L'audition a donné la parole à des personnalités académiques et à des acteurs télécoms à propos du déploiement de la 5G et pas uniquement au sujet du rôle joué par Huawei. Selon The Register, le secteur télécom britannique a clairement exprimé sa préférence, malgré le Brexit, pour suivre les recommandations de l'UE au niveau de la réglementation 5G. Huawei elle-même avait apporté la nuance selon laquelle ce genre de réglementation formait une bonne base pour une collaboration internationale.

Un bannissement possible d'Huawei marquerait dans la pratique une réduction de l'offre, étant donné qu'à part l'entreprise chinoise, seules Nokia et Ericsson sont à même de fournir l'infrastructure nécessaire à grande échelle pour le déploiement de réseaux 5G, selon RUSI, une cellule de réflexion britannique en matière de défense et de sécurité existant depuis quasiment deux cents ans déjà.

Les opérateurs mêmes se sont montrés très clairs lors de l'audition. Three, qui est client chez Huawei, évoqua, selon The Register, un "ralentissement inutile" et espère que la Grande-Bretagne prendra dans les plus brefs délais une décision à propos du fabricant télécom chinois.

BT, le numéro un du marché britannique, a répété le commentaire précédemment exprimé par un acteur de cyber-sécurité d'Outre Manche, à savoir que le marché britannique est restreint et ne peut exiger une adaptation globale à lui seul, ce qui fait que ledit marché pourrait ne pas pouvoir ou vouloir déployer la 5G en raison de règles assez strictes."

BT même souhaite conserver Huawei. L'opérateur insiste sur le fait que le gouvernement doit certes contrôler le rôle des acteurs étrangers au sein des entreprises britanniques (sur le plan de la sécurité), mais qu'il ne peut limiter inutilement l'accès à l'innovation et aux investissements pour les entreprises britanniques.

"Nous ne considérons pas une exclusion d'Huawei des réseaux d'accès comme une réponse adéquate compte tenu des mesures de sécurité existant actuellement", a conclu BT, selon The Register.