C'est le Chief Technology Officer américain Michael Kratsios, également conseiller du président Trump, qui, lors du Web Summit de Lisbonne, s'en est violemment pris à la Chine en général et à Huawei en particulier.

Selon lui, les entreprises chinoises ne sont pas fiables, parce que la législation chinoise les oblige à collaborer avec les services de renseignements chinois. Et d'émettre des critiques à l'égard des pays qui accueillent à bras ouverts Huawei et d'autres firmes chinoises. Dans son discours, Kratsios a plaidé pour que l'Europe emboîte le pas des Etats-Unis et ne recourt pas à Huawei et n'exporte pas non plus de la technologie à cette entreprise.

Selon Business Insider, Kratsios n'a guère reçu de réactions positives à son discours très politisé. Les seuls applaudissements entendus ont plutôt salué quelqu'un qui dans la salle cria le nom d'Edward Snowden, l'homme qui, il y a quelques années, dévoila que les Etats-Unis espionnaient des citoyens dans le monde entier par le biais d'entreprises technologiques américaines. Assez ironiquement ce dont les Etats-Unis accusent précisément Huawei.

Le mois dernier encore, Huawei a insisté au sein du Parlement européen sur le fait qu'elle n'installe pas de portes dérobées pour le compte du gouvernement chinois.

Selon l'agence de presse Reuters, Kratsios a dans son speech fait aussi référence à l'accusation selon laquelle la Chine aurait mis la main sur des données du quartier général de l'Union Africaine via l'infrastructure IT d'Huawei. Pourtant, tant Huawei que l'Union Africaine ont réfuté cette accusation avec force.

Les reproches américains à l'encontre d'Huawei ne rencontrent provisoirement qu'un succès mitigé. Depuis l'appel lancé par les Etats-Unis, plusieurs pays ont certes accordé une attention supplémentaire à l'aspect sécuritaire et à un possible espionnage. Mais il n'est actuellement pas encore question d'un bannissement explicite d'Huawei ou de son concurrent chinois ZTE. Aujourd'hui, Huawei a décroché 65 accords commerciaux en matière de 5G. Selon Reuters, la moitié d'entre eux ont été conclus avec des clients européens.