L'Union européenne a des 'soucis' à se faire à propos d'Huawei et d'autres entreprises technologiques chinoises, parce qu'elles risquent de bloquer le secteur et sa sécurité, a déclaré Ansip vendredi, selon l'agence de presse Reuters. Ces propos succèdent à l'arrestation de la directrice d'Huawei au Canada.

Huawei a réagi quasi directement et a annoncé n'avoir jamais reçu de demande de la part de n'importe quel gouvernement en vue d'installer des portes dérobées et/ou de perturber des réseaux. Son personnel ne le tolérerait de toute façon pas. "Nous rejetons systématiquement toute accusation, selon laquelle nous sommes la cause d'une menace pour la sécurité", peut-on lire dans un communiqué.

La mise en garde lancée par Ansip vient après que les Etats-Unis ont fait arrêter la CFO d'Huawei, Meng Wanzhou, au Canada. Non pas pour espionnage, mais parce que la firme chinoise aurait vendu de la technologie à l'Iran, ce qui va à l'encontre de l'embargo commercial imposé par les Américains à ce dernier pays.

Les Etats-Unis affirment depuis des années déjà qu'Huawei représente une menace d'espionnage, mais ils ont fortement amplifié ce combat l'année dernière. Récemment encore, ils ont demandé à leurs alliés d'éviter cette entreprise. Depuis lors, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Belgique notamment ont entamé une enquête. Quant au Japon, il vient de décider d'exclure les entreprises chinoises de son futur réseau 5G.

A ce jour, on attend cependant toujours des preuves compromettantes pour les entreprises chinoises. Depuis le lancement de leur campagne diffamatoire, les Etats-Unis n'ont en effet encore jamais démontré publiquement qu'Huawei ou son homologue ZTE se soient rendues coupables d'actes d'espionnage au moyen de leur équipement télécom. Ce qui est sûr par contre, c'est que les Etats-Unis, suite à l'éclatement du scandale prism, ont bien reconnu recourir à leurs firmes technologiques pour des mises sur écoute au niveau mondial.