En mai dernier, Huawei a été placée sur une liste noire par les Etats-Unis. Formellement pour des raisons de sécurité, mais aussi comme moyen de pression dans la guerre commerciale opposant les Etats-Unis et la Chine. Mais par le biais de licences spéciales, les entreprises américaines pouvaient solliciter un report, afin de continuer de commercer avec l'entreprise chinoise.

Cette période de licences venait à échéance dimanche dernier, mais tant le New York Times que l'agence de presse Reuters signalent qu'elle vient d'être prolongée de 90 jours. Selon Reuters, le gouvernement Trump privilégiait initialement une prolongation de deux semaines, mais cela aurait posé des problèmes techniques, ce qui fait que c'est l'option de trois mois qui a finalement été choisie.

Le ministre du commerce américain, Wilbur Ross, insiste dans un communiqué sur le fait que la prolongation constitue une bonne nouvelle pour les opérateurs actifs dans des zones américaines reculées. Les grands opérateurs américains (AT&T, T-Mobile, Sprint et Verizon) n'y disposent en effet souvent pas de réseaux propres, ce qui fait qu'ils laissent le champ libre à des acteurs très locaux. Or ceux-ci sont en grande partie dépendants de l'équipement d'Huawei et n'ont pas les moyens de remplacer leur infrastructure à brève échéance.

Selon Reuters, Huawei continue d'estimer qu'elle est traitée de manière malhonnête. Et d'insister sur le fait que l'embargo qui la touche, nuit surtout aux entreprises américaines.

L'embargo touche surtout les firmes américaines qui veulent acheter du matériel et des services à Huawei. Pour vendre de la technologie américaine à Huawei par contre et pour ne citer que l'exemple le plus connu des services de Google/Android pour les smartphones d'Huawei, les entreprises américaines doivent demander une licence aux Etats-Unis. Mais même si ce projet est depuis des mois déjà sur la table, ces licences n'ont pas été attribuées à ce jour.