La fuite de données en Suède fait chanceler le gouvernement

Annie Loof, Anna Kinberg Batra, Ebba Busch Thor et Jan Bjorklund, © Reuters
Pieterjan Van Leemputten

La fuite des données personnelles de millions de Suédois et d’informations ‘secret d’état’ met en danger l’existence même du gouvernement de ce pays.

Suite à ce scandale, les partis d’opposition de centre-droite introduisent en effet à présent une motion de défiance à l’égard de trois ministres en place. Cela pourrait entraîner de nouvelles élections ou à tout le moins faire sérieusement chanceler le gouvernement actuel.

Concrètement, il s’agit des ministres en charge de l’infrastructure, de la défense et de l’intérieur, à savoir respectivement Anna Johansson, Peter Hultqvist et Anders Ygeman.

Ils sont ciblés pour leur implication dans le contrat d’externalisation IT conclu par l’agence suédoise des transports avec IBM en 2015. Pour des raisons d’économies, l’opération fut effectuée en toute hâte, ce qui fait que des procédures de sécurité internes furent contournées. Il en résulta que les données en question furent rendues accessibles à des collaborateurs tchèques d’IBM, qui n’avaient pas au préalable fait l’objet d’un screening.

Selon l’agence Reuter, les quatre partis d’opposition de centre-droite vont introduire une motion de défiance et seront soutenus par les démocrates suédois d’extrême droite nationaliste. Si cela se passe ainsi, ils ont de fortes chances d’emporter le vote.

L’actuel gouvernement du premier ministre Stefan Löfven est composé des écolos et des démocrates sociaux, mais ceux-ci ne possèdent que 138 sièges sur les 349 au Parlement. Ce dernier se trouve actuellement en mode vacances, mais l’opposition entend introduire une requête en vue de ‘sonner le rassemblement’ dans les dix jours à suivre.

Pas uniquement des problèmes chez IBM

Le scandale de la fuite des données remonte à quelque temps déjà. C’est ainsi qu’en janvier, la directrice générale de l’époque de l’agence suédoise des transports a démissionné. Un peu plus tard, elle se vit condamnée à verser une amende de 7.300 couronnes, ce qui correspondait à un demi-mois de son salaire. Un montant qui, selon les esprits critiques, n’était pas en rapport avec l’importance de la fuite de données.

Les problèmes ne se limitent du reste pas au contrat d’externalisation conclu avec IBM, qui s’abstient de tout commentaire à propos de cette affaire. C’est ainsi qu’en mars, les données relatives à tous les véhicules et à leurs conducteurs au niveau national ont été envoyées à une entreprise de marketing. Ce n’était pas défendu en soi, si ce n’était que la liste en question contenait aussi les noms, adresses, photos et autres renseignements de pilotes de combat, témoins protégés, agents de police et unités militaires spéciales.

Entre-temps, l’agence ciblée a déclaré ne pas savoir si les infos sensibles étaient effectivement tombées entre des mains indélicates. Le premier ministre Löfven a promis de mettre en oeuvre des lois plus strictes à propos de la manipulation des données sensibles et ce, même si ce sont précisément des règles du genre qui ont été contournées lors de la conclusion du contrat d’externalisation.

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