Fluvius dispose depuis pas mal de temps déjà d'un réseau de fibre optique à mailles serrées et prépare depuis quelques années des projets-pilotes prévoyant le déploiement dans quelques villes flamandes de la fibre optique jusqu'aux habitations ou entreprises (FTTH alias Fibre To The Home). L'exploitation commerciale en est laissée au soin d'autres intervenants, généralement de petites acteurs alternatifs.

Ce réseau passe désormais entre les mains d'une co-entreprise, appelée temporairement Netco, de Fluvius et Telenet, dont cette dernière est l'actionnaire majoritaire. Une décision logique s'il en est, mais qui n'est cependant pas du goût de certains opérateurs, qui craignent en effet que Telenet ne limite les possibilités malgré la promesse d'un réseau ouvert.

L'accès face à l'offre

'Il est possible aujourd'hui de louer de la fibre optique individuelle, ce qui pour un opérateur alternatif comme nous est très intéressant du fait que nous opérons de manière très régionale', déclare Thomas Woidt de Fastic. Il propose entre autres l'internet fixe dans des quartiers d'Anvers, de Gand et de Genk (là où Fluvius a démarré des projets-pilotes FTTH), ciblant notamment les 'cordcutters' (coupeurs de câble) comme on les appelle et les clients aspirant à des vitesses de chargement ('upload') très élevées.

Or la marge de manoeuvre de ce genre d'acteur est restreinte. 'Il ne faut pas penser à une offre TV. Avec la réglementation actuelle, cela ne devient intéressant que si on possède cent mille utilisateurs.' Mais ces acteurs sont par contre libres sur le plan de leur offre internet, parce qu'ils peuvent eux-mêmes mettre en avant la fibre optique ('dark fiber' en jargon). Il en résulte qu'un opérateur internet 'est capable d'utiliser de manière beaucoup plus flexible la capacité d'une connexion et proposer par exemple 1 Gbps tant en chargement qu'en téléchargement.

'Nous sommes actuellement plus abordables et performants qu'Orange par exemple', apprend-on. 'Chez Fluvius, on fait dans la simplicité: nous payons par fibre et en faisons ce que nous voulons.'

Quiconque souhaite aujourd'hui utiliser le réseau coax de Telenet, comme le fait actuellement Orange, dispose de moins de liberté technologique. Ici, il est en grande partie question de vitesses fixées par Telenet, ce qui fait que certaines possibilités telles une vitesse de chargement élevée sont à peine possibles.

'Le réseau est ouvert aux autres acteurs, mais en tant qu'opérateur, vous devez vous en tenir à la gamme existante, ce qui fait que des éléments comme le chargement ('upload') sont encore et toujours un produit premium en Belgique. Il en va de même par exemple pour le surbooking d'une connexion, le nombre d'utilisateurs qui doivent partager la capacité. Lors de l'achat d'un produit actif tel GPON, vous n'avez aucune liberté de choix et vous êtes parfois obligé de recourir à des limites de données. Chez Fluvius, nous créons notre propre produit, et vous en disposez vous-même techniquement de A à Z.'

Woidt craint que cette possibilité ne disparaisse à terme, à présent que le réseau de Fluvius se trouve dans un consortium dominé par Telenet: 'Nous craignons que Telenet n'y exerce une trop grande puissance et y associe par exemple des conditions d'accès contraignantes.'

Il est important de faire remarquer ici que Telenet détient 66,8 pour cent des actions de Netco. L'opérateur peut donc en théorie aussi déterminer fortement ce que Netco proposera en tant que réseau ouvert et à quels prix. Telenet déclare de son côté recevoir chez Netco les mêmes conditions que d'autres acteurs, mais il a bien entendu son mot à dire sur ces conditions, alors que deux tiers du bénéfice peuvent indirectement lui revenir.

'Internet, c'est un produit de base aujourd'hui. Par conséquent, si le fournisseur alternatif que vous êtes, veut se distinguer quelque peu en dehors du prix, il lui faut pouvoir donner un caractère particulier à son offre. Telenet n'a jamais été un acteur vraiment ouvert. L'accès au réseau que l'opérateur propose à présent (à Orange, ndlr) est forcé par le régulateur et a fait l'objet de pas mal de résistance. Cet acteur prétend aujourd'hui qu'il va créer un réseau ouvert.'

Une pèce importante du puzzle en B2B

Fastic se focalise surtout sur les consommateurs, mais il règne aussi de la circonspection parmi les opérateurs ciblant le marché B2B. C'est ainsi que le louvaniste Arcadiz propose des services de fibre optique entre les centres de données et exploite pour cela notamment le réseau de Fluvius. 'On y perd son latin. Nous avons ainsi dans un premier temps reçu un courrier indiquant que rien ne changera, mais par la suite, un second courrier nous signala qu'il y aurait quand même des modifications', déclare le CTO Marc Vandeputte à Data News.

Vandeputte se réfère à la situation de SFR BeLux, l'ex-Numericable, qui fut rachetée fin 2016 par Telenet. 'On eut alors droit à un scénario d'extinction. Toute la fibre optique existante de Numericable continua d'exister, mais il n'était plus possible de louer de nouvelles lignes de fibre optique.'

Pour Arcadiz, ce genre de scénario n'est pas impensable. 'Nous espérons qu'il y aura vraiment un accès ouvert et ce, au même prix qu'aujourd'hui', déclare Vandeputte. Il apporte cependant la nuance, selon laquelle il y a des alternatives: 'Nous achetons de la fibre optique à plusieurs acteurs. Mais Fluvius dispose d'un réseau très serré et intervient donc souvent lorsque nous connectons des clients à leurs centres de données. Sans Fluvius, on peut aussi y arriver, mais plus malaisément car c'est pour nous une pièce importante du puzzle.'

Pas de changement momentanément

On ignore comment la situation va évoluer pour les acteurs télécoms sur le réseau de Fluvius. Fluvius même confirme que les clients concernés sont dûment informés et le resteront évidemment à l'avenir. Mais l'entreprise ne souhaite pour l'instant pas en dire plus sur la situation dans les médias. De son côté, Telenet n'a pas encore réagi aux questions posées à ce propos. Si nous obtenons des réponses, nous ne manquerons évidemment pas de compléter cet article.

Fluvius dispose depuis pas mal de temps déjà d'un réseau de fibre optique à mailles serrées et prépare depuis quelques années des projets-pilotes prévoyant le déploiement dans quelques villes flamandes de la fibre optique jusqu'aux habitations ou entreprises (FTTH alias Fibre To The Home). L'exploitation commerciale en est laissée au soin d'autres intervenants, généralement de petites acteurs alternatifs.Ce réseau passe désormais entre les mains d'une co-entreprise, appelée temporairement Netco, de Fluvius et Telenet, dont cette dernière est l'actionnaire majoritaire. Une décision logique s'il en est, mais qui n'est cependant pas du goût de certains opérateurs, qui craignent en effet que Telenet ne limite les possibilités malgré la promesse d'un réseau ouvert.'Il est possible aujourd'hui de louer de la fibre optique individuelle, ce qui pour un opérateur alternatif comme nous est très intéressant du fait que nous opérons de manière très régionale', déclare Thomas Woidt de Fastic. Il propose entre autres l'internet fixe dans des quartiers d'Anvers, de Gand et de Genk (là où Fluvius a démarré des projets-pilotes FTTH), ciblant notamment les 'cordcutters' (coupeurs de câble) comme on les appelle et les clients aspirant à des vitesses de chargement ('upload') très élevées.Or la marge de manoeuvre de ce genre d'acteur est restreinte. 'Il ne faut pas penser à une offre TV. Avec la réglementation actuelle, cela ne devient intéressant que si on possède cent mille utilisateurs.' Mais ces acteurs sont par contre libres sur le plan de leur offre internet, parce qu'ils peuvent eux-mêmes mettre en avant la fibre optique ('dark fiber' en jargon). Il en résulte qu'un opérateur internet 'est capable d'utiliser de manière beaucoup plus flexible la capacité d'une connexion et proposer par exemple 1 Gbps tant en chargement qu'en téléchargement.'Nous sommes actuellement plus abordables et performants qu'Orange par exemple', apprend-on. 'Chez Fluvius, on fait dans la simplicité: nous payons par fibre et en faisons ce que nous voulons.'Quiconque souhaite aujourd'hui utiliser le réseau coax de Telenet, comme le fait actuellement Orange, dispose de moins de liberté technologique. Ici, il est en grande partie question de vitesses fixées par Telenet, ce qui fait que certaines possibilités telles une vitesse de chargement élevée sont à peine possibles.'Le réseau est ouvert aux autres acteurs, mais en tant qu'opérateur, vous devez vous en tenir à la gamme existante, ce qui fait que des éléments comme le chargement ('upload') sont encore et toujours un produit premium en Belgique. Il en va de même par exemple pour le surbooking d'une connexion, le nombre d'utilisateurs qui doivent partager la capacité. Lors de l'achat d'un produit actif tel GPON, vous n'avez aucune liberté de choix et vous êtes parfois obligé de recourir à des limites de données. Chez Fluvius, nous créons notre propre produit, et vous en disposez vous-même techniquement de A à Z.'Woidt craint que cette possibilité ne disparaisse à terme, à présent que le réseau de Fluvius se trouve dans un consortium dominé par Telenet: 'Nous craignons que Telenet n'y exerce une trop grande puissance et y associe par exemple des conditions d'accès contraignantes.'Il est important de faire remarquer ici que Telenet détient 66,8 pour cent des actions de Netco. L'opérateur peut donc en théorie aussi déterminer fortement ce que Netco proposera en tant que réseau ouvert et à quels prix. Telenet déclare de son côté recevoir chez Netco les mêmes conditions que d'autres acteurs, mais il a bien entendu son mot à dire sur ces conditions, alors que deux tiers du bénéfice peuvent indirectement lui revenir.'Internet, c'est un produit de base aujourd'hui. Par conséquent, si le fournisseur alternatif que vous êtes, veut se distinguer quelque peu en dehors du prix, il lui faut pouvoir donner un caractère particulier à son offre. Telenet n'a jamais été un acteur vraiment ouvert. L'accès au réseau que l'opérateur propose à présent (à Orange, ndlr) est forcé par le régulateur et a fait l'objet de pas mal de résistance. Cet acteur prétend aujourd'hui qu'il va créer un réseau ouvert.'Fastic se focalise surtout sur les consommateurs, mais il règne aussi de la circonspection parmi les opérateurs ciblant le marché B2B. C'est ainsi que le louvaniste Arcadiz propose des services de fibre optique entre les centres de données et exploite pour cela notamment le réseau de Fluvius. 'On y perd son latin. Nous avons ainsi dans un premier temps reçu un courrier indiquant que rien ne changera, mais par la suite, un second courrier nous signala qu'il y aurait quand même des modifications', déclare le CTO Marc Vandeputte à Data News.Vandeputte se réfère à la situation de SFR BeLux, l'ex-Numericable, qui fut rachetée fin 2016 par Telenet. 'On eut alors droit à un scénario d'extinction. Toute la fibre optique existante de Numericable continua d'exister, mais il n'était plus possible de louer de nouvelles lignes de fibre optique.'Pour Arcadiz, ce genre de scénario n'est pas impensable. 'Nous espérons qu'il y aura vraiment un accès ouvert et ce, au même prix qu'aujourd'hui', déclare Vandeputte. Il apporte cependant la nuance, selon laquelle il y a des alternatives: 'Nous achetons de la fibre optique à plusieurs acteurs. Mais Fluvius dispose d'un réseau très serré et intervient donc souvent lorsque nous connectons des clients à leurs centres de données. Sans Fluvius, on peut aussi y arriver, mais plus malaisément car c'est pour nous une pièce importante du puzzle.'On ignore comment la situation va évoluer pour les acteurs télécoms sur le réseau de Fluvius. Fluvius même confirme que les clients concernés sont dûment informés et le resteront évidemment à l'avenir. Mais l'entreprise ne souhaite pour l'instant pas en dire plus sur la situation dans les médias. De son côté, Telenet n'a pas encore réagi aux questions posées à ce propos. Si nous obtenons des réponses, nous ne manquerons évidemment pas de compléter cet article.