A maints égards, le Registre national représente un centre névralgique pour les pouvoirs publics. Il dessert en effet le gouvernement fédéral, les gouvernements régionaux, les pouvoirs et institutions locaux, les notaires, les services de police, mais toujours plus souvent aussi des entreprises privées en matière de contrôle d'identité par exemple pour des raisons de sécurité ou pour effectuer certains achats. Il s'agit d'une banque de données centrale qui confère un numéro unique à chaque citoyen belge et qui communique des données aux services et personnes compétents, pour éviter que les citoyens doivent fournir plusieurs fois les mêmes informations.

La base de données du Registre national fonctionne depuis les années quatre-vingts déjà sur base d'un ordinateur central (mainframe). A l'époque, il s'agissait entre autres du BS2000. La technologie et l'infrastructure ont certes été améliorées au cours des dernières décennies, mais à présent, le ministère de l'intérieur prend définitivement congé de l'ancienne technologie et évolue vers un environnement open source tournant sur une plate-forme virtuelle.

"Le choix de l'open source fait aussi en sorte que nous sommes moins dépendants d'acteurs spécifiques."

Concrètement, il s'agit d'une base de données PostgreSQL tournant sur Red Hat Linux en remplacement de GCOS8, le système d'exploitation de Bull, absorbé il y a quelques années par Atos. Le projet en tant que tel est cependant exécuté par Atos. "Le choix de l'open source nous rend moins dépendants d'acteurs spécifiques", comme l'explique Eric Roelandt, conseiller général au Registre national.

Le Registre national traite 250 transactions par seconde

Tout le monde y trouve son compte. C'est ainsi qu'il faudra désormais aux pouvoirs publics 70 pour cent de temps en moins pour rendre l'énorme base de données disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. "Pour nous, il sera aussi plus facile de trouver les personnes compétentes, à présent que nous recourons à une technologie open source. C'était progressivement moins évident pour GCOS8. Et pour les partenaires extérieurs, il sera plus aisé de développer des applications sur base du Registre national."

Eric Roelandt et Antoine Kerrinckx © .

"Beaucoup d'organisations disent qu'elles prennent leurs distances vis-à-vis de leur mainframe, mais elles sont peu nombreuses à le faire complètement", ajoute Antoine Kerrinckx, CEO d'Atos Belgique et Luxembourg. "Souvent, elles continuent d'y faire tourner au moins quelque chose, ce qui n'est pas le cas ici. Nous avons pu remplacer un environnement critique, qui doit être disponible en permanence et nous en sommes très fiers."

"Beaucoup d'organisations disent qu'elles prennent leurs distances vis-à-vis de leur mainframe, mais elles sont peu nombreuses à le faire complètement."

En réalité, le mainframe et la nouvelle infrastructure ont tourné côte à côte pendant quelque temps. Le projet a débuté en janvier 2016 par une phase préliminaire consistant à déterminer les applications concernées et les sources de données adéquates. "Pour le nouveau système, nous avons effectué des exercices-pilotes pour vérifier notamment si toutes les données étaient converties correctement", précise Eric Roelandt. "Lors de la migration, l'environnement-test a fonctionné en parallèle avec GCOS8, et tout a été converti progressivement. En juillet de cette année, la migration s'est achevée, et nous avons désactivé le mainframe."

Le ministère de l'intérieur entend être paré pour l'avenir avec cette migration. La base de données du Registre national traite environ un milliard de transactions par an, soit quelque 250 par seconde. "Il faut pouvoir offrir la continuité et au fur et à mesure de l'évolution technologique, il convient de suivre le mouvement en se tournant par exemple vers le nuage (privé). Les applications utilisant le Registre national évoluent également, ce qui rend la communication avec un mainframe moins évidente", affirme Roelandt.

"Le Registre national est un système complexe qui doit être utilisé facilement."

Aujourd'hui, il faut 4-5 millisecondes avant de recevoir une réponse de la base de données. En fonction du réseau, cette durée peut atteindre 10 millisecondes. Les demandes s'amplifient au gré de la croissance du nombre d'applications, tant des pouvoirs publics que du secteur privé, qui reposent sur l'eID. "Ces dernières années, on enregistre annuellement une hausse de dix pour cent. Soit par l'arrivée de nouveaux services, soit par une utilisation plus intensive des applications existantes."

L'arrivée de nouvelles applications est du reste plus que bienvenue. "Nous voulons être aussi ouverts que possible tant au niveau de la technologie qu'à celui des développements axés sur le Registre national. Cela signifie que nous ne voulons pas être dépendants de fournisseurs spécifiques, mais aussi que le développement sera plus aisé. Le Registre national est un système complexe qui doit être utilisé facilement", conclut Roelandt.