Une première version de la loi a été approuvée le 5 novembre à la Douma, le Parlement russe. Elle stipule que les fabricants non-russes de smartphones, ordinateurs et TV connectées doivent installer à l'avance un certain nombre d'applis russes sur les appareils lancés sur le marché.

On ne sait pas encore quelles sont ces applications spécifiques. Si cette loi est définitivement agréée, elle pourrait entrer en vigueur d'ici juillet de l'année prochaine. L'amende prévue pour une non-collaboration est cependant relativement faible: quelque 200.000 roubles, soit à peine 2.800 euros après conversion.

La mesure fait dans un premier temps penser à une tentative d'espionnage gouvernemental, mais selon le site d'actualité indépendant (basé en Lettonie) Meduzza, tel n'est pas le cas. D'une part, la loi a été approuvée par des parlementaires de quasiment chaque fraction politique et porte entre autres sur la facilité d'emploi, de sorte que des utilisateurs plus âgés ne doivent pas rechercher des applis à installer après coup.

Pas question d'espionnage

Plusieurs sources, dont Alexander Yushchenko, parlementaire du parti communiste, déclarent qu'il n'est pas question de tracer les citoyens pour savoir où ils se trouvent ou s'ils transfèrent des données. "Nous sommes de toute façon déjà suivis, mais cette loi ne concerne pas la collecte d'informations", déclare-t-il à Meduzza.

Indépendance

Une autre raison que Meduzza a apprise de sources parlementaires, c'est que la loi a bien été instruite par le Kremlin et qu'elle s'inscrit dans un projet pour un internet souverain. La Russie n'aime pas dépendre d'applications étrangères populaires. En faisant préinstaller des pendants locaux, le pays aura moins besoin de Google ou de Facebook par exemple.

La question est de savoir comment les fabricants de smartphones vont réagir à pareille mesure. C'est ainsi qu'Apple, via une source anonyme il est vrai, aurait déjà annoncé qu'elle n'avait pas l'intention de collaborer et que la Russie n'était pas un marché stratégique important pour elle. Même si l'amende prévue est plutôt basse, la loi génère donc aussi la spéculation, selon laquelle Apple pourrait quitter totalement la Russie.