Xavier Becerra, le procureur général de l'état américain de Californie, a introduit une demande en vue d'obliger Facebook à mettre à disposition les documents requis. Selon l'homme, qui a lancé une enquête à propos du scandale Cambridge Analytica, Facebook se montre particulièrement réticente à collaborer avec son équipe, mais aussi avec le FTC, le contrôleur du marché américain.

L'enquête est en cours depuis 18 mois déjà, mais Facebook aurait mis un an pour fournir des pièces liées à Cambridge Analytica. L'entreprise refuserait également de rechercher des informations complémentaires dans la communication des directeurs de l'entreprise, tels le CEO Mark Zuckerberg et la COO Sheryl Sandberg.

La Californie est l'un des 47 états américains qui, suite au scandale Cambridge Analytica, enquêtent sur la façon dont Facebook traite les données de ses utilisateurs. L'été dernier encore, Facebook s'était vu infliger une amende de 5 milliards de dollars de la part du contrôleur FTC en raison d'une série d'infractions au respect de la vie privée, notamment pour avoir transféré illicitement des données à Cambridge Analytica.

Cela fait quelque temps déjà que l'entreprise est pointée du doigt tant aux Etats-Unis qu'à l'étranger, et les choses ne semblent donc pas s'arranger. De milliers de documents dévoilés dans le cadre d'un autre procès opposant Facebook à un éditeur d'applis, il ressort par exemple que Facebook a utilisé des années durant les données de ses utilisateurs comme une arme dirigée contre d'autres entreprises. Les entreprises amies se voyaient récompensées, alors que les firmes rivales étaient sanctionnées. Voilà ce que NBC News signale sur base des documents internes dévoilés, datant principalement des années 2011 à 2015.

Selon NBC News, Amazon par exemple a eu accès à des informations sur les utilisateurs de Facebook, parce que l'entreprise insérait de la publicité sur la plate-forme. A noter aussi que l'appli de clavardage MessageMe vient tout juste d'en être retirée, parce qu'elle était devenue trop populaire et qu'elle pouvait faire de l'ombre à Facebook. De son côté, Facebook voulait présenter ce genre de mesure comme une façon de protéger la vie privée des utilisateurs.