Le jury des e-Gov-awards juge chaque année des projets publics sur base de cinq aspects: facilité d'emploi, rentabilité, innovation, collaboration et 'open data' (données ouvertes). Chacun de ces aspects fait l'objet de débats. C'est ainsi que sous l'aspect 'rentabilité', on examine combien le projet permet d'économiser, mais on peut aussi en évaluer le rendement social: le projet a-t-il un impact positif pour la société?
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Le jury des e-Gov-awards juge chaque année des projets publics sur base de cinq aspects: facilité d'emploi, rentabilité, innovation, collaboration et 'open data' (données ouvertes). Chacun de ces aspects fait l'objet de débats. C'est ainsi que sous l'aspect 'rentabilité', on examine combien le projet permet d'économiser, mais on peut aussi en évaluer le rendement social: le projet a-t-il un impact positif pour la société?En outre, on pourrait aussi accorder nettement plus d'attention à la simplification administrative, cette sempiternelle promesse. Il convient également d'examiner les projets pour savoir si des technologies naissantes telles l'intelligence artificielle et la chaîne de blocs y jouent vraiment un rôle significatif.Le 'meilleur projet' cette année est un bel exemple de vainqueur sur toute la ligne: 'Flanders Research Information Space (FRIS) réalisé par le département Economie, Wetenschap en Innovatie du gouvernement flamand. Son but est particulièrement simple: veiller à ce que les entreprises et les institutions de la connaissance flamandes trouvent plus rapidement l'accès aux développements, afin qu'elles puissent les appliquer plus vite. Tout spécialement, chaque citoyen doit 'pouvoir disposer librement des données relatives à la recherche publiquement financée en Flandre: des informations de 75.000 chercheurs, 29.000 projets de recherche et 300.000 publications scientifiques de pas moins de 13 institutions.'La valeur d'une telle initiative n'est assurément pas calculable en un nombre x d'euros d'économies, de rentrées ou autres du genre, mais la valeur sociale en général et pour les entreprises en particulier ne doit pas être sous-estimée. Tout ce qui parvient à rapprocher entreprises et chercheurs, offre d'énormes avantages. D'autant plus que l'accès à ces données est particulièrement facile, afin que les petites entreprises - l'épine dorsale de notre économie - puissent également y faire appel.Qui plus est, le projet prévoit aussi explicitement la possibilité de créer des applis supplémentaires sur base de ces données ouvertes pour assurer un accès encore plus large et fluide. Dans le cadre de l'European Open Science Cloud, 'le gouvernement flamand s'engage dans Open Science 2020, où FRIS constitue une pierre angulaire dans la stratégie axée Open Access des publications et données.' De plus, FRIS doit aussi offrir aux pouvoirs publics flamands une meilleure vision de ses propres investissements dans la recherche (d'une manière plus aisée qu'avec des rapports annuels par exemple).Ce qui est intéressant, c'est que la collecte et la diffusion des informations s'effectuent de manière totalement automatique au départ des processus de fonctionnement quotidiens des institutions. Cela permet à ces dernières d'économiser non seulement des frais généraux supplémentaires ou de la compilation manuelle, mais cela génère aussi de l'exhaustivité et de la rapidité. L'info est transférée et échangée de manière standardisée à la manière d'une banque-carrefour. Elle est présentée de telle façon à pouvoir être explorée sur un portail web, www.researchportal.be, avec toute une série de filtres permettant de passer en revue les renseignements via diverses institutions. L'objectif est de doter ce portail d'encore plus de fonctionnalités et éventuellement de sources d'informations, afin que tant les entreprises que les chercheurs puissent l'utiliser encore davantage comme une source d'infos 'one stop'.Aujourd'hui, la collaboration couvre tant le gouvernement flamand que toutes les universités flamandes, les quatre centres de recherche stratégiques (Imec, Vito, VIB, Flanders Make) et une série d'institutions scientifiques (telles l'Institut de médecine tropicale, le Planétarium de Meise et d'autres). Les données sont aussi utilisées par le gouvernement fédéral (Belspo ou police scientifique fédérale). En insistant explicitement sur l'emploi ou le réemploi des données ouvertes, il ne faut pas s'étonner que ce projet ait aussi remporté la récompense dans la catégorie 'open data'.Dans la catégorie 'rentabilité', la récompense a été attribuée au projet eComptes, transmis par le Service Public de Wallonie, Direction Générale Opérationelle Intérieur et Action Sociale (DG05). Cela n'a rien de surprenant, car c'est le type même de projet qui fournit des économies concrètes et calculables, en l'occurrence '5,3 millions d'euros par an', selon le descriptif du projet.Ce projet offre à toutes les communes et CPAS wallons, ainsi qu'aux provinces du sud du pays un outil gratuit de gestion financière. Cela implique tant des analyses financières que le suivi des finances. En même temps, les utilisateurs, comme les mandataires, peuvent acquérir une meilleure vision de ces finances, alors que l'info sert aussi de base à une communication transparente avec les citoyens. Ce système permet en outre d'éliminer pas mal de paperasserie (quelque 440.000 pages par an), et les informations de base pour les services de statistiques (tels Eurostat) sont ainsi créées. Ce dernier point aide aussi à éviter les amendes, qui peuvent atteindre des millions. Il va de soi que cela offre également des possibilités de suivi de toutes ces données financières au niveau du gouvernement wallon, en ce compris la création de documents de contrôle.Il est logique ici que l'on parle d'une situation 'win/win'. Toutes les communes appliquent la même approche. Il est question d'une saisie uniforme de données (simplification administrative), alors qu'une meilleure gestion financière génère des économies. Bref, il s'agit d'un projet qui est au top sur le plan de la rentabilité.Une réunion au sommet de l'OTAN a eu lieu du 10 au 12 juillet 2018 en Belgique, durant laquelle un groupe particulièrement important de chefs d'état et de partenaires effectuèrent des activités et tinrent des débats en plusieurs endroits de Bruxelles - du nouveau quartier général de l'OTAN jusqu'au Parc du Cinquantenaire. Les scénarios-catastrophes potentiels étaient nombreux et bien réels, mais tout se déroula parfaitement et ce, grâce avant tout au projet 'Geonavotool', présenté par la DGCC (Direction Générale Centre de Crise). Ce projet a permis à la DGCC de remporter l'eGov-award dans la catégorie 'collaboration'.En réalité, c'est toute l'équipe sous-jacente à l'organisation du sommet de l'OTAN qui mérite les éloges, car quasiment tous les aspects du sommet durent être réglés dans un délai particulièrement court (à partir de janvier/février). Les éloges s'appliquent aussi au Centre de Crise et à tous les autres services impliqués dans la protection et la sécurité, comme la police, les pompiers, le SPF Santé, l'OTAN même, l'Intérieur, la Chancellerie du Premier Ministre et la Défense.Des leçons avaient été tirées de 'petits' sommets antérieurs. A ces occasions, l'organisation avait en effet l'une ou l'autre fois 'oublié' des chefs d'état, par manque d'un aperçu cartographique intégré ou simplement d'un système de suivi. Ne pas disposer d'un aperçu général, on ne pouvait plus se le permettre lors du dernier sommet de l'OTAN.Lors du sommet, le projet Geonavotool généra "pour la première fois une image socialement stratégique et opérationnelle dans les trois postes de commandement multidisciplinaires importants, ainsi qu'au niveau des sous-commandements." L'outil a été développé pour le sommet de l'OTAN, mais continue d'être utilisé.Le grand avantage, c'est qu'à présent, au sein de chaque département et entre les départements, les informations nécessaires sont échangées dans une 'Common Operational Picture' (en lieu et place d'échanges textuels et vocaux). Cela comprend les trajets (alternatifs), les périmètres de sécurité et barrages, la position en temps réel des chefs d'état, des escortes, des renforts, etc., divers emplacements (ambassades, lieux de séjour,...), les risques, incidents, etc. Pour tout cela, différentes technologies sont utilisées (cartographie, géo-localisation,...) et des symboles communs (utilisables sur écran et sur papier) ont été développés.L'Institut National Géographique s'est chargé de la gestion du projet et a réuni toutes les parties prenantes. "Les disciplines ont très bien collaboré et se sont renforcées là où c'était nécessaire, ce qui généra une solution conjointe pleinement fiable", comme se décrit le projet lui-même. "C'est ainsi par exemple que les pompiers ont aidé la discipline médicale lors de la mise en oeuvre technique des traceurs."Bref, cette année encore, Agoria est parvenue à rendre hommage à toute une série de projets publics de haute valeur lors des e-Gov-Awards. Encore un petit exemple? Le jury fut charmé par le projet 'Closer to Van Eyck' de l'Institut Royal du Patrimoine Culturel. Un bel exemple d'un projet extrêmement accessible (récompensé par le prix de la 'facilité d'emploi') au riche rendement social.