D'importantes conférences, telles MWC, donnent toujours - parfois de manière involontaire -, une idée de la façon dont le secteur technologique réagit au monde qui évolue. En 2019 par exemple, la tendance était encore 'tout le monde reste chez soi'. Cette édition du salon télécom fut en effet - pandémie oblige - le premier grand événement technologique à avoir été annulé. Dans ce début d'année 2022 à tout le moins tumultueux, le salon est cependant de retour avec port du masque, mais sans pavillon national russe. Nous y avons certes encore rencontré un stand Kaspersky, mais uniquement couvert de panneaux informatifs. L'entreprise a apparemment décidé de ne pas confronter son personnel à des questions par trop délicates.

Plus étonnant pour un salon télécom: il n'y a cette année que très peu d'annonces liées aux smartphones. A son apogée, le MWC était associé à de petits bijoux, mais cette fois, il convient de vraiment bien chercher pour en trouver. On sentait arriver la tendance depuis quelque temps déjà. Des acteurs en vue comme Apple et Samsung préfèrent lancer leurs produits-phares à un autre moment, question de ne pas devoir partager l'attention avec la concurrence. Une foule d'autres entreprises telles Huawei et LG ont, elles, plus ou moins renoncé à en produire. Et en toute honnêteté, les appareils ne sont plus aussi super sexy qu'avant. On ne voit depuis quelque temps plus se manifester de véritables avancées technologiques. La 5G existe pour quasiment chaque consommateur, et les écrans pliables sont réservés aux clients nantis. Les marques se contentent de se distinguer par la couleur de leurs étuis et par la façon dont l'AI de leur smartphone se charge de la photographie nocturne, semble-t-il.

L'incontournable métavers

Ce n'était donc pas le moment propice pour MWC de se réinventer. En profondeur, il s'agit en effet encore et toujours simplement d'un salon du réseau. L'essence de la GSMA porte sur les normes wifi et les réalisations 5G, mais ce n'est à vrai dire pas vraiment passionnant pour le grand public. Pour éviter une déchéance comme celle du CeBIT, il faut accrocher l'attention de ce dernier. Et même si nous avons quand même observé pas mal d'appareils intéressants et d'annonces, le tout nouveau focus semble surtout reposer sur le métavers. Le concept de mondes en ligne, qui existe depuis vingt ans déjà et que Mark Zuckerberg a relancé subitement l'année dernière afin de détourner l'attention de ses propres scandales, offre de quoi remplir les rêves high-tech du futur.

Cela se traduit surtout dans la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Pensons aux démonstrations 5G, par lesquelles il est possible de faire rouler, à partir de Barcelone et au moyen d'un casque VR, une petite voiture sur le sol français. Ou à des danseurs virevoltant virtuellement autour de téléspectateurs. SK Telecom, l'un des principaux opérateurs télécoms de Corée du Sud, dispose d'un stand particulièrement populaire d'où s'échappent des couleurs vives et des avatars numériques branchés. Des vidéos montrent les possibilités: des ados invités à des concerts métavers, où ils peuvent se laisser numériquement complètement aller avec leurs amis. On voit aussi des visiteurs du salon en costume strict qui, armés d'un casque et d'un contrôleur, sont largués dans un monde kaléidoscopique, où ils tentent de se frayer un chemin en effectuant des mouvements malhabiles. C'est là le type de démonstrations qui font voir un futur coloré et flashy, où tout se passe de manière plus fluide et mieux rendu qu'à présent.

Mais encore

Derrière ces parois éblouissantes (à prendre au pied de la lettre pour ce stand), on distingue aussi des démonstrations de la manière, dont un monde hyper-connecté se manifeste dans la pratique. Le genre de chose qui n'a strictement rien de futuriste, mais qui est néanmoins déployé sur le terrain. SK présente par exemple une AI capable d'adapter automatiquement les images d'un appareil photo, afin de permettre de les analyser même à basse résolution. On vante aussi des caméras de sécurité identifiant automatiquement des personnes, le contrôle de la foule en temps réel et l'AI vous permettant de passer en revue les images de surveillance, par exemple à un moment où vous avez laissé tomber votre portefeuille dans un magasin.

Du high tech, cutting edge à la limite (voire au-delà) de ce qu'un Européen accepterait. Tout comme la reconnaissance faciale automatique pour pouvoir pénétrer au MWC (équipé du reste d'une possibilité de refus), cette technologie promet efficience et sécurité, aussi longtemps qu'on ne réfléchit pas trop à ce qui pourrait arriver si elle tombait entre des mains indélicates.

Quant à savoir si le métavers n'est pas grande chose de plus qu'une distraction, on n'en est pas encore là. Mais il est en ce moment loin d'être évident de savoir si la prochaine génération technologique se déclinera autrement dans le futur des télécoms. Après avoir hiberné pendant deux ans, le MWC donne cette année surtout l'impression que le salon, tout comme le reste du secteur, tente par des mouvements quelque peu malhabiles de se frayer un itinéraire dans un monde en évolution rapide.

D'importantes conférences, telles MWC, donnent toujours - parfois de manière involontaire -, une idée de la façon dont le secteur technologique réagit au monde qui évolue. En 2019 par exemple, la tendance était encore 'tout le monde reste chez soi'. Cette édition du salon télécom fut en effet - pandémie oblige - le premier grand événement technologique à avoir été annulé. Dans ce début d'année 2022 à tout le moins tumultueux, le salon est cependant de retour avec port du masque, mais sans pavillon national russe. Nous y avons certes encore rencontré un stand Kaspersky, mais uniquement couvert de panneaux informatifs. L'entreprise a apparemment décidé de ne pas confronter son personnel à des questions par trop délicates.Plus étonnant pour un salon télécom: il n'y a cette année que très peu d'annonces liées aux smartphones. A son apogée, le MWC était associé à de petits bijoux, mais cette fois, il convient de vraiment bien chercher pour en trouver. On sentait arriver la tendance depuis quelque temps déjà. Des acteurs en vue comme Apple et Samsung préfèrent lancer leurs produits-phares à un autre moment, question de ne pas devoir partager l'attention avec la concurrence. Une foule d'autres entreprises telles Huawei et LG ont, elles, plus ou moins renoncé à en produire. Et en toute honnêteté, les appareils ne sont plus aussi super sexy qu'avant. On ne voit depuis quelque temps plus se manifester de véritables avancées technologiques. La 5G existe pour quasiment chaque consommateur, et les écrans pliables sont réservés aux clients nantis. Les marques se contentent de se distinguer par la couleur de leurs étuis et par la façon dont l'AI de leur smartphone se charge de la photographie nocturne, semble-t-il.Ce n'était donc pas le moment propice pour MWC de se réinventer. En profondeur, il s'agit en effet encore et toujours simplement d'un salon du réseau. L'essence de la GSMA porte sur les normes wifi et les réalisations 5G, mais ce n'est à vrai dire pas vraiment passionnant pour le grand public. Pour éviter une déchéance comme celle du CeBIT, il faut accrocher l'attention de ce dernier. Et même si nous avons quand même observé pas mal d'appareils intéressants et d'annonces, le tout nouveau focus semble surtout reposer sur le métavers. Le concept de mondes en ligne, qui existe depuis vingt ans déjà et que Mark Zuckerberg a relancé subitement l'année dernière afin de détourner l'attention de ses propres scandales, offre de quoi remplir les rêves high-tech du futur.Cela se traduit surtout dans la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Pensons aux démonstrations 5G, par lesquelles il est possible de faire rouler, à partir de Barcelone et au moyen d'un casque VR, une petite voiture sur le sol français. Ou à des danseurs virevoltant virtuellement autour de téléspectateurs. SK Telecom, l'un des principaux opérateurs télécoms de Corée du Sud, dispose d'un stand particulièrement populaire d'où s'échappent des couleurs vives et des avatars numériques branchés. Des vidéos montrent les possibilités: des ados invités à des concerts métavers, où ils peuvent se laisser numériquement complètement aller avec leurs amis. On voit aussi des visiteurs du salon en costume strict qui, armés d'un casque et d'un contrôleur, sont largués dans un monde kaléidoscopique, où ils tentent de se frayer un chemin en effectuant des mouvements malhabiles. C'est là le type de démonstrations qui font voir un futur coloré et flashy, où tout se passe de manière plus fluide et mieux rendu qu'à présent.Derrière ces parois éblouissantes (à prendre au pied de la lettre pour ce stand), on distingue aussi des démonstrations de la manière, dont un monde hyper-connecté se manifeste dans la pratique. Le genre de chose qui n'a strictement rien de futuriste, mais qui est néanmoins déployé sur le terrain. SK présente par exemple une AI capable d'adapter automatiquement les images d'un appareil photo, afin de permettre de les analyser même à basse résolution. On vante aussi des caméras de sécurité identifiant automatiquement des personnes, le contrôle de la foule en temps réel et l'AI vous permettant de passer en revue les images de surveillance, par exemple à un moment où vous avez laissé tomber votre portefeuille dans un magasin.Du high tech, cutting edge à la limite (voire au-delà) de ce qu'un Européen accepterait. Tout comme la reconnaissance faciale automatique pour pouvoir pénétrer au MWC (équipé du reste d'une possibilité de refus), cette technologie promet efficience et sécurité, aussi longtemps qu'on ne réfléchit pas trop à ce qui pourrait arriver si elle tombait entre des mains indélicates.Quant à savoir si le métavers n'est pas grande chose de plus qu'une distraction, on n'en est pas encore là. Mais il est en ce moment loin d'être évident de savoir si la prochaine génération technologique se déclinera autrement dans le futur des télécoms. Après avoir hiberné pendant deux ans, le MWC donne cette année surtout l'impression que le salon, tout comme le reste du secteur, tente par des mouvements quelque peu malhabiles de se frayer un itinéraire dans un monde en évolution rapide.