Plus tôt ce mois-ci, on apprenait que Google était prête à censurer son moteur de recherche pour satisfaire aux exigences des autorités chinoises. Selon son PDG Sundar Pichai, l'entreprise n'a cependant fait qu'exprimer son intérêt pour un retour possible sur le marché chinois. Selon lui, le projet, baptisé Dragonfly, ne se trouve encore qu'à un stade précoce. Aucune décision n'a encore été prise non plus à propos du fait que Google allait réellement effectuer son retour sur le marché chinois, qu'elle quitta en 2010.

Pichai a tenu ces propos lors d'une rencontre privée avec le personnel de son entreprise. Ce dernier avait précédemment déjà exprimé son insatisfaction à propos du projet en question. Selon les employés, ce genre de robot de recherche censuré enfreindrait les codes éthiques de Google.

Plus de transparence

Ce n'est du reste pas la première fois que le personnel de Google s'oppose à sa propre direction sur des questions éthiques. Lorsqu'il apprit en juillet que Google allait participer pour le compte des autorités américaines à une recherche AI susceptible d'être utilisée dans des drones pour des opérations militaires, il y eut déjà une levée de boucliers. Quelques employés auraient même quitté l'entreprise en guise de protestation. Google décida alors de résilier le contrat signé avec le Pentagone. Sundar Pichai publia alors un manuel éthique en matière d'AI (intelligence artificielle), dans lequel il promettait que Google ne mènerait pas de recherche sur des armes susceptibles d'être utilisées dans des conflits.

Le même genre de tentative d'apaisement a donc lieu à présent, après que 1.400 membres du personnel aient signé une lettre, dans laquelle ils expriment leurs objections contre un moteur de recherche censuré pour la Chine. Dans cette lettre, les employés exigent plus de transparence sur les projets auxquels collabore Google. "Le personnel de Google doit savoir à quoi il travaille", peut-on lire dans la lettre, qui a été publiée par le site technologique Gizmodo.