CitizenLab veut croître plus rapidement. Dans ce but, la jeune entreprise vient d'en finir avec une phase de capitalisation, au cours de laquelle elle a recueilli 2 millions d'euros. Cette phase d'investissement a été dirigée par Inventures, un fonds d'investissement impacté. Le groupe IT Cipal Schaubroeck, le fonds d'investissement bruxellois finance.brussels et la banque ING y ont également pris part.

La start-up est à l'initiative d'une plate-forme de participation permettant aux citoyens de faire entendre leur voix. Depuis sa fondation en 2015, CitizenLab a accueilli plus de 100 villes et communes au nombre de ses clients et ce, tant sur le plan national avec des villes comme Courtrai, Louvain et Arlon, qu'à l'étranger.

Sous le capot-moteur

La plate-forme citoyenne de CitizenLab se compose actuellement d'une série d'instruments que les villes et communes peuvent utiliser pour demander l'avis de leurs citoyens ou pour élaborer des processus de participation. Il existe par exemple des outils pour émettre des idées, les approuver et en discuter, pour répartir des budgets ou lancer des initiatives. L'injection de capital devrait notamment générer de nouveaux modules.

L'investissement effectué par le fournisseur de services IT Cipal Schaubroeck n'est donc pas uniquement financier, mais aussi pratique, selon Wietse Van Ransbeeck, CEO de CitizenLab, qui s'est confié à Data News: "Ce fournisseur possède d'une part une grande expertise dans le secteur public, mais en outre, nous allons pouvoir aussi mieux intégrer notre plate-forme citoyenne avec ses services. Il dispose de nombreux système de back-office, notamment sur le plan décisionnel, et de nombreuses communes flamandes travaillent déjà avec son software. Il est à présent crucial de prévoir un lien avec les systèmes existants, afin d'améliorer cette tendance."

De plus, CitizenLab entend intégrer davantage encore l'intelligence artificielle à la plate-forme. "Chez nous, il est question d'analyse de données en langage naturel", explique Van Ransbeeck. "Nous travaillons avec les données que le citoyen transmet aux autorités et nous y trouvons souvent énormément d'idées. Mais nous observons que ce n'est pas une sinécure pour le fonctionnaire qui doit en faire un résumé, pour y baser finalement une prise de décision. Nous proposons à présent, à partir de l'analyse textuelle, une décomposition sémantique de cet input. Nous allons regrouper les idées comparables et les répartir en éléments démographiques. On pourrait découvrir alors que pour les jeunes par exemple, les infrastructures cyclistes sont une priorité, alors qu'une autre catégorie d'âge recherche peut-être davantage de places de parking."

A l'étranger

Comme il est de tradition dans de nombreuses phases de capitalisation, CitizenLab utilisera aussi l'argent récolté pour croître plus rapidement à l'étranger. Aujourd'hui, la plupart des clients de CitizenLabs viennent de Belgique, mais l'entreprise bruxelloise a accompli ses premiers pas par-delà les frontières après la phase de capitalisation précédente. Elle est entre-temps active en France, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, au Danemark et au Chili.

Et la start-up ne compte pas s'arrêter là, selon Van Ransbeeck: "Avec le premier demi-million récolté, nous voulions pénétrer sur ces marchés. Aujourd'hui, vingt-cinq villes et communes en France et aux Pays-Bas sont clientes chez nous, et notre objectif est d'étoffer l'équipe en place dans ces pays. Pour nous, la Grande-Bretagne est encore un tout nouveau marché qui nous intéresse. Nous n'y possédons pas encore d'équipe, mais nous l'envisageons. En outre, nous préparons également de nouveaux modèles de distribution. Au Chili, nous travaillons par exemple avec un revendeur, qui a déjà accueilli trois villes clientes." D'ici la fin de l'année prochaine, CitizenLab souhaite installer sa plate-forme dans 300 villes et communes.

Actuellement, l'entreprise occupe 15 personnes et a 10 places vacantes. La start-up envisage durant les dix-huit prochains mois de doubler en taille, notamment en complétant les équipes locales à l'étranger, mais aussi avec des postes de support à la clientèle et de développement de produits.