Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a évoqué aujourd'hui dans son "état de l'Union" le terme magique de "souveraineté technologique". Dans le secteur technologique, nous en parlons tous. Ce que nous voulons dire, c'est que nous ne devons pas devenir dépendants de la Chine et des États-Unis et que nous devons être capables de répondre à nos propres besoins européens. De préférence, pas uniquement au niveau européen, mais au niveau national, ou pourquoi pas, au niveau régional.

Mais est-ce réalisable ? L'Europe fait-elle le poids, fait-elle preuve de la rapidité nécessaire dans ses décisions, possède-t-elle les ressources financières et l'unité politique nécessaires ? Peut-être pas toujours, mais l'Europe dispose d'autres atouts sur lesquels elle peut miser. Elle peut par exemple nous encourager à appréhender les choses sous un autre angle, en nous affranchissant de notre vision trop locale. En outre, l'Europe offre des économies d'échelle, peut fournir beaucoup d'expertise, peut nous offrir des modèles de financement intelligents, dispose d'universités et d'instituts de recherche de premier plan... Bref, l'Europe peut s'appuyer sur l'innovation, la masse critique nécessaire et beaucoup de talent (et nous pouvons encore réaliser d'importants progrès à ce niveau).

Du statut de client à celui de co-investisseur

Prenons notre approvisionnement en énergie, qui a fait l'objet de nombreux débats ces derniers jours. Pourquoi nos prix du gaz augmentent-ils ainsi ? Est-ce parce que nous sommes dépendants d'autres pour notre approvisionnement énergétique ? Mais n'en a-t-il pas toujours été ainsi ? Après tout, nous importons du pétrole du monde entier depuis des décennies. Je pense que la différence réside dans le rôle que nous jouons dans la chaîne de valeur, plus que dans la dépendance à l'égard des autres... Nous continuons à assumer trop souvent le rôle de "client" plutôt que celui de "co-investisseur".

Ne sommes-nous pas trop dépendants de l'évolution des prix sur le marché du gaz et de l'énergie parce que nous importons de l'énergie en tant que "client" et non en tant que "producteur", même si la production se fait à l'étranger ? Les récentes hausses de prix sur le marché du gaz naturel sont un phénomène mondial, mais nous les ressentons de manière encore plus aiguë en Europe, car nous disposons nous-mêmes de peu de réserves de gaz et sommes largement dépendants des importations. Le développement de la production d'énergie renouvelable en Europe nous permet de réduire notre dépendance à l'égard des combustibles fossiles et de mieux contrôler notre approvisionnement énergétique. Ceci ne signifie toutefois pas que nous ne devrons plus recourir du tout aux importations. Par exemple, pour réduire les émissions de CO2 de notre industrie lourde, nous aurons besoin d'hydrogène vert, et celui-ci ne peut pas toujours être produit localement en Europe.

Nous continuons à assumer trop souvent le rôle de 'client' plutôt que celui de 'co-investisseur'

Il faudra développer des partenariats avec les pays où l'énergie renouvelable peut être produite et transportée de la manière la plus économique possible. Il faut également y voir une opportunité d'exporter nos innovations technologiques belges et européennes ainsi que nos talents. En co-investissant, nous n'endossons pas simplement le rôle de "client", mais nous gardons également un certain contrôle. L'Europe peut prendre les devants et s'affirmer auprès des pays qui peuvent co-investir dans la production d'énergie renouvelable, afin de garantir un approvisionnement énergétique européen à un prix raisonnable. Par exemple, plusieurs pays d'Europe (dont l'Allemagne) ont déjà conclu des protocoles d'accord pour de nouvelles voies d'échange d'hydrogène, tandis que nous, nous en sommes encore à discuter de la faisabilité de notre mix énergétique du futur. Bien entendu, nous ne devons pas collaborer uniquement avec des pays hors Europe.

La collaboration à l'intérieur de l'Europe est tout aussi importante, certainement pour un petit pays comme la Belgique. Cela vaut pour la production d'énergie renouvelable, mais aussi pour les technologies nécessaires à la transition écologique (comme les batteries et l'hydrogène). Les projets importants d'intérêt européen commun (IPCEI) permettent aux États membres de coopérer sur des projets qui revêtent une importance stratégique pour l'Union européenne, tout en contribuant à notre souveraineté technologique. Nous devons utiliser judicieusement les ressources et les possibilités d'investissement qu'offre l'Europe, en faisant des choix stratégiques et en étant ambitieux dans nos politiques de soutien. Et concernant ces fonds européen justement, le fait que notre pays reçoive 750 millions d'euros de moins du budget de relance européen n'est pas une mauvaise nouvelle, en fait, mais une bonne. C'est parce que notre croissance économique reprend plus fortement que prévu. Alors, ne nous en plaignons pas !

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a évoqué aujourd'hui dans son "état de l'Union" le terme magique de "souveraineté technologique". Dans le secteur technologique, nous en parlons tous. Ce que nous voulons dire, c'est que nous ne devons pas devenir dépendants de la Chine et des États-Unis et que nous devons être capables de répondre à nos propres besoins européens. De préférence, pas uniquement au niveau européen, mais au niveau national, ou pourquoi pas, au niveau régional.Mais est-ce réalisable ? L'Europe fait-elle le poids, fait-elle preuve de la rapidité nécessaire dans ses décisions, possède-t-elle les ressources financières et l'unité politique nécessaires ? Peut-être pas toujours, mais l'Europe dispose d'autres atouts sur lesquels elle peut miser. Elle peut par exemple nous encourager à appréhender les choses sous un autre angle, en nous affranchissant de notre vision trop locale. En outre, l'Europe offre des économies d'échelle, peut fournir beaucoup d'expertise, peut nous offrir des modèles de financement intelligents, dispose d'universités et d'instituts de recherche de premier plan... Bref, l'Europe peut s'appuyer sur l'innovation, la masse critique nécessaire et beaucoup de talent (et nous pouvons encore réaliser d'importants progrès à ce niveau).Prenons notre approvisionnement en énergie, qui a fait l'objet de nombreux débats ces derniers jours. Pourquoi nos prix du gaz augmentent-ils ainsi ? Est-ce parce que nous sommes dépendants d'autres pour notre approvisionnement énergétique ? Mais n'en a-t-il pas toujours été ainsi ? Après tout, nous importons du pétrole du monde entier depuis des décennies. Je pense que la différence réside dans le rôle que nous jouons dans la chaîne de valeur, plus que dans la dépendance à l'égard des autres... Nous continuons à assumer trop souvent le rôle de "client" plutôt que celui de "co-investisseur". Ne sommes-nous pas trop dépendants de l'évolution des prix sur le marché du gaz et de l'énergie parce que nous importons de l'énergie en tant que "client" et non en tant que "producteur", même si la production se fait à l'étranger ? Les récentes hausses de prix sur le marché du gaz naturel sont un phénomène mondial, mais nous les ressentons de manière encore plus aiguë en Europe, car nous disposons nous-mêmes de peu de réserves de gaz et sommes largement dépendants des importations. Le développement de la production d'énergie renouvelable en Europe nous permet de réduire notre dépendance à l'égard des combustibles fossiles et de mieux contrôler notre approvisionnement énergétique. Ceci ne signifie toutefois pas que nous ne devrons plus recourir du tout aux importations. Par exemple, pour réduire les émissions de CO2 de notre industrie lourde, nous aurons besoin d'hydrogène vert, et celui-ci ne peut pas toujours être produit localement en Europe. Il faudra développer des partenariats avec les pays où l'énergie renouvelable peut être produite et transportée de la manière la plus économique possible. Il faut également y voir une opportunité d'exporter nos innovations technologiques belges et européennes ainsi que nos talents. En co-investissant, nous n'endossons pas simplement le rôle de "client", mais nous gardons également un certain contrôle. L'Europe peut prendre les devants et s'affirmer auprès des pays qui peuvent co-investir dans la production d'énergie renouvelable, afin de garantir un approvisionnement énergétique européen à un prix raisonnable. Par exemple, plusieurs pays d'Europe (dont l'Allemagne) ont déjà conclu des protocoles d'accord pour de nouvelles voies d'échange d'hydrogène, tandis que nous, nous en sommes encore à discuter de la faisabilité de notre mix énergétique du futur. Bien entendu, nous ne devons pas collaborer uniquement avec des pays hors Europe. La collaboration à l'intérieur de l'Europe est tout aussi importante, certainement pour un petit pays comme la Belgique. Cela vaut pour la production d'énergie renouvelable, mais aussi pour les technologies nécessaires à la transition écologique (comme les batteries et l'hydrogène). Les projets importants d'intérêt européen commun (IPCEI) permettent aux États membres de coopérer sur des projets qui revêtent une importance stratégique pour l'Union européenne, tout en contribuant à notre souveraineté technologique. Nous devons utiliser judicieusement les ressources et les possibilités d'investissement qu'offre l'Europe, en faisant des choix stratégiques et en étant ambitieux dans nos politiques de soutien. Et concernant ces fonds européen justement, le fait que notre pays reçoive 750 millions d'euros de moins du budget de relance européen n'est pas une mauvaise nouvelle, en fait, mais une bonne. C'est parce que notre croissance économique reprend plus fortement que prévu. Alors, ne nous en plaignons pas !