"Pour prendre une mesure aussi lourde qu'un bannissement, il faut des preuves", déclare Arne Shoenbohm à Der Spiegel. Shoenbohm dirige le BSI, le service fédéral allemand en charge de la sécurisation des informations. Et d'ajouter que son organisation ne dispose à ce jour d'aucune preuve.

Cette déclaration est étonnante dans la mesure où Huawei est citée de plus en plus souvent pour ses liens supposés avec les services d'espionnage chinois. Les Etats-Unis, l'Australie et le Japon notamment ont interdit à l'entreprise de fournir de nouvelles infrastructures pour leurs réseaux respectifs. Et au Canada, la CFO d'Huawei, Meng Wanzhou, a été arrêtée il y a quelque temps, parce qu'elle est soupçonnée d'espionnage (de nouveau par les Etats-Unis).

Selon Der Spiegel, les Etats-Unis mettent à présent aussi la pression sur l'Allemagne, pour qu'elle impose une interdiction similaire. Lors de ses analyses de produits Huawei, le BSI n'a cependant trouvé aucune preuve compromettante pour l'entreprise chinoise. Et c'est important à un moment où de nombreux pays et opérateurs doivent choisir le fournisseur de leur (coûteuse) infrastructure 5G. Actuellement, les trois principaux opérateurs mobiles allemands utilisent l'infrastructure d'Huawei pour les réseaux respectifs.

Huawei a elle-même toujours démenti incorporer des portes dérobées dans ses produits et a ouvert en novembre un 'safety lab' à Bonn, où les clients peuvent visionner notamment le code source de ses produits. Cette initiative fait du reste penser aux efforts consentis par exemple par l'entreprise de sécurité Kaspersky qui, du fait de ses origines russes, est elle aussi suspectée d'espionnage.