreprises une meilleure vision de leur comptabilité. C'est ce que nous voulons atteindre avec cette technologie.