Discours de haine diffusés à grande échelle, manipulation de l'information, mort du petit commerce... Pour mettre fin au Far West de l'internet, la Commission européenne avait proposé en décembre 2020 deux projets de règlements. L'un ("Digital Services Act", DSA) entend lutter contre la fraude et les contenus illégaux. L'autre porte sur les marchés ("Digital Markets Act", DMA) et vise à réprimer les pratiques anticoncurrentielles des grands groupes de technologie, notamment Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (les "Gafam").

Ce texte représente un changement complet de philosophie. Après des années à courir en vain après les infractions de ces multinationales dans des procédures judiciaires interminables, Bruxelles veut agir en amont, en leur imposant une série d'obligations et d'interdictions. Le feu vert des États membres sur leur version des deux lois, comprenant quelques modifications par rapport à la proposition initiale, ouvre la voie au démarrage de négociations sur les textes finaux avec le Parlement européen (trilogue). Ce dernier doit encore définir sa position.

Mardi, les eurodéputés avaient trouvé un accord au sein de leur commission Marché intérieur (Imco) sur le DMA et leur texte devrait être soumis en décembre à l'assemblée plénière. Les discussions sont plus complexes sur le DSA et certains craignent des retards qui pourraient aboutir à dissocier le calendrier des deux règlements. La France, qui assure pour six mois la présidence tournante de l'Union européenne à partir de janvier, espère réussir à finaliser les deux lois avant l'été. L'objectif est une entrée en vigueur au 1er janvier 2023. "Les deux textes sont intimement liés, ce sont les deux côtés d'une même pièce, l'un (le DMA) concerne les aspects économiques, l'autre (le DSA) concerne les aspects sociétaux", a souligné jeudi Thierry Breton, le commissaire au Marché intérieur. "On va démarrer les trilogues sur le DMA début janvier, il y a une urgence de faire en sorte que le DSA démarre aussi très rapidement", a-t-il estimé.

Le processus législatif a reçu, au début du mois, le soutien de Frances Haugen, la lanceuse d'alerte de Facebook. Mais les géants de la tech bataillent pour protéger leurs intérêts. Dans leur position commune, les Vingt-Sept ont notamment renforcé dans le DMA le rôle des autorités nationales de la concurrence - sous la pression de grands pays comme l'Allemagne -, leur accordant le pouvoir de lancer des enquêtes sur d'éventuelles infractions constatées sur leur territoire. Dans le DSA, les États membres confèrent à la Commission le pouvoir de sévir contre les très grandes plateformes en cas de graves infractions, alors que jusqu'à présent elles sont soumises à l'autorité du pays abritant leur siège européen. L'Irlande qui accueille plusieurs grands groupes est régulièrement critiquée pour son manque d'empressement à sévir contre ces piliers de son économie.

Discours de haine diffusés à grande échelle, manipulation de l'information, mort du petit commerce... Pour mettre fin au Far West de l'internet, la Commission européenne avait proposé en décembre 2020 deux projets de règlements. L'un ("Digital Services Act", DSA) entend lutter contre la fraude et les contenus illégaux. L'autre porte sur les marchés ("Digital Markets Act", DMA) et vise à réprimer les pratiques anticoncurrentielles des grands groupes de technologie, notamment Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (les "Gafam"). Ce texte représente un changement complet de philosophie. Après des années à courir en vain après les infractions de ces multinationales dans des procédures judiciaires interminables, Bruxelles veut agir en amont, en leur imposant une série d'obligations et d'interdictions. Le feu vert des États membres sur leur version des deux lois, comprenant quelques modifications par rapport à la proposition initiale, ouvre la voie au démarrage de négociations sur les textes finaux avec le Parlement européen (trilogue). Ce dernier doit encore définir sa position. Mardi, les eurodéputés avaient trouvé un accord au sein de leur commission Marché intérieur (Imco) sur le DMA et leur texte devrait être soumis en décembre à l'assemblée plénière. Les discussions sont plus complexes sur le DSA et certains craignent des retards qui pourraient aboutir à dissocier le calendrier des deux règlements. La France, qui assure pour six mois la présidence tournante de l'Union européenne à partir de janvier, espère réussir à finaliser les deux lois avant l'été. L'objectif est une entrée en vigueur au 1er janvier 2023. "Les deux textes sont intimement liés, ce sont les deux côtés d'une même pièce, l'un (le DMA) concerne les aspects économiques, l'autre (le DSA) concerne les aspects sociétaux", a souligné jeudi Thierry Breton, le commissaire au Marché intérieur. "On va démarrer les trilogues sur le DMA début janvier, il y a une urgence de faire en sorte que le DSA démarre aussi très rapidement", a-t-il estimé. Le processus législatif a reçu, au début du mois, le soutien de Frances Haugen, la lanceuse d'alerte de Facebook. Mais les géants de la tech bataillent pour protéger leurs intérêts. Dans leur position commune, les Vingt-Sept ont notamment renforcé dans le DMA le rôle des autorités nationales de la concurrence - sous la pression de grands pays comme l'Allemagne -, leur accordant le pouvoir de lancer des enquêtes sur d'éventuelles infractions constatées sur leur territoire. Dans le DSA, les États membres confèrent à la Commission le pouvoir de sévir contre les très grandes plateformes en cas de graves infractions, alors que jusqu'à présent elles sont soumises à l'autorité du pays abritant leur siège européen. L'Irlande qui accueille plusieurs grands groupes est régulièrement critiquée pour son manque d'empressement à sévir contre ces piliers de son économie.