En mai, Gartner annonçait encore que les dépenses IT mondiales allaient cette année diminuer de huit pour cent à cause de la crise du corona. On estime généralement que beaucoup d'entreprises éprouveront des difficultés pendant un certain temps du fait que leurs activités ont été perturbées, voire interrompues par la pandémie virale.

Mais les CIO, eux, ne paraissent pas s'attendre à un recul de leur budget IT. Une enquête menée par Cisco auprès de 1.300 CIO dans le monde, dont 75 au Benelux, démontre que 83 pour cent d'entre eux tablent sur une hausse légère, voire significative des budgets au cours des 12 prochains mois.

Seuls 14 pour cent d'entre eux pensent que leur budget restera stable. Tout spécialement au Benelux, 71 pour cent tablent sur une croissance et 23 pour cent sur un statu quo de leur budget. Seuls quelques pour cent s'attendent à une diminution. Il nous faut cependant faire observer ici que l'étude a été réalisée en mars et avril, lorsque l'impact réel de la pandémie n'était pas encore partout vraiment évident.

Sur une période de trois ans, les chiffres sont similaires. Au Benelux, 84 pour cent des CIO tablent sur une hausse et 8 pour cent sur un statu quo. A l'échelle mondiale, 89 pour cent estiment que les budgets vont croître et 13 pour cent qu'ils vont rester stables. Ici aussi, ils sont peu nombreux à prévoir une diminution.

Autant de courriels

Cisco a réalisé son étude lors de sa conférence en ligne Cisco Live. En tant que fournisseur de matériel réseautique, d'outils vidéo et de gestion des réseaux, l'entreprise partage aussi quelques visions personnelles. Elle occupe quelque 76.000 personnes. "Avant la pandémie, 50.000 d'entre elles travaillaient dans un bureau de Cisco. A présent que tout le monde travaille à domicile, on observe comment les outils collaboratifs sont utilisés", explique Collin Seward, CIO pour la région EMEA chez Cisco.

"Ce qui nous a étonnés, c'est l'absence de changement dans le trafic des courriels. Mais on enregistre quatre-vingt pour cent de messages en plus via les outils collaboratifs, chez nous principalement Webex, où davantage de fichiers sont aussi partagés. On enregistra une croissance progressive au cours de trois-quatre premières semaines."

Héritage et nuage

L'étude de Cisco s'intéressa aussi à la quantité d'applications héritées (legacy) et à la manière dont s'est effectuée la transition vers le nuage (cloud). Notre région s'en tire assez bien. Seuls six pour cent des CIO du Benelux déclarent être 'complètement' indépendants des applications héritées contre 18 pour cent au niveau mondial. Trente pour cent au Benelux déclarent en être 'essentiellement' dépendants contre 40 pour cent à l'échelle mondiale.

Le point capital, c'est qu'ils sont 61 pour cent à indiquer être 'un peu' dépendants des applications héritées au Benelux contre 38 pour cent dans le monde. Seuls quatre pour cent dans le monde et au Benelux déclarent qu'ils sont à peine dépendants.

Si on considère les processus et applications dans le nuage, c'est assez partagé. Les CIO au Benelux affirment en moyenne que 48,21 pour cent d'entre eux ont recours au nuage, contre 44,71 pour cent au niveau mondial. Les principaux obstacles qui les en empêchent, c'est la sécurité des données, la gouvernance des données, l'évaluation et la planification des coûts, mais aussi le manque de capacités techniques et de connaissance au sein de l'organisation.

Plus de trafic internet

Enfin, Cisco distille aussi quelques chiffres généraux sur l'utilisation d'internet durant la pandémie. C'est ainsi qu'en Europe, le trafic internet a grimpé de vingt pour cent et que l'entreprise a dû traiter 174 pour cent de sessions VPN en plus. Elle fait observer que les fournisseurs de réseaux ont bien fait face à la période de télétravail massif et à l'enseignement à domicile.

"Les fournisseurs de services ont démontré que leurs réseaux ont une capacité suffisante", indique Chintal Patel, CTO de Cisco, à Data News. "A l'exception de quelques petits ratés, le point de rupture n'a pas été atteint. Mais je m'attends quand même à ce qu'à l'avenir, on se concentre davantage sur la capacité au niveau local, précisément pour s'assurer que les gens puissent encore en faire plus à domicile."

Patel ajoute encore que son secteur doit y veiller: "En tant qu'industrie, nous devons opérer de manière plus inclusive. Cela veut aussi dire qu'aux endroits dépourvus de la fibre optique, il nous faudra envisager entre autres la 5G pour rendre cette connectivité possible."

De son côté, Seward s'attend surtout au bureau à une augmentation de la commande vocale et des solutions sans contact. "On voit apparaître depuis quelque temps déjà l'assistance vocale sur le marché à la consommation, mais au bureau, elle reste limitée. Or la technologie est prête, et nous avons vu la vitesse avec laquelle les gens peuvent s'adapter à une nouvelle réalité. Je m'attends donc à ce que nous entrions dans un nouveau monde avec la commande vocale et les communications vidéo."

En mai, Gartner annonçait encore que les dépenses IT mondiales allaient cette année diminuer de huit pour cent à cause de la crise du corona. On estime généralement que beaucoup d'entreprises éprouveront des difficultés pendant un certain temps du fait que leurs activités ont été perturbées, voire interrompues par la pandémie virale.Mais les CIO, eux, ne paraissent pas s'attendre à un recul de leur budget IT. Une enquête menée par Cisco auprès de 1.300 CIO dans le monde, dont 75 au Benelux, démontre que 83 pour cent d'entre eux tablent sur une hausse légère, voire significative des budgets au cours des 12 prochains mois. Seuls 14 pour cent d'entre eux pensent que leur budget restera stable. Tout spécialement au Benelux, 71 pour cent tablent sur une croissance et 23 pour cent sur un statu quo de leur budget. Seuls quelques pour cent s'attendent à une diminution. Il nous faut cependant faire observer ici que l'étude a été réalisée en mars et avril, lorsque l'impact réel de la pandémie n'était pas encore partout vraiment évident.Sur une période de trois ans, les chiffres sont similaires. Au Benelux, 84 pour cent des CIO tablent sur une hausse et 8 pour cent sur un statu quo. A l'échelle mondiale, 89 pour cent estiment que les budgets vont croître et 13 pour cent qu'ils vont rester stables. Ici aussi, ils sont peu nombreux à prévoir une diminution.Autant de courrielsCisco a réalisé son étude lors de sa conférence en ligne Cisco Live. En tant que fournisseur de matériel réseautique, d'outils vidéo et de gestion des réseaux, l'entreprise partage aussi quelques visions personnelles. Elle occupe quelque 76.000 personnes. "Avant la pandémie, 50.000 d'entre elles travaillaient dans un bureau de Cisco. A présent que tout le monde travaille à domicile, on observe comment les outils collaboratifs sont utilisés", explique Collin Seward, CIO pour la région EMEA chez Cisco."Ce qui nous a étonnés, c'est l'absence de changement dans le trafic des courriels. Mais on enregistre quatre-vingt pour cent de messages en plus via les outils collaboratifs, chez nous principalement Webex, où davantage de fichiers sont aussi partagés. On enregistra une croissance progressive au cours de trois-quatre premières semaines."Héritage et nuageL'étude de Cisco s'intéressa aussi à la quantité d'applications héritées (legacy) et à la manière dont s'est effectuée la transition vers le nuage (cloud). Notre région s'en tire assez bien. Seuls six pour cent des CIO du Benelux déclarent être 'complètement' indépendants des applications héritées contre 18 pour cent au niveau mondial. Trente pour cent au Benelux déclarent en être 'essentiellement' dépendants contre 40 pour cent à l'échelle mondiale.Le point capital, c'est qu'ils sont 61 pour cent à indiquer être 'un peu' dépendants des applications héritées au Benelux contre 38 pour cent dans le monde. Seuls quatre pour cent dans le monde et au Benelux déclarent qu'ils sont à peine dépendants.Si on considère les processus et applications dans le nuage, c'est assez partagé. Les CIO au Benelux affirment en moyenne que 48,21 pour cent d'entre eux ont recours au nuage, contre 44,71 pour cent au niveau mondial. Les principaux obstacles qui les en empêchent, c'est la sécurité des données, la gouvernance des données, l'évaluation et la planification des coûts, mais aussi le manque de capacités techniques et de connaissance au sein de l'organisation.Plus de trafic internetEnfin, Cisco distille aussi quelques chiffres généraux sur l'utilisation d'internet durant la pandémie. C'est ainsi qu'en Europe, le trafic internet a grimpé de vingt pour cent et que l'entreprise a dû traiter 174 pour cent de sessions VPN en plus. Elle fait observer que les fournisseurs de réseaux ont bien fait face à la période de télétravail massif et à l'enseignement à domicile."Les fournisseurs de services ont démontré que leurs réseaux ont une capacité suffisante", indique Chintal Patel, CTO de Cisco, à Data News. "A l'exception de quelques petits ratés, le point de rupture n'a pas été atteint. Mais je m'attends quand même à ce qu'à l'avenir, on se concentre davantage sur la capacité au niveau local, précisément pour s'assurer que les gens puissent encore en faire plus à domicile."Patel ajoute encore que son secteur doit y veiller: "En tant qu'industrie, nous devons opérer de manière plus inclusive. Cela veut aussi dire qu'aux endroits dépourvus de la fibre optique, il nous faudra envisager entre autres la 5G pour rendre cette connectivité possible."De son côté, Seward s'attend surtout au bureau à une augmentation de la commande vocale et des solutions sans contact. "On voit apparaître depuis quelque temps déjà l'assistance vocale sur le marché à la consommation, mais au bureau, elle reste limitée. Or la technologie est prête, et nous avons vu la vitesse avec laquelle les gens peuvent s'adapter à une nouvelle réalité. Je m'attends donc à ce que nous entrions dans un nouveau monde avec la commande vocale et les communications vidéo."