Le géant technologique Microsoft mettra fin le 1er juillet 2020 au programme d'Internal Use Rights pour les revendeurs. Cela pourrait vouloir dire que les 'channel partners', dont les partenaires Gold et Silver et les entreprises ayant acquis l'Action Pack, ne pourraient plus obtenir gratuitement des licences, exception faite pour des fins de développement et des scénarios de test.

Il s'agit là d'un sacré coup asséné sur la tête de quelques très grandes firmes partenaires de Microsoft, qui recourent souvent à des centaines de licences, pour lesquelles elles devront subitement payer. Le fait que cette mesure entre en vigueur l'année prochaine déjà, signifie également que ces entreprises doivent trouver assez rapidement une solution. L'on s'attend à ce pour des raisons de coûts se chiffrant souvent en milliers d'euros par mois, nombre de ces firmes partenaires, qui sont en grande partie dépendantes des logiciels de Microsoft, n'aient d'autre choix que d'augmenter les prix de leurs services.

Trop coûteux

Cette annonce a suscité l'inquiétude, et Toby Richards, general manager en charge du programme au sein du département Commercial Partner, a cette semaine donné davantage d'informations à ce sujet lors d'une session de questions-réponses qui a duré une petite heure.

"Chaque mois, ce sont 9.800 nouveaux partenaires qui adhèrent à ce programme, ce qui fait que le poids des licences de ce dernier s'est mis à nous gêner dans notre capacité à fournir la valeur que nos partenaires 'cloud' attendent de Microsoft", a-t-il affirmé. En d'autres mots, le programme est devenu trop coûteux, précisément parce qu'il s'agit d'un deal avantageux pour beaucoup d'entreprises.

Les firmes qui sont 'Microsoft Gold Partners', versent annuellement un montant de quasiment 5.000 dollars pour disposer de ce statut, alors que les 'Silver Partners' paient quelque 1.600 dollars par an. L'Action Pack, le niveau le plus bas permettant d'obtenir des licences gratuites, démarre à 475 dollars (420 euros environ) par an. Une aubaine quand on fait tourner toute une série de licences. Il n'est dès lors pas étonnant que nombre d'entreprises recherchent cette possibilité. L'idée de supprimer directement cet avantage ne passe cependant pas très bien et se heurte à pas mal d'opposition.

La fin annoncée du réseau des partenaires?

La décision prise s'inscrit dans une tendance plus large, par laquelle Microsoft raffermit sérieusement les règles de son programme de partenaires CSP. L'année dernière déjà, elle avait indiqué que les partenaires devaient proposer au minimum un service partagé, un service IP ou une solution client, afin de conserver leur statut de partenaire direct. Ils devront désormais aussi acheter les logiciels de support chez Microsoft, sous peine de devenir des partenaires indirects.

Dans le cadre de sa session de questions-réponses, Toby Richards signala que l'obtention du statut de compétence Gold et Silver deviendra plus strict pour les partenaires. "Les conditions pour les partenaires Gold sur la 'Cloud Platform', par exemple, passeront de 100.000 dollars en revenus Azure sur douze mois à 300.000 dollars", a-t-il précisé.

Tout cela s'inscrirait dans une stratégie incitant les partenaires à se spécialiser davantage. Ce faisant, l'entreprise touchera le type de revendeur qui dessert surtout le marché des PME, lesquelles souhaitent pourtant souvent avoir à faire à un généraliste.

On s'attend à davantage de détails à ce propos lors de la conférence Inspire de Microsoft qui se tiendra la semaine prochaine à Las Vegas.