"C'est avec regret que nous devons vous annoncer que suite à un long litige et à plusieurs procédures juridiques entre Dommel/Billi et Proximus, nous nous voyons contraints de mettre fin à nos services en date du dimanche 31 mars, parce que Proximus a pris la décision d'interrompre sa collaboration avec Dommel/Billi. Les services de roaming (itinérance) ne sont dès à présent déjà plus disponibles. Nous sommes dès lors obligés de résilier le contrat que vous aviez conclu avec Dommel ou Billi."

C'est en ces termes que Dommel (et son entreprise soeur Billi, en charge du marché francophone) s'adresse actuellement à ses clients. Elle affirme qu'elle tente depuis plus d'un an déjà de trouver une solution avec Proximus pour l'accès à son réseau cuivré (pour la téléphonie fixe et l'internet), mais qu'à présent, toutes les options et possibilités juridiques sont épuisées.

Tarifs

Schedom (l'entreprise derrière Dommel et à Billi) appartenait initialement à ses fondateurs, à savoir Sandra Schevenels et son époux Bart Dom. Durant l'automne 2017, l'entreprise fut revendue en catimini à Philippe Vandormael et Bart Van Coppenolle.

Une source du secteur télécom évoque à présent de graves problèmes financiers dus au fait que l'opérateur refusait de payer ses factures à Proximus. Mais chez Schedom même, on nuance fortement ces propos.

Selon Bart Van Coppenolle de Dommel, le litige porte sur les tarifs que Proximus facture à Schedom. "Le conflit concerne l'offre réglementée, ainsi que la fixation des prix et des tarifs pour le consommateur. Mais en dépit de nombreuses procédures et négociations, il nous faut constater un résultat négatif", déclare Van Coppenolle à Data News.

"Dès le rachat, nous défendions l'argument que nous avions droit à des tarifs réglementés. Nous nous sommes toujours heurtés à des retards ou à des remises sine die, ce qui nous a incités à porter plainte. Mais en fin de compte, Proximus a brandi l'argumentation du non-paiement de nos factures, alors que nous avons toujours contesté celles-ci."

Selon Van Coppenolle, Schedom possède aujourd'hui douze mille clients mobiles et quelque dix mille clients pour l'internet et la téléphonie fixes.

Un arrêt annoncé en janvier déjà

Chez Proximus, nous apprenons que l'entreprise avait signifié dès le 17 janvier une notification formelle d'interruption de services à l'entreprise derrière Dommel, parce qu'elle renoncait structurellement à ses obligations de paiement.

Proximus insiste sur le fait qu'elle a effectué plusieurs tentatives d'arriver à une solution négociée, mais sans succès. L'entreprise évoque aussi une procédure judiciaire en cours depuis novembre 2018, au terme de laquelle le tribunal de l'entreprise d'Anvers a décidé le 12 février 2019 que la demande de mesures provisoires introduite par Dommel était sans fondement. Cette requête fut également rejetée en appel en date du 21 mars.

Nouveau fournisseur

Dommel ne perd pour autant pas espoir et mène des négociations avec d'autres acteurs en vue de poursuivre son offre. Il n'y a cependant guère de choix. Pour le mobile, seuls Orange et Telenet disposent d'un réseau propre et pour l'internet fixe, Telenet est le seul autre fournisseur.

"Nous sommes réalistes et savons évidemment que le choix est limité, mais nous menons des entretiens, et toutes les instances sont au courant. Il est regrettable que nos clients soient à présent pris en otages. A court terme, nous nous avouons vaincus, mais à longue échéance, nous espérons gagner", conclut Van Coppenolle.