"Les tarifs annoncés auront un impact sur tout un chacun. Dans cette optique, tout le monde joue au même jeu avec les mêmes règles", déclare François Bornibus, senior vice-president et responsable de la zone EMEA chez Lenovo.

Le fait que Lenovo soit une entreprise chinoise, ne joue qu'un moindre rôle, ce qui est étonnant. "Nous sommes à la fois chinois et pas chinois", nuance Bornibus. 68 pour cent environ de notre firme est cotée à la bourse d'Hong Kong. Dix pour cent appartient au personnel et le reste repose entre les mains de Legend, la société-mère de Lenovo. Il n'y a donc pas d'ancrage profondément chinois."

"Nous sommes une entreprise très internationale. Notre CEO (l'homme d'affaires chinois Yang Yuanqing, ndlr) habite aujourd'hui aux Etats-Unis et dans nos équipes, nous travaillons avec des locaux, qui savent comment faire tourner nos activités dans leurs pays respectifs."

Bonne relation avec les Etats-Unis

Bornibus signale en outre que son entreprise entretient une très bonne relation avec le gouvernement américain. Lenovo a en 2005 racheté les activités PC d'IBM et en 2014, elle fit de même avec la division serveurs X86, avant de reprendre Motorola à Google. "Grâce à ces rachats, nous avons une forte interaction avec les autorités américaines. Nous avons reçu leur feu vert pour chaque rachat. De plus, nous sommes aujourd'hui aussi un fournisseur du gouvernement américain. C'est ainsi que nous livrons des appareils à la Défense."

Lenovo est pour l'instant le principal fabricant de PC au monde et détient une part de marché de 25,5 pour cent, alors qu'elle n'était que de sept pour cent, il y a encore neuf ans, selon les chiffres de l'entreprise elle-même. Sur le marché des centres de données (serveurs), la firme est également en progression. "Le marché du PC stagne, voire régresse. Il en est de même pour le marché des serveurs. Et pourtant, cela n'empêche pas Lenovo de croître!", affirme un enthousiaste François Bornibus.

Motorola

L'entreprise espère à terme aussi faire de nouveau un acteur en vue de Motorola. Le géant des GSM autrefois populaire s'était scindé en 2008 de sa société-mère, avant d'être racheté en 2011 par Google, puis revendu en 2014 à Lenovo.

Selon Lenovo, sa division smartphones est aujourd'hui aussi en pleine expansion. "L'année dernière, notre première priorité a été de rendre Motorola de nouveau rentable. Nous avons éteint l'incendie, remis de l'ordre dans la maison et pouvons donc repartir de plus belle", déclare Antony Barounas, vice-president Mobile Business Group Europe.

Provisoirement, l'entreprise mise principalement sur les téléphones pour le segment intermédiaire du marché, où elle engrange du bénéfice aux Etats-Unis, mais aussi entre autres en Grande-Bretagne et en Pologne, où la progression est forte. L'objectif est de cibler un petit temps encore ce segment, même si l'entreprise prépare aussi un produit-phare.

"Il sortira à coup sûr. Nous sommes encore et toujours une marque premium et même si nous voulons conquérir le marché intermédiaire, nous lancerons certainement bientôt un top-appareil. Avec l'arrivée de la 5G, c'est quelque chose que le public est en droit d'attendre de nous", conclut Barounas.