Les pouvoirs publics veulent suivre les migrants au moyen du signal de leur GSM

26/11/18 à 13:18 - Mise à jour à 13:17

Source: Datanews

Le projet existe de passer en revue les flux de migrants en pistant le signal de leur GSM. Mais ce faisant, chaque citoyen aux alentours sera lui aussi tracé.

Les pouvoirs publics veulent suivre les migrants au moyen du signal de leur GSM

© Belga

Il s'agit en l'occurrence d'une idée de Vias, surtout connue pour ses actions en matière de sécurité routière, mais depuis quelques années aussi active dans le domaine de la sécurité sociale. Au journal De Standaard, l'organisation explique que ce qu'on appelle des appareils fureteurs wifi sont capables de découvrir le code unique d'un GSM, par exemple à la gare de Bruxelles-Nord. Si ce code réapparaît ensuite sur des parkings d'autoroute ou à Calais, les données d'identité peuvent alors être sollicitées auprès de l'opérateur.

Au journal De Morgen, le porte-parole du ministre de l'intérieur, Jan Jambon, annonce que ce projet suscite de l'intérêt et qu'il sera examiné plus avant par la Justice. A ce stade, rien n'a encore été appliqué dans la pratique.

Une cartographie telle que celle-là signifie aussi que quasiment toutes les personnes, qui se trouveront à proximité de la gare du Nord ou sur un parking d'autoroute, seront elles aussi tracées. Ce type d'appareil fureteur ne sait en effet pas à l'avance si ce sont des migrants qui arrivent en train à Bruxelles ou qui s'arrêtent sur un parking d'autoroute.

Le professeur de droit pénal et 'privacy' Gert Vermeulen (UGent) déclare dans De Standaard que ce genre de technique convient pour suivre de vastes groupes de gens (comme par exemple pour déterminer la densité du public dans une rue commerciale, ce qui a déjà eu lieu à Anvers ou à Amsterdam). Mais pas lorsqu'il s'agit d'utilisateurs individuels. "Même si le fureteur ne détecte pas de numéros de GSM, mais uniquement des codes génériques, il est encore et toujours question d'une donnée personnelle unique par laquelle une identité peut être associée à un groupe", conclut le professeur Vermeulen.

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