Le Tech Visa spécial existe depuis quelque temps déjà, mais est à présent encore étendu. Dans le système précédent, une centaine de startups y avait accès, contre dix mille à présent.

Dans un communiqué posté sur Medium, Kat Borlongan, responsable de French Tech Mission, explique les principaux éléments du visa. Elle y indique qu'il est (pour ainsi dire) gratuit, puisqu'il ne nécessite que 368 euros de frais administratifs. Ce visa est valable quatre ans et permet de faire venir le/la partenaire et les enfants de son titulaire. Il peut être prolongé et n'est pas lié à une entreprise: quiconque veut travailler par la suite pour une autre startup, peut le faire.

La modification la plus importante concerne le nombre de startups prises en considération. Précédemment, cela passait par un programme de sélection français, mais désormais, il suffira que la startup ait reçu de l'argent d'un fonds d'investissement reconnu, fasse partie d'un accélérateur, se voit allouer un soutien public ou possède le statut JEI (Jeune Entreprise Innovante). L'exigence que le titulaire du visa doive disposer d'un diplôme master, n'est plus de mise.

La réforme est due au secrétaire d'Etat français pour les affaires numériques, Mounir Mahjoubi. Borlongan parle du "visa startup le plus ouvert au monde". La mesure s'inscrit aussi dans un cadre plus large, qui avait été fixé en 2017 déjà, par lequel la France voulait investir entre 2018 et 2022 un montant total de 15 milliards d'euros, afin d'améliorer les compétences de ses citoyens (demandeurs d'emploi et étudiants).

Belgique: examiné, mais jugé inintéressant

La France n'est pas le seul pays intéressé par ce genre de visa. Les Pays-Bas, l'Estonie et le Portugal possèdent en effet des programmes similaires. Chez nous, il n'existe temporairement encore aucun visa spécial pour les startups qui veulent attirer du talent d'en dehors de l'UE, même si l'on a ici aussi examiné les possibilités que cela offre.

"Nous avons mené l'enquête, mais en réalité, il n'y a pour notre pays que très peu de personnes qui viennent de l'étranger pour travailler dans des startups", déclare Frederik Tibau, director of international relations chez Startups.be et Scale-ups.eu.

"On en parle pourtant pas mal, mais il existe d'autres priorités, parce que la masse critique est trop faible. La plupart des non-Européens désireux de travailler pour des startups belges, le font dans la pratique au départ de leur pays d'origine et ne viennent chez nous que quelques fois par an", affirme encore Tibau.