Il est question de trois centres de données que l'entreprise envisage de créer dans notre pays. Cela ira de pair avec une grandiose annonce, avec quelques réflexions du premier ministre De Croo et avec l'accent mis sur le fait que cela va accélérer la transformation numérique, créer soixante mille postes de travail et générer 31,5 milliards d'euro de nouvelles rentrées. Il nous faut cependant nuancer très fortement ces affirmations, car tout cela est actuellement encore très virtuel.

Budget, taille et timing inconnus

L'un des trois centres de données sera construit à Bruxelles, mais son emplacement exact ne peut être dévoilé 'pour des raisons de sécurité'. Le fait qu'il y en aura trois n'a même pas été spécifié formellement, mais c'est l'information dont le journal De Tijd a eu connaissance, et ce serait logique en vue de répartir les données sur plusieurs sites dans le cas de la limite des risques.

On ne sait pas non plus ce que Microsoft va réellement investir en Belgique. 'Microsoft ne donne aucun détail spécifique sur le montant de ses investissements dans de nouveaux sites choisis pour ses centres de données.' Il se dit cependant que ce genre d'investissement atteint en général 'des centaines de millions de dollars.'

On ignore aussi quand la Belgique sera opérationnelle. 'Les zones de centres de données de Microsoft représentent des projets d'infrastructures complexes et de grande échelle. Nous vous donnerons davantage de données à ce sujet, dès que nous serons plus avancés dans ce projet', déclare-t-on chez Microsoft. La taille des centres de données n'a pas été communiquée non plus.

Ce mutisme est étonnant dans la mesure où le concurrent Google s'est ces dix dernières années fait un plaisir d'annoncer la construction de centres de données, où ils ont été érigés et combien de centaines de millions d'euros cela a coûté. Récemment, l'entreprise a même révélé avoir acheté des terrains, même s'il n'y a pas encore de plans de construction.

'60.000 emplois et 31,5 milliards d'euros de rentrées'

Ce qui saute en outre aux yeux, c'est que la construction de ces centres de données devrait créer plus de soixante mille emplois directs et indirects, allant de pair avec un flux de rentrées qui ferait le bonheur de pas mal de ministres du budget. Mais ici aussi, il nous faut encore patienter.

Pour cela, Microsoft renvoie à l'analyste de marché IDC qui, commandité et payé par Microsoft, a chiffré le nombre d'emplois que Microsoft, son écosystème et ses clients dans le nuage ajouteront, soit directement, soit indirectement en investissant plus d'argent. Cela revient à 11 millions d'emplois dans le monde et à des dépenses mondiales dans le nuage public qui augmenteront annuellement de vingt pour cent pour passer de 317 milliards de dollars cette année à 809 milliards d'ici 2025.

Loin de nous l'idée de prendre les 'chiffreurs' d'IDC pour des charlatans, mais des nuances s'imposent néanmoins. C'est ainsi que cette étude ne porte absolument pas sur la Belgique, mais esquisse une image mondiale des centres de données de Microsoft, de son adoption du nuage et des dépenses correspondantes. IDC fait aussi observer que cela se fait aux dépens du 'software not cloud'. Tout cela a été converti vers notre pays, probablement sur base de notre adoption actuelle du nuage, de notre infrastructure, de l'emploi et du PIB. Mais le nombre de soixante mille emplois n'apparaît même pas dans l'étude que Data News a pu consulter.

C'est sûr qu'une meilleure infrastructure internet ne peut être que bénéfique pour l'économie, et les centres de données de géants tels Microsoft en sont un composant crucial. Mais si demain, AWS ou Google consentent des efforts similaires, cela va aussi se traduire par des emplois et de la croissance économique.

Pas si unique que cela

Enfin, il convient d'ajouter que notre infrastructure numérique ne connaîtra pas un monde de différence en raison de l'initiative de Microsoft. Nous ne deviendrons pas le phare européen dans le réseau 'cloud' de Microsoft, mais plutôt une petite lampe supplémentaire dans le sapin de Noël. Ce serait certes très intéressant pour les clients belges, spécifiquement ceux qui sont tellement régulés que leurs données ne peuvent être conservées en dehors de nos frontières nationales.

Mais dans la pratique, une entreprise belge peut déjà parfaitement acheter des services 'cloud' chez Microsoft, qui tournent en principe dans les pays voisins. C'est ainsi que depuis 2010, il existe déjà une telle zone aux Pays-Bas, après Francfort en 2019 et Paris depuis 2018. Un centre de données local fait en sorte que les données sont certes plus rapidement disponibles, mais le fait est qu'aujourd'hui, ces données ne doivent pas provenir de l'autre côté de l'Europe.

En résumé, ce serait une bonne nouvelle pour la Belgique que notre pays devienne une zone de centres de données de Microsoft. Mais cette nouvelle s'avère surtout bénéfique pour Microsoft elle-même qui, aujourd'hui, annonce au minimum un centre de données, mais demeure ensuite très vague sur le timing, la taille, les investissements et le nombre d'emplois que cela générera réellement.

Il est question de trois centres de données que l'entreprise envisage de créer dans notre pays. Cela ira de pair avec une grandiose annonce, avec quelques réflexions du premier ministre De Croo et avec l'accent mis sur le fait que cela va accélérer la transformation numérique, créer soixante mille postes de travail et générer 31,5 milliards d'euro de nouvelles rentrées. Il nous faut cependant nuancer très fortement ces affirmations, car tout cela est actuellement encore très virtuel.L'un des trois centres de données sera construit à Bruxelles, mais son emplacement exact ne peut être dévoilé 'pour des raisons de sécurité'. Le fait qu'il y en aura trois n'a même pas été spécifié formellement, mais c'est l'information dont le journal De Tijd a eu connaissance, et ce serait logique en vue de répartir les données sur plusieurs sites dans le cas de la limite des risques.On ne sait pas non plus ce que Microsoft va réellement investir en Belgique. 'Microsoft ne donne aucun détail spécifique sur le montant de ses investissements dans de nouveaux sites choisis pour ses centres de données.' Il se dit cependant que ce genre d'investissement atteint en général 'des centaines de millions de dollars.'On ignore aussi quand la Belgique sera opérationnelle. 'Les zones de centres de données de Microsoft représentent des projets d'infrastructures complexes et de grande échelle. Nous vous donnerons davantage de données à ce sujet, dès que nous serons plus avancés dans ce projet', déclare-t-on chez Microsoft. La taille des centres de données n'a pas été communiquée non plus.Ce mutisme est étonnant dans la mesure où le concurrent Google s'est ces dix dernières années fait un plaisir d'annoncer la construction de centres de données, où ils ont été érigés et combien de centaines de millions d'euros cela a coûté. Récemment, l'entreprise a même révélé avoir acheté des terrains, même s'il n'y a pas encore de plans de construction.Ce qui saute en outre aux yeux, c'est que la construction de ces centres de données devrait créer plus de soixante mille emplois directs et indirects, allant de pair avec un flux de rentrées qui ferait le bonheur de pas mal de ministres du budget. Mais ici aussi, il nous faut encore patienter.Pour cela, Microsoft renvoie à l'analyste de marché IDC qui, commandité et payé par Microsoft, a chiffré le nombre d'emplois que Microsoft, son écosystème et ses clients dans le nuage ajouteront, soit directement, soit indirectement en investissant plus d'argent. Cela revient à 11 millions d'emplois dans le monde et à des dépenses mondiales dans le nuage public qui augmenteront annuellement de vingt pour cent pour passer de 317 milliards de dollars cette année à 809 milliards d'ici 2025.Loin de nous l'idée de prendre les 'chiffreurs' d'IDC pour des charlatans, mais des nuances s'imposent néanmoins. C'est ainsi que cette étude ne porte absolument pas sur la Belgique, mais esquisse une image mondiale des centres de données de Microsoft, de son adoption du nuage et des dépenses correspondantes. IDC fait aussi observer que cela se fait aux dépens du 'software not cloud'. Tout cela a été converti vers notre pays, probablement sur base de notre adoption actuelle du nuage, de notre infrastructure, de l'emploi et du PIB. Mais le nombre de soixante mille emplois n'apparaît même pas dans l'étude que Data News a pu consulter.C'est sûr qu'une meilleure infrastructure internet ne peut être que bénéfique pour l'économie, et les centres de données de géants tels Microsoft en sont un composant crucial. Mais si demain, AWS ou Google consentent des efforts similaires, cela va aussi se traduire par des emplois et de la croissance économique. Enfin, il convient d'ajouter que notre infrastructure numérique ne connaîtra pas un monde de différence en raison de l'initiative de Microsoft. Nous ne deviendrons pas le phare européen dans le réseau 'cloud' de Microsoft, mais plutôt une petite lampe supplémentaire dans le sapin de Noël. Ce serait certes très intéressant pour les clients belges, spécifiquement ceux qui sont tellement régulés que leurs données ne peuvent être conservées en dehors de nos frontières nationales.Mais dans la pratique, une entreprise belge peut déjà parfaitement acheter des services 'cloud' chez Microsoft, qui tournent en principe dans les pays voisins. C'est ainsi que depuis 2010, il existe déjà une telle zone aux Pays-Bas, après Francfort en 2019 et Paris depuis 2018. Un centre de données local fait en sorte que les données sont certes plus rapidement disponibles, mais le fait est qu'aujourd'hui, ces données ne doivent pas provenir de l'autre côté de l'Europe.En résumé, ce serait une bonne nouvelle pour la Belgique que notre pays devienne une zone de centres de données de Microsoft. Mais cette nouvelle s'avère surtout bénéfique pour Microsoft elle-même qui, aujourd'hui, annonce au minimum un centre de données, mais demeure ensuite très vague sur le timing, la taille, les investissements et le nombre d'emplois que cela générera réellement.