En reculant la date-butoir de remise des déclarations TVA au 7 mai, le gouvernement donnait aux entreprises et à leurs comptables le temps de s'adapter à la collaboration à distance. Mais en même temps, l'initiative, conjointement avec l'actuelle préoccupation des comptables, montre bien les limites de l'administration papier. Les conséquences de la crise économique pourraient dès lors s'avérer plus lourdes qu'attendu.

Dans notre pays, les rentrées fiscales représentent 44 pour cent du PIB, et la TVA 15 pour cent des revenus de l'Etat. Même si la TVA constitue la majeure partie de ces rentrées, elle n'est encore et toujours pas organisée de la manière la plus moderne qui soit. La déclaration TVA a été introduite en 1954, alors que la loi sur la comptabilité des entreprises date de 1975. Mais le monde a fortement évolué depuis lors. Les entreprises ont accès à des moyens technologiques qui leur donnent en temps réel une vue d'ensemble de leur santé financière. Le fisc pourrait aussi les utiliser pour obtenir les montants facturés et d'autres données en temps réel.

Qu'attend notre fisc pour faciliter la vie de la force motrice sous-jacente à son économie?

D'autres pays ont pris les devants sur ce plan. L'Espagne par exemple pousse depuis des années déjà ses entreprises vers la numérisation. La plupart d'entre elles doivent transférer leur facturation par voie digitale et ce, quatre jours ouvrables après l'envoi ou la réception des factures. Ce système offre à l'Espagne une bonne vision de ses impôts et représente une arme puissante dans la lutte contre la fraude.

En 2005, l'OCDE lançait SAF-T, une norme facilitant le partage des données électroniques entre entreprises et autorités fiscales. La France, le Luxembourg, le Portugal, la Norvège et bien d'autres pays ont déjà accompli ce pas. Qu'attend donc la Belgique pour faciliter la vie de la force motrice sous-jacente à son économie?

Dans notre pays, les comptables et bureaux de comptabilité reçoivent encore des boîtes à chaussures remplies de factures, notes de restaurant et autres justificatifs à traiter. Et la situation actuelle ne fait que compliquer les choses, car il est à présent quasiment impossible d'acheminer sur place tous ces documents physiques en temps voulu. Cette façon de travailler représente donc un frein pour la chaîne administrative et empêche les organisations d'avoir une vision en temps réel de leur santé financière. Beaucoup d'entre elles ne sont ainsi pas encore suffisamment conscientes de l'impact que cette crise exerce sur elles, ce qui peut provoquer d'énormes tensions économiques et sociales.

Cette crise est en même temps l'occasion idéale pour repenser certaines choses. Comment l'Etat belge peut-il accélérer son processus de numérisation et entraîner nos entreprises dans son sillage? Et comment les entreprises peuvent-elles accroître leur compétitivité, gagner plus aisément la confiance des banques et ainsi sécuriser leur futur financement? Jeter par-dessus bord la mentalité papier est la seule façon de nous armer au mieux contre le genre de crise que nous connaissons aujourd'hui.

En reculant la date-butoir de remise des déclarations TVA au 7 mai, le gouvernement donnait aux entreprises et à leurs comptables le temps de s'adapter à la collaboration à distance. Mais en même temps, l'initiative, conjointement avec l'actuelle préoccupation des comptables, montre bien les limites de l'administration papier. Les conséquences de la crise économique pourraient dès lors s'avérer plus lourdes qu'attendu.Dans notre pays, les rentrées fiscales représentent 44 pour cent du PIB, et la TVA 15 pour cent des revenus de l'Etat. Même si la TVA constitue la majeure partie de ces rentrées, elle n'est encore et toujours pas organisée de la manière la plus moderne qui soit. La déclaration TVA a été introduite en 1954, alors que la loi sur la comptabilité des entreprises date de 1975. Mais le monde a fortement évolué depuis lors. Les entreprises ont accès à des moyens technologiques qui leur donnent en temps réel une vue d'ensemble de leur santé financière. Le fisc pourrait aussi les utiliser pour obtenir les montants facturés et d'autres données en temps réel.D'autres pays ont pris les devants sur ce plan. L'Espagne par exemple pousse depuis des années déjà ses entreprises vers la numérisation. La plupart d'entre elles doivent transférer leur facturation par voie digitale et ce, quatre jours ouvrables après l'envoi ou la réception des factures. Ce système offre à l'Espagne une bonne vision de ses impôts et représente une arme puissante dans la lutte contre la fraude.En 2005, l'OCDE lançait SAF-T, une norme facilitant le partage des données électroniques entre entreprises et autorités fiscales. La France, le Luxembourg, le Portugal, la Norvège et bien d'autres pays ont déjà accompli ce pas. Qu'attend donc la Belgique pour faciliter la vie de la force motrice sous-jacente à son économie?Dans notre pays, les comptables et bureaux de comptabilité reçoivent encore des boîtes à chaussures remplies de factures, notes de restaurant et autres justificatifs à traiter. Et la situation actuelle ne fait que compliquer les choses, car il est à présent quasiment impossible d'acheminer sur place tous ces documents physiques en temps voulu. Cette façon de travailler représente donc un frein pour la chaîne administrative et empêche les organisations d'avoir une vision en temps réel de leur santé financière. Beaucoup d'entre elles ne sont ainsi pas encore suffisamment conscientes de l'impact que cette crise exerce sur elles, ce qui peut provoquer d'énormes tensions économiques et sociales.Cette crise est en même temps l'occasion idéale pour repenser certaines choses. Comment l'Etat belge peut-il accélérer son processus de numérisation et entraîner nos entreprises dans son sillage? Et comment les entreprises peuvent-elles accroître leur compétitivité, gagner plus aisément la confiance des banques et ainsi sécuriser leur futur financement? Jeter par-dessus bord la mentalité papier est la seule façon de nous armer au mieux contre le genre de crise que nous connaissons aujourd'hui.