Le monde politique britannique aurait normalement dû décider hier lundi si Huawei pouvait encore participer à la mise en oeuvre de réseaux 5G en Grande-Bretagne. Soit entièrement, soit pas du tout, soit encore uniquement sur des éléments non-cruciaux. Mais cette décision est à présent reportée.

La principale raison de ce report réside dans le fait que le pays attend des éclaircissements à propos des mesures que prendront ou non les Etats-Unis à l'encontre d'Huawei.

"Ces mesures peuvent avoir un impact sur la disponibilité future et sur la fiabilité des produits d'Huawei, conjointement avec une influence sur le marché, ce qui pourrait s'avérer déterminant quant à l'implication de la firme chinoise dans les réseaux 5G", déclare le ministre en charge de l'agenda numérique, Jeremy Wright.

C'est le comité de sécurité national britannique, actuellement présidé par Theresa May, qui décide normalement de cette question. Mais en raison du report, la décision sur Huawei sera à présent du ressort du prochain premier ministre.

Huawei est depuis des années déjà dans la ligne de mire des Etats-Unis. Ce pays accuse le fabricant télécom chinois de mises sur écoute pour le compte des autorités chinoises. Huawei l'a toujours démenti avec force. Aucune preuve n'a en outre jamais été présentée quant au fait que l'équipement d'Huawei contiendrait des protes dérobées, ce qui est en revanche le cas d'appareils des firmes américaines Cisco et Juniper.

Ces derniers mois, il est apparu clairement que l'attitude des Etats-Unis est surtout dictée par une guerre commerciale plutôt que par un véritable problème de sécurité. C'est ainsi qu'Huawei avait été bannie par les Etats-Unis en mai, mais sous la pression d'entreprises technologiques américaines, qui vendent des puces et des logiciels à Huawei, les choses ont quelque peu changé, puisque ces entreprises recevront bientôt de nouveau des licences pour pouvoir commercer avec Huawei.

En Grande-Bretagne même, deux réseaux 5G sont actifs pour l'instant. Celui d'EE (de la société-mère BT), qui repose en partie sur de l'équipement Huawei, et celui de Vodafone.