L3Harris est l'un des principaux spécialistes américains de la défense et fournit notamment de l'équipement militaire. Selon le Financial Times, le Washington Post, The Guardian et Haaretz notamment, l'entreprise négocie actuellement avec NSO, même si c'est encore à un stade précoce, et qu'on est encore loin d'un accord.

Il n'est pas question ici de la revente de NSO en tant qu'entreprise, mais spécifiquement de Pegasus, de son code et des personnes qui travaillent sur le logiciel espion. Pegasus est un outil qui permet d'utiliser quasiment n'importe quel smartphone comme un appareil de mise sur écoute, et avec lequel l'utilisateur peut solliciter tout le contenu de l'appareil. L'usage très répandu qui en est fait par certains gouvernements, en ce compris des régimes totalitaires, avait été dévoilé l'année dernière par un collectif de journalistes de médias tels Knack et Le Soir.

Depuis ce déballage, NSO est pointée du doigt, est moins prisée par les clients et a même été obligée d'emprunter pour payer les salaires de son personnel. En outre, la firme s'est retrouvée sur la liste noire des Etats-Unis, ce qui fait qu'elle ne peut plus acheter des appareils ou des services à des entreprises américaines, sauf approbation explicite.

Politiquement sensible

La revente de Pegasus n'est par conséquent pas une énorme surprise. Le fait qu'une entreprise américaine ayant des liens étroits avec le gouvernement américain soit candidate à ce rachat, semble donc ambigu. Certes les Etats-Unis et Israël entretiennent depuis des décennies déjà de bonnes relations diplomatiques, mais au Financial Times, la Maison Blanche a fait savoir que ce genre de rachat soulève de sérieuses questions de sécurité.

Si Pegasus lui est revendu, il est clair que L3Harris veut savoir avec certitude si elle ne deviendra pas elle-même de ce fait persona non grata dans son propre pays. Mais Israël a aussi son mot à dire dans cette affaire. Actuellement, les autorités israéliennes doivent en effet agréer de nouveaux clients (en pratique des gouvernements ou leurs services de renseignements), étant donné que Pegasus est considéré comme une arme. Les deux gouvernements ne font guère de commentaires sur le sujet, mais Israël déclare quand même que pareille revente ne pourra se faire qu'à un pays en qui il a entière confiance.

Historique de la technologie de mise sur écoute

Le fait que les Etats-Unis se profilent comme tels, ne manque toutefois pas d'hypocrisie. L'année prochaine, cela fera dix ans que le lanceur d'alertes Edward Snowden a révélé que les Etats-Unis espionnèrent des gens des années durant à travers le monde par le biais de la NSA via des firmes technologiques américaines.

Au fil du temps, on a aussi appris que des collaborateurs de la NSA abusaient d'outils d'espionnage à des fins personnelles. L'ex-directeur de la NSA, qui supervisait le programme, ne fut jamais licencié ou sanctionné et siège même actuellement au sein du conseil d'administration d'Amazon, le principal fournisseur 'cloud' au monde. Le fait que le gouvernement américain évoque à présent l'utilisation de Pegasus, s'avère dès lors très ambigu dans la mesure où il a lui-même organisé des méthodes d'espionnage extrêmement similaires.

L3Harris est l'un des principaux spécialistes américains de la défense et fournit notamment de l'équipement militaire. Selon le Financial Times, le Washington Post, The Guardian et Haaretz notamment, l'entreprise négocie actuellement avec NSO, même si c'est encore à un stade précoce, et qu'on est encore loin d'un accord.Il n'est pas question ici de la revente de NSO en tant qu'entreprise, mais spécifiquement de Pegasus, de son code et des personnes qui travaillent sur le logiciel espion. Pegasus est un outil qui permet d'utiliser quasiment n'importe quel smartphone comme un appareil de mise sur écoute, et avec lequel l'utilisateur peut solliciter tout le contenu de l'appareil. L'usage très répandu qui en est fait par certains gouvernements, en ce compris des régimes totalitaires, avait été dévoilé l'année dernière par un collectif de journalistes de médias tels Knack et Le Soir.Depuis ce déballage, NSO est pointée du doigt, est moins prisée par les clients et a même été obligée d'emprunter pour payer les salaires de son personnel. En outre, la firme s'est retrouvée sur la liste noire des Etats-Unis, ce qui fait qu'elle ne peut plus acheter des appareils ou des services à des entreprises américaines, sauf approbation explicite.La revente de Pegasus n'est par conséquent pas une énorme surprise. Le fait qu'une entreprise américaine ayant des liens étroits avec le gouvernement américain soit candidate à ce rachat, semble donc ambigu. Certes les Etats-Unis et Israël entretiennent depuis des décennies déjà de bonnes relations diplomatiques, mais au Financial Times, la Maison Blanche a fait savoir que ce genre de rachat soulève de sérieuses questions de sécurité.Si Pegasus lui est revendu, il est clair que L3Harris veut savoir avec certitude si elle ne deviendra pas elle-même de ce fait persona non grata dans son propre pays. Mais Israël a aussi son mot à dire dans cette affaire. Actuellement, les autorités israéliennes doivent en effet agréer de nouveaux clients (en pratique des gouvernements ou leurs services de renseignements), étant donné que Pegasus est considéré comme une arme. Les deux gouvernements ne font guère de commentaires sur le sujet, mais Israël déclare quand même que pareille revente ne pourra se faire qu'à un pays en qui il a entière confiance.Le fait que les Etats-Unis se profilent comme tels, ne manque toutefois pas d'hypocrisie. L'année prochaine, cela fera dix ans que le lanceur d'alertes Edward Snowden a révélé que les Etats-Unis espionnèrent des gens des années durant à travers le monde par le biais de la NSA via des firmes technologiques américaines. Au fil du temps, on a aussi appris que des collaborateurs de la NSA abusaient d'outils d'espionnage à des fins personnelles. L'ex-directeur de la NSA, qui supervisait le programme, ne fut jamais licencié ou sanctionné et siège même actuellement au sein du conseil d'administration d'Amazon, le principal fournisseur 'cloud' au monde. Le fait que le gouvernement américain évoque à présent l'utilisation de Pegasus, s'avère dès lors très ambigu dans la mesure où il a lui-même organisé des méthodes d'espionnage extrêmement similaires.