La chance que le nouveau jeu vidéo Microsoft Flight Simulator touche un large public, ne semble pas très grande: il faut en effet vraiment posséder un solide PC pour le faire tourner, et l'action qui se déroule à l'écran, n'est pas non plus directement du même acabit que celle de la série de jeux de tir Halo. Il s'agit ici de la première nouvelle édition de la série de longue haleine Flight Simulator de Microsoft en l'espace de quatorze ans (le précédent était Flight Simulator X datant de 2006), une série de jeux qui a toujours ciblé une communauté aussi réduite que fanatique de fans de simulateurs de vol. Ou de simmers - comme les qualifie Martial Bossard, le fondateur d'Asobo, le studio de jeux français établi à Bordeaux, qui a développé le jeu conjointement avec un équipe de designers de Redmond.

Le nouveau 'Flight Simulator' est une vitrine technologique de Microsoft

"Il s'agit d'un jeu pour ceux/celles qui recherchent une expérience authentique du vol", explique Bossard. "Ceux/celles qui misent sur le réalisme, la précision. Tout semble ici en effet tellement 'réaliste': des conditions atmosphériques auxquelles votre avion est confronté jusqu'aux fonctions dans le cockpit. Nous avons travaillé avec des données CAO d'avionneurs tels Airbus, Boeing, Cessna et Beechcraft, qui veulent que leurs appareils soient rendus avec la plus grande précision dans Flight Simulator. Certains de nos développeurs ont même pris des leçons de vol pour éprouver les véritables sensations de la façon dont se passe le pilotage d'un avion."

Ancienne philosophie

Flight Simulator est toujours apparu comme une exception dans l'écurie Microsoft. Il n'empêche que la première édition datant de 1982 a été l'un des premiers produits - avant Windows, avant Office - qui fut lancé sur le marché par l'éditeur de logiciels encore très modeste à l'époque. Elle n'était même pas vraiment un produit de l'entreprise: les fondateurs de Microsoft, Bill Gates et Paul Allen, ressentirent alors que le PC, qui venait d'être tenu sur les fonts baptismaux par IBM, allait être d'une importance cruciale pour la percée de leur entreprise, et portèrent vers cette plate-forme une version - certes mise au point par eux - d'un produit existant de la firme de logiciels Sublogic, mais battant pavillon Microsoft. L'objectif était de montrer non seulement la puissance de calcul de l'ordinateur, mais aussi ce dont ils étaient capables de faire, eux les développeurs de software. Cette philosophie refait surface, dans un certain sens, trente-huit ans plus tard avec cette nouvelle édition de Flight Simulator: cette fois surtout pour mettre en vitrine la puissance du service de cartographie Bing Maps, de l'infrastructure 'cloud' Azure et de l'Ajax Content Delivery Network de Microsoft.

"C'est un showcase pour Microsoft et sa technologie", affirme Matt Booty, directeur des studios de jeux de Microsoft. "Autrefois, Flight Simulator était quasiment synonyme de Microsoft. A un moment donné, il y a quasiment vingt ans, nous y avons renoncé. La raison précise pour laquelle nous l'avons retiré, réside dans les nombreux bonds technologiques réalisés entre-temps, notamment au niveau de la technologie cartographique et de la puissance de calcul que nous avons aujourd'hui à notre disposition pour simuler les conditions atmosphériques. Une masse technologique critique est ainsi née qui, si nous la combinions, serait intéressante pour une nouvelle édition de Flight Simulator. C'est aussi un effort qui rallie plusieurs équipes au sein de Microsoft, comme les teams Bing et Azure, ainsi que notre département 'recherche' par exemple."

Une image de Flight Simulator, Microsoft
Une image de Flight Simulator © Microsoft

Jusqu'au moindre nuage

Le paysage que le pilote voit apparaître dans Flight Simulator, est créé en direct par Bing Maps. Une grande partie de ce qui est visible par les vitres du cockpit, est générée de manière 'procédurielle' avec entre autres 1,6 milliard d'hectares de forêt, 23 déserts, 1 million de montagnes, 356.000 kilomètres de côtes, 117 millions de lacs petits et grands, et 30 millions de kilomètres de routes générés automatiquement sur l'infrastructure 'cloud' Azure de Microsoft sur base de composants stockés dans le nuage. Mais l'articulation de tout cela se fait en harmonie avec toutes des choses qui se trouvent physiquement sur la planète: dans ce but, le système de cartographie Bing Maps de Microsoft y a donc été intégré. Ce système comprend notamment quatre cents villes qui ont été reproduites par photogrammétrie: sur base de milliers de photos aériennes prises sous tous les angles imaginables, un modèle 3D rudimentaire de chaque ville a été généré.

Pour les villes où tel ne fut pas le cas, comme Paris, un plan urbain fut recréé, auquel on ajouta les monuments visibles depuis le ciel, le reste étant complété par des bâtiments Haussmann déterminés de manière procédurielle, tout comme le système Azure sous-jacent à Flight Simulator crée automatiquement arbres et montagnes.

'Chaque nuage visible en un endroit géographique déterminé pendant le vol se trouve bien là à ce moment précis'

Qui plus est, les informations météo en direct et les trajectoires des autres avions que le pilote en devenir peut rencontrer dans le ciel, sont des données collectées par des sources qui tiennent le tout à jour (comme le fournisseur suisse Meteoblue) et qui sont intégrées dans le système. "Chaque nuage visible en un endroit géographique déterminé pendant le vol, se trouve bien là à ce moment précis", déclare Jorg Neumann, Head of Microsoft Flight Simulator à Redmond.

Ce n'est pas une fin en soi

La version de lancement de Microsoft, intégrant, sur base de la somme déboursée par les joueurs fanatiques de ce genre de simulateur, trente à quarante aéroports mondiaux permettant de décoller ou d'atterrir, ne représente encore que le début du... plan de vol que Microsoft a prévu pour Flight Simulator. Des mises à jour sont attendues à l'avenir avec, entre autres, le support de lunettes VR, une 'campagne' de missions, où le joueur pourra gravir les échelons de sa carrière de pilote, toujours plus d'avions et d'aéroports, ainsi que des appareils alternatifs tels des hélicoptères ou des ULM. A brève échéance, une version du jeu pour les consoles Xbox devrait aussi sortir, afin de pouvoir voler aussi dans le living.

"Nous lançons Flight Simulator maintenant, parce que c'est le moment propice pour montrer ce genre de convergence technologique au monde entier", conclut Neumann. "Mais nous y capitaliserons encore. Nous ne le considérons du reste pas comme un jeu vidéo, mais plutôt comme une plate-forme."

La chance que le nouveau jeu vidéo Microsoft Flight Simulator touche un large public, ne semble pas très grande: il faut en effet vraiment posséder un solide PC pour le faire tourner, et l'action qui se déroule à l'écran, n'est pas non plus directement du même acabit que celle de la série de jeux de tir Halo. Il s'agit ici de la première nouvelle édition de la série de longue haleine Flight Simulator de Microsoft en l'espace de quatorze ans (le précédent était Flight Simulator X datant de 2006), une série de jeux qui a toujours ciblé une communauté aussi réduite que fanatique de fans de simulateurs de vol. Ou de simmers - comme les qualifie Martial Bossard, le fondateur d'Asobo, le studio de jeux français établi à Bordeaux, qui a développé le jeu conjointement avec un équipe de designers de Redmond."Il s'agit d'un jeu pour ceux/celles qui recherchent une expérience authentique du vol", explique Bossard. "Ceux/celles qui misent sur le réalisme, la précision. Tout semble ici en effet tellement 'réaliste': des conditions atmosphériques auxquelles votre avion est confronté jusqu'aux fonctions dans le cockpit. Nous avons travaillé avec des données CAO d'avionneurs tels Airbus, Boeing, Cessna et Beechcraft, qui veulent que leurs appareils soient rendus avec la plus grande précision dans Flight Simulator. Certains de nos développeurs ont même pris des leçons de vol pour éprouver les véritables sensations de la façon dont se passe le pilotage d'un avion."Flight Simulator est toujours apparu comme une exception dans l'écurie Microsoft. Il n'empêche que la première édition datant de 1982 a été l'un des premiers produits - avant Windows, avant Office - qui fut lancé sur le marché par l'éditeur de logiciels encore très modeste à l'époque. Elle n'était même pas vraiment un produit de l'entreprise: les fondateurs de Microsoft, Bill Gates et Paul Allen, ressentirent alors que le PC, qui venait d'être tenu sur les fonts baptismaux par IBM, allait être d'une importance cruciale pour la percée de leur entreprise, et portèrent vers cette plate-forme une version - certes mise au point par eux - d'un produit existant de la firme de logiciels Sublogic, mais battant pavillon Microsoft. L'objectif était de montrer non seulement la puissance de calcul de l'ordinateur, mais aussi ce dont ils étaient capables de faire, eux les développeurs de software. Cette philosophie refait surface, dans un certain sens, trente-huit ans plus tard avec cette nouvelle édition de Flight Simulator: cette fois surtout pour mettre en vitrine la puissance du service de cartographie Bing Maps, de l'infrastructure 'cloud' Azure et de l'Ajax Content Delivery Network de Microsoft."C'est un showcase pour Microsoft et sa technologie", affirme Matt Booty, directeur des studios de jeux de Microsoft. "Autrefois, Flight Simulator était quasiment synonyme de Microsoft. A un moment donné, il y a quasiment vingt ans, nous y avons renoncé. La raison précise pour laquelle nous l'avons retiré, réside dans les nombreux bonds technologiques réalisés entre-temps, notamment au niveau de la technologie cartographique et de la puissance de calcul que nous avons aujourd'hui à notre disposition pour simuler les conditions atmosphériques. Une masse technologique critique est ainsi née qui, si nous la combinions, serait intéressante pour une nouvelle édition de Flight Simulator. C'est aussi un effort qui rallie plusieurs équipes au sein de Microsoft, comme les teams Bing et Azure, ainsi que notre département 'recherche' par exemple."Le paysage que le pilote voit apparaître dans Flight Simulator, est créé en direct par Bing Maps. Une grande partie de ce qui est visible par les vitres du cockpit, est générée de manière 'procédurielle' avec entre autres 1,6 milliard d'hectares de forêt, 23 déserts, 1 million de montagnes, 356.000 kilomètres de côtes, 117 millions de lacs petits et grands, et 30 millions de kilomètres de routes générés automatiquement sur l'infrastructure 'cloud' Azure de Microsoft sur base de composants stockés dans le nuage. Mais l'articulation de tout cela se fait en harmonie avec toutes des choses qui se trouvent physiquement sur la planète: dans ce but, le système de cartographie Bing Maps de Microsoft y a donc été intégré. Ce système comprend notamment quatre cents villes qui ont été reproduites par photogrammétrie: sur base de milliers de photos aériennes prises sous tous les angles imaginables, un modèle 3D rudimentaire de chaque ville a été généré.Pour les villes où tel ne fut pas le cas, comme Paris, un plan urbain fut recréé, auquel on ajouta les monuments visibles depuis le ciel, le reste étant complété par des bâtiments Haussmann déterminés de manière procédurielle, tout comme le système Azure sous-jacent à Flight Simulator crée automatiquement arbres et montagnes.Qui plus est, les informations météo en direct et les trajectoires des autres avions que le pilote en devenir peut rencontrer dans le ciel, sont des données collectées par des sources qui tiennent le tout à jour (comme le fournisseur suisse Meteoblue) et qui sont intégrées dans le système. "Chaque nuage visible en un endroit géographique déterminé pendant le vol, se trouve bien là à ce moment précis", déclare Jorg Neumann, Head of Microsoft Flight Simulator à Redmond.La version de lancement de Microsoft, intégrant, sur base de la somme déboursée par les joueurs fanatiques de ce genre de simulateur, trente à quarante aéroports mondiaux permettant de décoller ou d'atterrir, ne représente encore que le début du... plan de vol que Microsoft a prévu pour Flight Simulator. Des mises à jour sont attendues à l'avenir avec, entre autres, le support de lunettes VR, une 'campagne' de missions, où le joueur pourra gravir les échelons de sa carrière de pilote, toujours plus d'avions et d'aéroports, ainsi que des appareils alternatifs tels des hélicoptères ou des ULM. A brève échéance, une version du jeu pour les consoles Xbox devrait aussi sortir, afin de pouvoir voler aussi dans le living."Nous lançons Flight Simulator maintenant, parce que c'est le moment propice pour montrer ce genre de convergence technologique au monde entier", conclut Neumann. "Mais nous y capitaliserons encore. Nous ne le considérons du reste pas comme un jeu vidéo, mais plutôt comme une plate-forme."